Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Nos archives parlent...

La « villa Maasaï » à Paris : Toute la diaspora en parle…

Reportage — Paris. Deuxième arrondissement. Il est 22h00. Le boulevard des Italiens est animé comme à son habitude. Au numéro neuf dans un superbe immeuble Haussmannien est niché : la Villa Maasaï forte de ses 650 mètres carrés à deux niveaux.

Par JO

Un service d’accueil à l’entrée. Avec une voix à l’eau de rose et un décor extérieur à l’image du peuple Maasaï, le guide de la soirée pose les questions d’usage et oriente les clients à l’intérieur de la salle.

Quelques uns des plats de la villa Maasaï

Quelques larges marches d’escaliers plus tard, s’offre aux regards médusés des visiteurs d’un soir, le restaurant. Première vue, premier coup de cœur. Premier qualificatif : Sublime !

Un cadre feutré et mondain

Immédiatement, le service intra-muros se met en branle. Il conduit les clients dans un espace convivial attenant à la grande salle, après un passage devant le bar et l’antre du Disc-Jokey du jour. Autour d’une table royalement décorée, par le truchement de l’imagination, les convives peuvent entendre ce refrain extrait de la chanson « Saint Denis » de l’album « Midi 20 » de l’artiste Grand corps malade : « J’t’emmènerai bouffer du mafé à  Bamako et à  Yamoussoukro (…) Et puis en repassant par Tizi-Ouzou, on finira aux Antilles… ».

La clientèle dans cet arrondissement notamment pour le déjeuner est composée de cadres mondains noirs, arabes, jaunes, blancs, en costumes cravate. Les soirs, c’est plutôt décontracté, mais le côté mondain y est précieusement conservé.

Pourquoi spécialement ce refrain. Parce que « nous avons décidé de valoriser la gastronomie africaine qui est sous, sous représentée à Paris », plus globalement en France, assure John Houssou, gérant de « La villa Maasaï ». Ses propos coïncident avec un service en entrée, composé exclusivement d’un assortissement de mets africains, entre autres, du bissap, de l’alloko, des pastels de viandes de bœuf, de poissons, des acras, déposé délicatement…sur une table de 70 cm par les serveurs.

John Houssou

Ce personnel débonnaire et affable est riche de son nombre : 22 salariés, « bientôt 28 », ajuste John Houssou. On y retrouve des nationalités et cultures différentes, mais toutes mises en ordre de bataille pour répondre aux moindres desiderata des clients.

La villa Maasaï est la résultante de 20 ans de travail dans l’entreprenariat. Lundi 25 septembre 2017. Les frère et sœur Houssou transforment en acte concret leur projet qui donne naissance à ce beau restaurant.

Un an après, le résultat est des plus encourageants et objectivement les initiateurs peuvent dormir (un peu) sur leurs lauriers ! Fi, rétorque John Houssou. Pour lui, c’est précisément maintenant qu’il faut redoubler d’effort, car l’établissement qui désormais jouit d’une réputation BCBG (Beau chic beau genre) doit tout faire pour garder son rang et sa réputation.

La Villa Maasaï

D’ailleurs, c’est pour cette raison qu’il n’accepte pas les clients qui déboulent en guenilles ou en joggings. « C’est étonnant que certains n’arrivent toujours pas à comprendre qu’on ne va pas dans un tel restaurant avec de tels habits », sous-entendu des haillons et des tongs, déplore Houssou. Et il a raison.

Car la clientèle dans cet établissement notamment pour le déjeuner est composée de cadres mondains noirs, arabes, jaunes, blancs, en costumes cravate. Les soirs, c’est plutôt décontracté, mais le côté mondain y est précieusement conservé ; et dans cette ambiance feutrée, imaginez une bande caquetant dans les trois différents salons du restaurant aux cris de « wesh, wesh ». Inévitablement « un pli dans la moquette ».

Les 650 mètres carrés que constitue la villa Maasaï sont séquencés en trois parties. Et le restaurant peut en tout ou partie être privatisé pour différents évènements comme des mariages, des anniversaires, des conférences, des after-work, etc., pour une capacité d’accueil de 450 couverts réduits désormais à 260 couverts, « histoire d’avoir de l’espace pour les clients, pour pas non plus qu’ils se sentent à l’étroit », assure John Houssou.

Bien que Français originaires du Bénin en Afrique de l’Ouest, les initiateurs n’ont pas donné dans le nombrilisme. Ils ne se sont pas auto-centrés sur la gastronomie béninoise, mais plutôt sur la gastronomie africaine « du Nord au Sud », autant dire de toute l’Afrique. 

La liberté culturelle est aussi gastronomique 

Cela aussi se traduit bien dans les assiettes. Car après la copieuse entrée, place aux plats principaux. Là, la villa Maasaï colle magistralement à ses origines. Sur la table, se retrouvent ci et là des plats en totalité pour certains, en partie pour d’autres, mais tous typiquement africains.

Ici aussi le refrain de la chanson de Grand corps malade prend tout son sens. Le dibi sénégalais, la malienne tomate et riz blanc, la sénégalaise avec les deux types de tchep au poisson et à la viande de bœuf, le riz blanc nature, le camerounais poulet DG (directeur général) « notre plat numéro 1 », à savoir le met le plus sollicité par les clients, souligne John Houssou improvisé pour l’occasion en guide gastronomique.

Entre la grande place accordée aux NTIC et aux outils digitaux comme, par exemple, passer une réservation en ligne, ou assurer la traçabilité des produits, ils s’affairent dans l’organisation prochaine de l’an 1 de la naissance de la villa Maasaï. 

Dans la salle, la décoration laisse enthousiaste et éloigne des restaurants parisiens aux couleurs glaciales, grisâtres et pâles. Placide Houssou, un des initiateurs, a pensé et mis en œuvre la « déco » interne. Ici on se retrouve avec des canapés en cuir marron clair style camel, et des tables marrons foncées bercées par la lumière tamisée.

En face au bar, une rangée de coupes de champagne fixés plus haut, mais malléables et corvéables à souhait, selon les souhaits de Placide Houssou. Un peu encastré ou presque, un range-boissons de tous types notamment le vin spécialement venu d’Afrique du Sud. Un peu plus à droite, l’espace café, aménagé sous la forme de l’architecture romaine avec un blanc lumineux, se laisse admirer.

Plus excentré, une grande salle sublime avec des pics de rappel de l’atmosphère arborée de l’Afrique avec ses plantes, ses hauts arbres et sa verdure. En face des loges modulables pouvant contenir plus de 20 personnes et pouvant être aussi privatisées pour des cérémonies particulières et souvent singulières.

Dans un autre endroit de la villa Maasaï, la couleur zébrée domine le cadre spatio-temporel. Car on y touche le monde africain sauvage et non encore violé par l’Humain et le temps semble s’écouler tranquillement avec ses zèbres illustrant la douceur et la beauté de la nature. « Tout ça, c’est le travail de Placide », souligne un brin jovial et sérieux John. Qui ajoute, « nous avons deux services les soirs » et un en journée.

Assortissement de la villa Maasaï

L’originalité ? Les propriétaires envisagent dans un futur très imminent de conserver la même configuration, mais de faire en sorte qu’à partir d’une certaine heure du soir, plus exactement le deuxième service, l’espace se transforme en piste de danse, en moment festif, révèle le guide d’un soir.

Sur ses révélations, le dessert africain est servi avec des glaces, tandis qu’à proximité une famille dévisse calmement même si de temps à autre, les cris et autres pleures d’un bébé viennent interrompre ce qui ressemble visiblement à un anniversaire.

Les différents endroits du restaurant montrent différentes situations. Face aux gigantesques miroirs, une dame, n’en pouvant plus des atermoiements de son nourrisson l’allaite à même le sein, là au coin de la salle, le dragueur d’un soir s’efforce à être convaincant pour ne pas prendre un râteau, ici le couple qui se renforce autour d’un bon repas, dans la salle où sont projetés des clips de musique sur le mur, des amies dégustent et découvrent « la bonne et riche cuisine africaine », et à l’autre bout de l’établissement le Disc-Jockey dans son monde distille de la musique qui vient rajouter une note de plus en plus gaie à la soirée.

Tout semble être bien maîtrisé. Pour autant les maîtres du Céans ont pleins de projets aussi révolutionnaires les uns les autres ; ils foisonnent d’idées aussi originales les unes les autres, comme l’illustre leur volonté de faire progresser et évoluer la carte-menu en y faisant la part belle à la cuisine des 53 pays d’Afrique…

Entre la grande place accordée aux NTIC et aux outils digitaux comme, par exemple, passer une réservation en ligne, ou assurer la traçabilité des produits, ils s’affairent dans l’organisation prochaine de l’an 1 de la naissance de la villa Maasaï.

Au moins entre « 200 à 300 personnes y sont attendues », pour marquer ce rendez-vous important pour la croissance et la maturité du restaurant. En attendant, la communication verticale consolide les acquis auprès des salariés de la villa Maasaï et « le bouche à oreille » fait le reste auprès des aficionados. Hakuna Matata…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

  • Libye : L’ONU prise à son propre piège

    La communauté internationale pousse à des élections pour rebattre les cartes et stabiliser la Libye. Mais les principaux gagnants de cette stratégie, Saïf el-Islam, Khalifa Haftar, monarchistes, sont justement les plus farouches opposants au plan de l’ONU.

  • Chinguetti sur la route du savoir

    19 mars 2015 –  19 mars 2019. Il y a quatre ans, jour pour jour, le Magazine de l’Afrique publiait cet article. Quatre ans après cet article est re-publié dans le cadre de notre rubrique « Nos archives parlent ». Entre temps, Vatma Vall Mint Soueinia est devenue ministre de l’Elevage. 

  • Jean-Pierre Fabre, l’opposant*

    Désigné comme candidat de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) à la présidentielle de 2015, Jean-Pierre Fabre, le président du plus grand parti d’opposition au …

  • Qui sont les opposants ?*

    En plus du retour des opposants historiques et du combat de l’intérieur que continuent de mener ceux qui militent dans leur pays, de nouvelles formes …

  • Les mirages de l’économie islamique*

    L’Europe étant en crise, la Tunisie se tourne vers les pays du Golfe avec l’espoir de drainer les investissements nécessaires à de l’économie. Les dirigeants …