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Footballeuse cherche footballeuse (et terrain)

Annoncée durant l’été 2019, l’application Ladies Squad prend son envol, depuis juillet 2020. Conçue par la footballeuse Sébé Coulibaly, elle propose de mettre en relation celles qui cherchent des partenaires pour exercer leur sport favori.

Par Kimberly Adams

Vous êtes une jeune femme, aimez le football, mais vous ne trouvez pas de partenaires et de stade pour constituer des équipes ? L’application Ladies Squad est faite pour vous. Elle se présente comme « l’application qui permet aux filles de se mettre en connexion pour pratiquer du football ensemble ». Sitôt inscrite, la footballeuse amatrice voit une liste des différents événements en cours et des places disponibles.

Elle peut rejoindre le chat pour se renseigner sur les disponibilités et prendre contact avec d’éventuelles partenaires. Ainsi que connaître les prix de réservation du stade ou de la salle. L’application permet en effet de constituer des équipes de cinq ou onze joueuses, ainsi que des compétitions de futsal.

Sitôt inscrite, la footballeuse amatrice voit une liste des différents événements en cours et des places disponibles. Elle peut rejoindre le chat pour se renseigner sur les disponibilités et prendre contact avec d’éventuelles partenaires.

« C’est un peu comme un site de rencontres, mais pour les joueuses de football », plaisante Sébé Coulibaly, créatrice de l’application, au micro de France24. La joueuse évolue depuis le début de saison à Yzeure (Allier, France) ainsi qu’en équipe nationale du Mali.

Elle part du constat que les jeunes femmes ont du mal à trouver des partenaires, tandis que les terrains sont occupés par les garçons. Lesquels répugnent à laisser une place dans leur équipe aux filles, pourtant aussi douées techniquement qu’eux, bien souvent.

D’où l’idée de cette application de rencontres simple et gratuite. « Dans la vie, le foot m’a beaucoup apporté ; des rencontres, de la persévérance et surtout de la confiance. J’aimerais qu’il en soit de même pour d’autres jeunes femmes », confie-t-elle.

« Quand je rentrais chez moi, aux Bosquets à Montfermeil, je voyais pas mal de filles jouer en bas des tours, mais curieusement j’en voyais beaucoup moins sur les terrains de foot à cinq ou en club. Je me suis donc dit qu’il fallait créer un outil pour les mettre en réseau. »

Chasser les préjugés

Un outil dont la conception a demandé beaucoup de travail à Sébé Coulibaly, peu familière de ce genre d’aventures. « Voilà pourquoi l’application m’a pris une bonne année. J’y ai même investi ma prime de 4e de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, en 2018 », confie-t-elle au magazine de la ville de Saint-Denis, l’un de ses clubs de cœur.

La joueuse de 26 ans n’entend pas exclure les garçons, « moi-même, j’adore jouer contre eux ! » Ce, en dépit des sourires narquois de certains. « Et puis, on ne chassera certains préjugés que par l’échange et la rencontre. »

Des préjugés, Sébé Coulibaly en a combattu, dans sa carrière. Elle qui a commencé le foot à l’âge de quinze ans dans sa cité des Bosquets de Montfermeil.

Ses parents eux-mêmes ont dû accepter la pratique d’un sport qu’ils considéraient comme masculin. La jeune joueuse passera sept ans au Tremblay TC, en banlieue parisienne, participant à la montée du club en 2e division.

En 2016, elle participe à sa première Coupe d’Afrique des Nations avec le Mali, avant celle de 2018. Malheureusement, la compétition est annulée, cette année.

Un engagement associatif

Jouer au Mali a marqué un tournant dans son engagement. « Là-bas, j’ai discuté avec d’autres jeunes filles. J’ai découvert qu’elles avaient beaucoup plus de problèmes à gérer au quotidien : le mariage forcé, l’excision… », raconte Sébé Coulibaly.

Pour certaines, le football représente une opportunité de s’échapper. Son engagement commence par la France, elle ne cache pas son envie de développer Ladies Squad en Afrique, si un jour les financements le permettent.

Avec ses amies et coéquipières, – dont Namnata Traoré, 27 ans, attaquante en équipe de France B et toute nouvelle recrue du RC Lens –, elle fonde « Jouons comme elles », une association visant à améliorer la place des femmes dans la société, à travers le sport.

« Nous essayons au maximum de faire prendre conscience aux jeunes filles des quartiers qu’il faut continuer à rêver, ne pas s’arrêter au premier obstacle. » L’association organise régulièrement des événements pour valoriser le football féminin, notamment, sans négliger une mission plus universelle.

Durant le confinement subi par l’épidémie de Covid-19, des jeunes femmes de l’association se sont mises à la création de masques destinés aux soignantes et soignants, ainsi qu’à celles et ceux qui devaient prendre des risques au travail.

Sébé Coulibaly considère que du chemin reste à faire pour valoriser le football féminin, même si la Coupe du monde organisée en France, en 2019, a suscité quelque intérêt. « Expatriée » en province, elle n’oublie pas la banlieue parisienne. Jouons comme elles prépare un grand tournoi mixte à Clichy-sous-Bois ou encore des rencontres professionnelles pour faire découvrir à des jeunes femmes les métiers du sport.

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