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Un financement perfectible

L’existence des fonds d’investissement en Algérie est récente. Leur participation à la promotion de l’investissement reste encore très limitée, surtout à destination du secteur privé et des PME.

Le complexe sidérurgique de Bellara (en phase de construction dans le Nord-Est de l’Algérie) figure parmi les derniers plans de financement du Fonds national d’investissement (FNI). Celui-ci détient, avec l’entreprise publique Sider, 51 % des actions de la coentreprise algéro-qatarie, dédiée au projet. Voici quelques mois, le FNI, habituellement très discret, faisait parler de lui, en prenant une participation à hauteur de 17 % dans Renault Algérie, fruit d’un partenariat entre le constructeur français et l’État algérien. C’est en recourant à cette méthode qu’Alger a pu mettre fin à l’imbroglio commercial concernant le rachat de l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy, fi liale d’Orascom Telecom.

Le FNI a en effet, acquis 51 % du capital de l’entreprise, pour un prix de cession de 2,6 milliards $. Il a en outre injecté des capitaux dans diverses autres activités et montages financiers, comme le renouvellement de la flotte de la compagnie aérienne publique Air Algérie, le développement de Cosider (travaux publics) et du groupe pharmaceutique Saidal, en aidant par exemple ce dernier a s’associer à des Koweïtiens (North Africa Holding Manufacturig), pour la création d’une usine de médicaments anticancéreux. L’accord conclu par Saidal a été passé en 2012, soit trois années après la naissance du FNI.

La création du Fonds revient à l’ancien ministre des Finances, Karim Djoudi, qui lui avait assigné comme mission de mettre en oeuvre des instruments et des produits financiers visant à « promouvoir les investissements de création, d’extension ou de réhabilitation d’entreprises », et ce dans le cadre d’une nouvelle politique gouvernementale de « promotion de nouvelles institutions indispensables pour l’intervention de l’État dans le financement du développement ».

Le FNI peut intervenir au capital d’entreprises privées jusqu’à hauteur de 34 %. Compte tenu des conditions draconiennes posées aux souscripteurs, très peu de dossiers ont été validés.

Le FNI a remplacé la Banque algérienne de développement qui existait depuis des décennies. Il a été doté, dès sa mise en place, d’un capital riche de 150 milliards de dinars (près de 1,5 milliard d’euros), auxquels sont venus s’ajouter 75 milliards de dinars supplémentaires attribués par la loi de Finances 2010.

La priorité a été donnée au financement des projets publics stratégiques et porteurs de croissance. Le Fonds doit servir aussi à stimuler la dynamique de l’investissement en se mettant à disposition des opérateurs privés, y compris les PME qui manquent de fonds propres nécessaires à la réalisation de leurs projets. Or, à ce niveau, le bilan est plus contrasté. Au cours d’une réunion tripartite entre le gouvernement, le syndicat UGTA et le patronat privé, en octobre 2013, un constat décevant avait été dressé sur l’implication du FNI dans le financement des PME. Décision avait été prise alors par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, de faciliter l’accès des opérateurs privés aux offres de services de l’institution. Il lui avait notamment demandé d’intervenir sous forme de prise de participation dans le capital d’entreprises privées jusqu’à hauteur de 34 %. Mais compte tenu des conditions draconiennes posées aux souscripteurs, très peu de dossiers ont été validés.

D’autres sociétés spécialisées ont vu le jour dans le sillage du FNI au début des années 2000, à l’instar de Sofinance et de Istithmar SPA, issue d’un partenariat entre les banques BEA et la CNEP. Cependant leurs activités restent encore restreintes et orientées essentiellement vers le secteur public.

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