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Zemedeneh Negatu, président international de Fairfax Africa Fund

Zem Negatu, l’un des conseillers africains les plus sollicités à chaque opération de fusion et acquisition dans l’industrie aéronautique, livre sa vision du succès pour le secteur, dans un contexte africain marqué par des coûts élevés.

Zem Negatu a conseillé de nombreuses entreprises du secteur aérien sur des opérations à travers le continent, notamment l’accord de partenariat entre Ethiopian Airlines et Asky. Malgré les échecs enregistrés par le secteur ces 40 dernières années, il reste persuadé que le marché de l’aviation africain est largement inexploité et il estime que le modèle d’Ethiopian Airlines doit être transposé dans d’autres pays. « Aujourd’hui, 80 % du trafic aérien lié à l’Afrique est effectué par des transporteurs non africains. C’est énorme ! Cela doit changer. On doit promouvoir le tourisme », affirme-t-il.

La direction d’Ethiopian Airlines est éthiopienne à 100 %. Elle recrute et forme des talents depuis 70 ans ; tous ceux qui y travaillent connaissent bien le secteur de l’aviation.

Trop souvent, souligne-t-il, les pays fondent une compagnie aérienne par sentiment de fierté nationale et ne se soucient pas suffisamment de la viabilité de l’entreprise. Selon Zem Negatu, les difficultés auxquelles sont confrontées les compagnies aériennes se situent dans deux domaines : la gouvernance et les choix politiques.

En matière de gouvernance, les compagnies aériennes sont souvent mal gérées. « Dans cette industrie, les marges sont faibles et chaque centime compte. Les compagnies les plus rentables dégagent seulement 7 % à 8 % de marge bénéficiaire », explique-t-il. C’est pourquoi il estime que les transporteurs nationaux doivent forger des partenariats. « En Europe, on compte quatre grandes compagnies aériennes. En Afrique, de toutes petites compagnies essaient vainement de réaliser des bénéfices », déplore-t-il.

Or, l’impact est grand lorsqu’on peut économiser 50 points de base sur les coûts de financement – qui sont élevés dans l’industrie aéronautique. C’est ainsi qu’Asky a tiré parti de son partenariat avec Ethiopian Airlines. Cette dernière bénéficie d’une bonne cote de solvabilité auprès de Boeing et des agences de crédit à l’exportation comme l’Eximbank, Asky peut ainsi bénéficier de taux d’intérêt inférieurs à ceux que paierait une compagnie aérienne nationale récemment formée.

Zem Negatu, vante les mérites de la compagnie aérienne de son pays, non sans raison : « Depuis trois ou quatre ans, elle réalise plus de bénéfices que toutes les compagnies aériennes africaines réunies. » Il y a dix ans, elle comptait un million de passagers ; aujourd’hui, elle atteint 10 millions. Ethiopian Airlines possédait une flotte de 12 avions en 2008 ; elle en a une centaine à présent.

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