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Weekender

Restaurant « La maison du poulet » : Aller, voir et se convaincre…

[Reportage] – « Je pars au 280 rue de Charenton, dans le 12è » arrondissement de Paris. « Ah bah tiens, moi aussi je pars à cet endroit ». Cette conversation fictive entre deux amis est dans la réalité symptomatique de ce que représente cette adresse au sein de la diaspora : A cette adresse justement, niché dans un mini-immeuble grisâtre, le restaurant « La maison du poulet ». Une destination incontournable dans la capitale française.

Reportage de JO

Début juillet. Il est un peu plus de 08h00 du soir. Issa, le patron du restaurant « La maison du poulet » est devant son établissement. Il est dubitatif. A cette heure, le restaurant fort de ses plus que 50 couverts est quasi-désert. Est-ce cette raison qui inquiète le propriétaire ?

Tout indique qu’il s’agit bien de cela. De fait, un samedi soir, dans Paris 12è, un restaurant branché, moins de 10 personnes, ça calme ! Et à Issa de se dire « tenir un restaurant n’est assurément pas une sinécure…».  

Mais il y a un « oui » quand même ! Un « oui », pour revenir dans cet antre de la saveur gastronomique adossée à la cuisine occidentalo-africaine. 

Pourtant, ce ne sont pas les arguments qui manquent pour attirer la clientèle. Entièrement customisé, l’établissement culinaire présente une décoration vintage rendue agréable avec ses canapés bleus et autres sièges gris en aluminium façon modèle napoléonien.

La particularité à l’intérieur se trouve et s’exprime dans ces ampoules enfoncées dans des bocaux et tenus au plafond à l’aide de corde de marins. Ce design pittoresque renvoie alors une lumière tamisée entretenue dans une musique diffusée à l’aide de baffles « Bose » accolés au mur.

En dépit de ce charme, quelques 10 à 15 mn plus tard, après le début de soirée, c’est toujours le désert de Gobi. Un client s’avance : « C’est dû à la coupe du monde…en général ça grouille de monde ». Pour l’heure, tel n’est pas le cas. Issa, a, entretemps, regagné l’allée principale du restaurant. En face de lui légèrement à l’abri des clients, la salle des toilettes soigneusement décorée avec ces bouts de phrase muraux : « Je ne dois pas écrire dans les toilettes ».

Plat original de la Maison du poulet

Au fond, à travers une baie, le personnel en charge de la cuisine semble brusquement s’affairer. C’est que du monde commence à prendre d’assaut « La maison du poulet ». Juste derrière dans un recoin, par grappes successives, cinq personnes prennent place. Elles commandent leurs plats et engagent une causerie tournant autour du mariage. Le départ d’une conversation bruyante.

Débute alors, un mouvement de va-et-vient du personnel, y compris Issa, le maître des lieux. Le rictus sur son visage en dit long de son état d’esprit. Car la salle sournoisement commence à se remplir, bientôt ce sera une mini-émeute tant il n’y aura plus de places assises.

Le défilé des serveurs témoigne de l’intensité du moment. Ce moment délicat où ils prennent les commandes auprès des clients dont quatre adultes et trois enfants : « 1 monsieur poulet (poulet braisé au pesto, légumes confits et pomme granny) ; 1 gamba et pâte ; 2 saumon (gravlax de saumon et son mesclun de salade) ; 1 wok poulet (wok poulet et ses légumes) ; 1 tom-yom (1/2 poulet braisé au tom-yom poulet thaïlandais, citronnelle, coco) ». Puis une cliente de lancer à la cantonade : « Oh la classe, frites et nuggets enfants faits maison ».

En cet instant précis le ronronnement de la bouche d’aération se fait entendre, pour dire qu’elle fonctionne et évacue la fumée, pas très loin une caméra surveille délicatement et le tout bercé par l’air conditionné qui donne un visu beau chic, bon genre au restaurant.

Mais il y a un « oui » quand même ! Un « oui », pour revenir dans cet antre de la saveur gastronomique adossée à la cuisine occidentalo-africaine. 

Trois serveurs sont au four et au moulin, car il y a une autre salle plus bas, et une autre en haut, et des clients quasi-partout. Il est 21h37, Issa peut se relâcher un peu. Son angoisse est derrière lui, non seulement le restaurant affiche complet, mais il y a un turn-over des plus impressionnants. Dans cette ambiance, une déclamation : « C’est bon les frites », entendez c’est délicieux.   

Dès lors, le brouhaha des sourdes conversations a pris le pouvoir. A côté, un jeune Noir le visage mangé par une barbe touffue, casquette vissée sur la tête, habillé façon yo-yo et une jeune voilée en face de lui. Ils n’ont pas l’air coincés.

Au même moment, la musique devient de plus en plus entraînante, « le couple mixte » profite pour passer des commandes. Après que la fille voilée lui eut expliqué le menu, l’homme prend du « poulet tendori », la jeune fille : « Je prends du poulet avec des frites » et de « l’eau Evian ».

Tout va vite, la célérité des serveurs laisse sans voix. Quelques instants après le début de la dégustation, le jeune homme Noir se retrouve avec un morceau de cuisse de poulet en main, puis se lèche les doigts, signe manifeste du goût succulent du plat. Il fait des photos des plats….Il parle beaucoup avec la voilée, sans doute, n’est-ce vraiment pas un couple ?! Peut-être cherche-t-il tout simplement à la « pécho » ! Toujours est-il que le bruit des assiettes et des couverts ne fait plus de doute. La maison du poulet, pour ce soir, tourne à plein régime et a atteint sa vitesse de croisière.

Savoureux plat de la Maison du poulet

Sous la lumière des lampes accrochées, des convives se laissent toutefois aller à des commentaires rigoureusement dithyrambiques : « Les crumbles, c’était top », assure une. « La salade de fruits, une tuerie », renchérit un autre, « bah moi mon tiramisu en valait vraiment la peine, c’était bon ».

C’est dans cet établissement à la cuisine au raffinement recherché, que les serveurs ne se lassent pas de demander aux clients : « Voulez-vous autre chose ? », dans l’ensemble les clients répondent « non », puisque les plats étaient déjà délicieux et copieux. Mais il y a un « oui » quand même ! Un « oui », pour revenir dans cet antre de la saveur gastronomique adossée à la cuisine occidentalo-africaine. 

Sous la lumière des lampes accrochées, des convives se laissent toutefois aller à des commentaires rigoureusement dithyrambiques : « Les crumbles, c’était top », assure une. « La salade de fruits, une tuerie », renchérit un autre, « bah moi mon tiramisu en valait vraiment la peine, c’était bon ».


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