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Private Equity: Une dynamique de rattrapage

Deux approches de l’investissement

Une des caractéristiques du capital-investissement dans les pays d’Afrique francophone est la prééminence de fonds d’investissement déployant des capitaux dans un nombre limité de transactions de taille significatives, dans des entreprises de taille grande ou intermédiaire. Dans les pays anglophones, les transactions sont plus importantes en nombre, dans des entreprises de taille modeste à moyenne.

Le capital-investissement en Afrique se décline selon deux approches principales : l’investissement de mission ou impact investing d’une part, et l’investissement financier plus classique d’autre part. Par rapport aux opérations dans les pays développés et mieux équipés financièrement, en Afrique, on trouve peu d’opéra­tions de contrôle total, avec recours au levier de l’endettement. Ceci s’explique par la faiblesse des marchés financiers qui n’offrent pas des opportunités de sortie par les introductions en Bourse.

L’investissement de mission consiste à identifier et accompagner les entreprises les plus susceptibles de créer un impact social et sociétal durable, tels que la création d’emploi pour les moins qualifiés et donc un plus grand développement des acteurs de base, l’inclusion financière de ces acteurs, l’accès aux besoins de base, la préservation de l’environnement, la promotion des pratiques de meilleure gouvernance.

En ce sens, l’investissement de mission vise des entreprises en création, l’accompagnement d’entrepreneurs du secteur informel vers le secteur formel, ou encore l’accompa­gnement de jeunes entreprises vers un cadre opérationnel leur permettant un développement pérenne.

Par son approche même, l’investissement de mission va viser une rentabilité moindre du capital investi au profit de l’éclosion d’un écosystème dynamique et bénéfique pour les acteurs qui auraient pu être exclus des effets de la croissance économique.

Cette approche est encore trop faible en Afrique, elle se distingue fortement des opérations de philanthropie ou d’aide ciblée. À la différence de ces dernières, l’exigence d’une rentabilité économique et financière minimale est la seule qui va permettre la durabilité de la création d’activité économique.

Les acteurs financiers plus classiques s’inscrivent aussi dans cette mission d’impact social et sociétal. À la différence des acteurs dits d’investissements de mission, ils poursuivent une logique de développement, de croissance économique et de rentabilité financière plus forte, mais attachent un intérêt particulier à ce que les opérations et activités des entreprises qu’ils accompagnent s’inscrivent dans une dynamique vertueuse de respect de l’envi­ronnement, de bonne gouvernance économique, ainsi que de développement social.

La croissance économique et la création d’emplois en Afrique francophone passent par le développement d’un tissu de PME en croissance. Ces dernières recherchent des financements de 10 millions à 1 milliard de F.CFA et emploient de cinq à 250 personnes. Le modèle actuellement en place dans les pays francophones ne permet pas d’assumer les coûts de gestion opérationnelle nécessaires.

Il apparaît indispensable de créer les conditions favorables à l’éclosion d’un système de capital-investissement adapté et donc de mission aux côtés des acteurs financiers traditionnels que sont les banques et les institutions de crédit. Avec le dynamisme entrepreneurial, se développera l’industrie africaine du Private Equity. Il s’agit-là d’un premier facteur qui va appeler un nombre plus important d’initiatives dans le sens d’une offre domestique plus importante de capital-investissement.

C’est dans cet axe que s’inscrivent les initiatives des sociétés I&P d’une part, et d’Amethis de l’autre, avec la promotion d’équipes locales. Un second facteur pourrait être, à l’instar du dispositif français FSI France Investissement, d’organiser une coopération entre les banques de développement et d’investissement régionales d’un côté, et les banques et compagnies d’assurance africaines de l’autre.

Cette coopération prendrait la forme d’un programme d’incubation de nouvelles équipes de capital-investissement, à l’instar du projet ayant conduit à la création de Cauris en Afrique de l’Ouest et de Cenainvest en Afrique centrale. Ce mécanisme permettrait à son tour d’attirer des investisseurs institutionnels internationaux, dont beaucoup hésitent aujourd’hui à investir à cause de l’offre limitée de fonds de capital-investissement.

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