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Visiter et revisiter le Maroc

Le Maroc résiste plutôt bien à une conjoncture difficile pour le tourisme au Maghreb. Le ministre Lahcen Haddad revient sur les mesures destinées à relancer l’image du pays, et détaille sa stratégie de diversifications pour le long terme.

Comment se porte la destination Maroc ?

Après avoir franchi le seuil de 10 millions de touristes, en 2013, la tendance est demeurée favorable les mois suivants. Malheureuse­ment, elle ne s’est pas maintenue à cause des différents événements liés à Daech dans la région et les attentats de Charlie Hebdo, à Paris, qui n’ont fait que renforcer un amalgame entre le Maroc et le reste de la région, beaucoup moins stable, surtout au regard du marché français. Ce qui a eu comme conséquence pour l’année 2015 une chute de 15 % sur le marché français, mais qui a heureusement été compensé par d’autres marchés tels que le marché allemand (+17 %), le Royaume-Uni (+13 %), l’Arabie saoudite (+13 %), les États-Unis (+13%) et le marché canadien (+12 %). En plus du marché français, les marchés italiens, espagnols et belges ont également connu un recul cette année. Nous ne sommes pas réellement dépendants des tour-opérateurs, qui ne représentent que 20 % de notre activité ; ils n’exercent pas vraiment de pression sur notre tourisme. Sur le cas spécifique du marché français, je voudrais d’ailleurs ajouter que les chiffres de 40 % de recul chez les tour-opérateurs sont à nuancer, puisque 80 % de la population de l’Hexagone qui vient au Maroc ne passe pas par une agence de voyages.

Comment améliorer la perception du Maroc ?

Notre plus grand défi est de dissiper l’amalgame qui s’est installé dans les esprits entre le Maroc et le risque d’attentat, entre l’Islam radical et les questions sécuritaires. Le risque est global et existe partout mais le Maroc, de par sa stabilité politique ainsi que les réformes qu’il a entreprises, est un pays prospère et hospitalier. C’est un pays qui est à visiter et à revisiter : voilà le message que l’on doit véhiculer ! Il faut mettre en avant le travail positif que le Maroc a effectué depuis une quinzaine d’années. Nous avons renforcé, en 2011, tout le travail de démocratisation déjà effectué, sans parler des réformes économiques courageuses destinées à donner un coup de fouet à la croissance. Nous avons également ouvert le champ religieux ; nous formons maintenant des imams dans le monde entier et nous venons de signer une conven­tion avec la France dans ce sens. Tout ceci explique que le Maroc est un cas unique dans la région.

Que faites-vous pour réformer le secteur du tourisme ?

Notre ministère est extrêmement actif, nous mettons en place les infrastructures nécessaires : chaque semaine un hôtel s’ouvre ! Nous créons de nouveaux programmes : tourisme rural et tourisme médiéval notamment. Nous avons également changé le classement des hôtels pour revoir la qualité à la hausse, nous améliorons nos écoles de formation, nous avons labélisé les agences de voyages qui s’occupent du pèlerinage, etc.

Comment diversifier l’offre ?

Selon nous, le tourisme doit rester un moteur de l’économie marocaine parce qu’il est créateur de richesse, et qu’il doit être développé de façon à ce que tout le pays en bénéficie, notamment à travers la promotion de la diversité de nos régions. Concernant la diversification de notre offre, deux axes ont été retenus : l’offre cultu­relle et l’offre nature, le tout dans une logique de développement durable. En tourisme culturel, notre flagship est bien évidemment Marrakech mais d’autres villes émergent en tant que destination importante, comme Fès et Meknès. Nous développons l’animation culturelle pour les accompagner dans l’environnement touristique. Tanger et Tétouan sont également en train de développer rapide­ment leurs infrastructures. Un pôle de tourisme d’affaires émerge autour de Rabat et de Casablanca, et leurs villes-satellites comme Salé et El Jadida. Concernant l’offre nature, nous ne nous basons pas que sur le balnéaire, nous avons une offre sur les montagnes, une autre au Sahara marocain, dans la région de Dakhla, orientée nature et écologie, et bien sûr, tout le balnéaire de la Méditerranée et de l’Atlantique. Nous poursuivons actuellement notre stratégie en faveur du tourisme médical, encore embryonnaire aujourd’hui. Avec le ministère de la Santé, nous venons de faire voter une loi qui ouvre les projets de clinique au secteur privé, et pas seulement aux médecins ; voilà qui permet d’attirer les investisseurs.

D’où viennent les investissements ?

L’investissement vient du secteur privé mais nous sommes là pour aider le secteur à travers des subventions et autres formes d’encouragement. Il est très important que l’État soit présent pour encourager, maîtriser, et orienter l’investissement ; ce qui ne signifie pas, au contraire, que nous rencontrons un problème d’investisse­ments privés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2014, le Maroc a reçu 3 milliards de dirhams (275 millions d’euros) d’investissements directs étrangers (IDE). Cette année se soldera par 3,5 milliards de dirhams d’IDE (321 millions d’euros), chiffre qui ne représente qu’un tiers des investissements effectués dans le secteur ! Lequel, vous le voyez, est très attractif pour les investisseurs. Cela tombe bien, nous avons besoin d’investissements ! Pour l’ensemble des destinations, nous manquons encore de capacité litières. Nous totalisons 221 000 lits et nous voulons arriver à 360 000 ou 400 000 lits, car nos principales destinations doivent arriver à une taille critique : Rabat, Fès, Meknès, Tanger, Tétouan… Par exemple, il nous faut parvenir à 50 000 lits à Agadir, ce qui suppose la rénovation de quelques hôtels. Même Marrakech est loin de la saturation : nous essayons de drainer les marques internatio­nales pour donner davantage de diversité à l’offre de la ville.

Mis a part les investissements, le tourisme est dépendant des autres secteurs marocains, que ce soit l’accueil dans les aéroports, la qualité des taxis ou encore le transport urbain, la propreté, la signalé­tique dans les villes etc., bref, ce que nous appelons « l’environnement touristique ». Et pour cela, nous travaillons en bonne intelligence aussi bien avec le ministère de l’Intérieur et celui des Transports que la Culture, l’Artisanat, ou encore les Affaires étrangères et l’Informa­tion. Mais nous oeuvrons également au niveau décentralisé où nous formalisons des indicateurs auprès de chaque ville, chaque région, afin d’avoir une vision globale du secteur et pouvoir créer une charte qui nous aide à aller de l’avant.

L’open sky est-il payant ?

Absolument, nous travaillons avec toutes les compagnies aériennes pour parvenir au maillage de notre territoire. L’open sky nous a permis de dépasser les 700 vols par semaine (hors Rabat et Casablanca). La dynamique que connaissent Marrakech et Agadir est due à l’open sky par exemple ; à Marrakech, nous devons parvenir à un mix équilibré entre le low cost et le régulier, de façon à maintenir cette diversité qui correspond à des offres touristiques différentes. Sur Agadir, par contre, il nous faut beaucoup plus de charters parce qu’il s’agit d’une destination balnéaire, idem pour Saïdia. Nous nous ajustons également selon les marchés porteurs pour chaque destina­tion. Ainsi, Marrakech est une ville privilégiée plus par les Améri­cains que par les Anglais ou les Allemands alors que Ouarzazate et le désert attirent beaucoup les Espagnols, par exemple.

Bien sûr, ouvrir des lignes aériennes ne veut pas dire qu’elles seront forcément toutes remplies tout de suite, mais cela donne l’occasion aux tour-opérateurs et aux professionnels du secteur de travailler dans ce sens. Nous aimerions également collaborer plus étroitement avec la Royal Air Maroc, qui pour l’instant a sa propre logique commerciale fixée en concertation avec le gouvernement. Nous aimerions en changer le business model pour qu’il serve encore plus le tourisme marocain : il ne faut plus que sa rentabilité soit seulement perçue en rapport à ses comptes, nous voulons pousser les institutionnels à changer le contrat-programme de la RAM et faire en sorte que la compagnie soit au service du tourisme marocain. Pour cela, il faut faire en sorte que sa rentabilité dépende du nombre de touristes qu’elle amène au Maroc et de la renta­bilité de ces touristes. Par exemple, nous voulons que la compagnie nationale reste dominante en Afrique de l’Ouest, mais nous aimerions qu’elle le soit dans le cadre de la vision touristique marocaine.

En parlant d’Afrique subsaharienne, est-ce une région ciblée par votre département?

Nous avons 160 000 visiteurs chaque année en provenance d’Afrique de l’Ouest ainsi que 300 000 qui transitent par le Maroc. Cette population représente différents types de séjours : séjours courts (Casablanca et Rabat), séjours shopping (Casablanca et Marrakech) ou encore les pèlerinages de la confrérie Tijanyya (Fès). Nous avons ce formidable outil qu’est la RAM, ainsi que les sociétés et les banques marocaines en Afrique de l’Ouest. Les voyages de Sa Majesté donnent énormément de visibilité : tous les éléments sont là pour susciter un tourisme africain de qualité au Maroc. Nos marchés porteurs sont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Gabon, la Guinée Conakry, le Mali, la Mauritanie, avec le Nigeria, un marché qui offre énormément de potentialités.

Une réponse à “Visiter et revisiter le Maroc”

  1. Author Thumbnail Fatna dit :

    Madame, Monsieur,

    MARRAKECH DANS LA PRESSE INTERNATIONALE, LE CÔTÉ SOMBRE DE SES HÔTELS 5* !

    https://agencedepressepanafricaine.com/maroc-arnaque-de-touristes-lhotel-kenzi-rose-garden-a-lindex

    Les autorités Marocaines sont inaccessibles, aucune réaction.

    L’article a été publié à ce jour,
    dans 168 journal et magazine à l’international et au Maroc aussi – Al Bayane et Cityoujeda ….- je continuerai à publier.

    C’est très encourageant pour les investisseurs!

    Les professionnels! Du tourisme marocains nuient au tourisme en protégeant ces escros de propriétaires et gérants d’hôtels!

    Monsieur Abdellatif Kabbaj le gérant du groupe kenzi hôtels n est pas plus important que moi et ma mère. Continuez à le protéger!Il s’affiche avec la ministre du tourisme – photos sur Facebook de cet hôtel/de fevrier 2020- Dans des soirées organisées au kenzi Rose Garden!? Monsieur est intouchable alors!Plus maintenant!

    Lors de ma prise d’otage par l hôtel kenzi Rose Garden Marrakech ancien kenzi Farah, qui m a demandé de lui donner 10 000 dh lors du check out, pour me libérer moi et ma mère et que la racon soit payée au noir « Ou par monaie MAROCAINE ou chèque MAROCAIN! L hôtel avait ma carte de crédit si j avais fait des DÉGÂTS l hotel devait déduire de ma carte de crédit!Or l argent partirait par virement à la société/hôtel et pas au directeur général &Employés!

    Veuillez transmettre mon témoignage aux autorités Marocsines et au Palais Royal au Maroc. Si aucune décision n’est prise concernant cet incident pour l’occident le Maroc encourage ces délits. Les touristes ont peur de séjourner au Maroc!

    Veuillez lire dessous un des retours très important à l’international.

    « De Muynck Eric – B1. 3

    Àfatna.sarreti@yahoo.comet 1 autres

    6 juil. à 15:51

    Chère Madame,

    Nous avons bien reçu votre message qui a retenu toute notre attention.

    Nous ferons le meilleur usage de cette information.

    Cordialement,

    Eric De Muynck

    Représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne.

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