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African Business

Vers un recours massif aux DTS

Les pays du G7 sont favorables à une utilisation des Droits de tirage spéciaux. Cette mesure redonnerait des liquidités aux pays endettées et leur permettrait de préparer l’avenir. Par la voix de Vera Songwe, la Commission économique pour l’Afrique salue cette décision.

Par Aude Darc

La secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe, salue l’avancée. En effet, les ministres des Finances du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) soutiennent de nouvelles aides aux pays fragilisés par la crise sanitaire.

« Les DTS nous permettent d’avoir une vision plus large. Nous bénéficions d’un fort élan pour une action collective lors des réunions du printemps du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que pour la réunion des ministres africains des finances organisée par la CEA, cette semaine. »

Réunis le 19 mars 2021 en visioconférence, sous l’égide du Royaume-Uni, les ministres ont exprimé leur approbation à un soutien qui passerait par le FMI, révèle un communiqué du Trésor britannique. Durant la semaine du 22 mars, les ministres africains des Finances se réunissent à Addis-Abeba pour coordonner leurs points de vue sur cette question.

Le Chancelier britannique Rishi Sunak et « les ministres des Finances du G7 sont favorables à une émission de droits de tirage spéciaux (DTS) nouvelle et importante pour aider les pays vulnérables à traverser la crise actuelle ». Le communiqué précise que ce serait la première émission depuis la crise financière de 2009 de ces DTS équivalant à des actifs pour « fournir de la liquidité » aux pays concernés.

Cette technique financière, si elle est menée à son terme, vise à permettre aux pays concernés de « dégager des ressources pour financer des besoins cruciaux comme les vaccins ou importations de nourriture, et améliorer les amortisseurs des pays émergents ou à faibles revenus ».

Ne pas négliger la redevabilité

Créés en 1969 par le FMI pour compléter les réserves de change de ses pays membres, les DTS peuvent être échangés contre des devises. Leur valeur repose sur un panier de cinq monnaies internationales. Ils sont attribués aux pays membres en fonction de leur quote-part. Ils jouent un rôle influent dans la finance mondiale et aident les gouvernements à protéger leurs réserves financières contre les fluctuations monétaires mondiales. Ils sont également utilisés comme base des prêts des principales facilités de crédit de crise du FMI.

Cet accord « pose les bases d’un accord potentiel aux réunions d’avril du G20 et du Comité du FMI » pour qu’« aucun pays ne soit laissé à la traîne de la reprise économique après crise sanitaire », commente Rishi Sunak.

Les ministres se sont aussi mis d’accord pour que le G7 collabore avec le FMI afin d’améliorer « la transparence sur l’utilisation des DTS pour que les pays en bénéficiant puissent rendre des comptes ».

Rishi Sunak a également « salué la poursuite de la coopération entre les ministres des pays du G7 pour faire du climat une priorité » de leur action, notamment les diffusions d’informations financières liées à la durabilité ou à l’impact sur l’environnement, et la finance verte. Le Royaume-Uni accueillera la COP26 en novembre 2021, à Glasgow.

Auprès des pays qui en ont le plus besoin

« Il s’agit, aujourd’hui, d’une étape très importante et stratégique. Les DTS sont notre chance d’accomplir quelque chose de transformationnel pour un grand nombre d’économies. Nous sommes reconnaissants pour le leadership dont ont fait preuve les ministres du G7 », commente Vera Songwe. La secrétaire générale de la CEA a toujours plaidé pour que les institutions financières internationales et autres fournissent davantage de liquidités pour permettre aux pays africains de mieux reconstruire l’avenir.

« Nous devons maintenant travailler sur des mécanismes de rétrocession afin de pouvoir étendre les DTS aux pays qui en ont le plus besoin. Un financement supplémentaire pour le Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et la croissance du FMI à partir des DTS est bien entendu essentiel pour les pays à faible revenu. »

Vera Songwe considère que les organismes internationaux doivent « fournir des vaccins aux pays et également soutenir la relance avec des instruments d’accès au marché qui font appel au secteur privé, comme la Facilité de liquidité et de viabilité ».

Elle ajoute : « Les DTS nous permettent d’avoir une vision plus large. Nous bénéficions désormais d’un fort élan pour une action collective lors des réunions du printemps du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que pour la réunion des ministres africains des finances organisée par la CEA, cette semaine. »

D’autre part, la CEA plaide en faveur de la prolongation de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) jusqu’à la fin de 2021 afin de garantir que les pays disposent de suffisamment de liquidités pour répondre à leurs besoins. Il s’agit d’entamer la relance en libérant des ressources pour payer les vaccins indispensables et atténuer les chocs des pays à faible revenu. En 2009, le FMI avait accordé quelque 240 milliards de dollars de DTS en réponse à la crise financière mondiale pour injecter des liquidités sur le marché.

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