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Private Equity: Une dynamique de rattrapage

L’Afrique francophone a pris du retard, laissant entrevoir un potentiel considérable pour le capital-investissement, considère Jean-Luc Koffi Vovor, directeur associé chez Kusuntu Partners. L’industrie peut concilier sa responsabilité sociétale et les exigences de rentabilité.

Si le capital-investissement est en fort développement en Afrique, sa présence et sa croissance couvrent essentiellement les régions les plus dynamiques en matière d’entrepreneuriat privé, à savoir les pays du Maghreb, les pays anglophones d’Afrique, et l’Éthiopie. Sur près de 200 équipes qui gèrent actuellement des fonds de capital-investissement, seule une dizaine opèrent dans les pays d’Afrique francophone.

Le Private Equity dans cette zone n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais la dynamique de rattrapage est bien engagée.

Le Private Equity dans cette zone n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais la dynamique de rattrapage est bien engagée. Comparée à des régions émergentes comme le Brésil ou l’Inde, le potentiel de croissance du capital-investissement africain est encore bien devant lui. Le retard de l’Afrique francophone tient à deux facteurs principaux, qui sont la translation mécanique du retard de la France sur ses homologues anglo-saxons d’une part, et le faible dynamisme entrepreneurial du passé d’autre part.

Les acteurs africains les plus en vue sont le fonds Cauris, basé à Abidjan et Lomé, qui couvre les pays de l’Uemoa ; le fonds AFIG, basé à Dakar, dont la stratégie s’adresse au Grand Ouest, la façade Atlantique de l’Afrique. De même tradition et d’antériorité que le fonds Cauris, le camerounais Cenainvest œuvre en partenariat avec le fonds néerlandais XSML sur les pays d’Afrique équatoriale.

Parallèlement, il existe des initiatives locales, soutenues par des acteurs financiers domestiques ou européens tels que le fonds Phoenix basé en Côte d’Ivoire, la Société africaine de participations (SAPA) au Cameroun, ou encore la Société d’investissements au Niger (Sinergi). Ces fonds de capital-investisse-ment se positionnent sur le segment des entreprises en création et à fort potentiel de développement ainsi que les PME nationales ou régionales.

Les acteurs internationaux sont nombreux et s’inscrivent sur des segments d’entreprises de taille plus importante, couvrant une ou plusieurs zones géographiques ou linguistiques. Ils ont une approche panafricaine de gestion et viennent le plus souvent en accompagnement d’entreprises à vocation régionale ou panafricaine à forte intensité capitalistique.

Il s’agit, pour les plus connus, du fonds américain ECP, du fonds Abraaj qui a repris les activités de l’acteur britannique Aureos, ou encore du britannique Actis. Il nous faut mentionner des acteurs franco-africains, comme le fonds Advans, spécialisé dans l’investissement dans des institutions de microfinance, la société d’investissement Amethis Finance, le fonds Adenia Partners basé à Maurice, qui intervient dans les pays francophones de l’océan Indien et ceux de la façade Atlantique du continent.

Un fonds se distingue : la société française Investisseurs & Partenaires (I&P), précurseur dans l’accompagnement financier et technique des entrepreneurs africains. Elle développe un modèle intéressant de coopération, ayant pour objectif d’accroître l’offre domestique et ainsi permettre l’accès à un plus grand nombre d’entreprises.

Forte du succès d’une expérience pilote au Niger avec Sinergi, créée en collaboration avec des entrepreneurs qu’elle  a accompagnés par le passé, I&P développe désormais des sociétés d’investissement à vocation nationale au Burkina Faso, au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Ensemble, ces acteurs déploient en Afrique francophone une capacité d’investissement de quelque 1,5 milliard $, soit plus de 750 milliards de F.CFA, à mettre en perspective avec une industrie qui gère près de 25 milliards $ sur l’ensemble du continent. Sachant que l’allocation est plus importante dans les pays d’Afrique du Nord et en Afrique du Sud. Ce dernier pays a une tradition bien ancrée de capital-investissement et de développement du secteur privé.

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