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Un cadre en faveur des PME

Les Petites et moyennes entreprises, moteur principal de la croissance économique à venir, bénéficient enfin d’un nouveau cadre réglementaire leur facilitant l’accès au financement. La volonté des financiers et de l’État doit suivre, désormais.

À la tête de son entreprise de transformation de beurre de karité, Mama-dou Konaté a du mal à accéder aux crédits, une difficulté à laquelle sont confrontées des milliers de PME, lesquelles représentent 80 % du tissu économique de la Côte d’Ivoire. Les banques rechignent encore à soutenir les entreprises, exposant celles aux trésoreries fragiles à la précarité financière.

Le gouvernement vient de constituer un Cadre permanent de concertation (CPC), l’aboutissement d’un projet en cours depuis 2012, entre l’administration financière publique et les acteurs du système bancaire ivoirien. Cette convention, signée le 11 mars 2015, vise à améliorer l’accès des PME aux financements. La mission principale de cet organe est de faciliter le dialogue entre l’administration financière publique et les acteurs du système bancaire, en vue de dynamiser le financement et la commande publique, fait valoir le directeur du Trésor public, Adama Koné.

Le CPC devrait convenir de l’adoption d’un modèle de préfinancement avec les banques, et réduire le coût du crédit accordé aux entreprises bénéficiant de marchés publics. Il doit aussi sécuriser les intérêts des différents acteurs et renforcer la célérité de l’exécution ainsi que des dénouements de la commande publique.

« Le secteur privé ne peut véritablement jouer son rôle que dans la mesure où il bénéficie de financements suffisants et adéquats, pour déployer toute son activité. »

De son côté, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI) pointe du doigt les faiblesses des PME ivoiriennes qui ne contribuent que pour 18 % seulement au PIB et pour 23 % aux emplois formels. Ces indicateurs sont incompatibles avec l’ambition des autorités ivoiriennes de hisser la Côte d’Ivoire parmi les pays émergents à l’horizon 2020.

« Le secteur privé ne peut véritablement jouer son rôle que dans la mesure où il bénéficie de financements suffisants et adéquats, pour déployer toute son activité. C’est pour-quoi il nous faut trouver des solutions concrètes et pérennes pour le financement des PME », explique Souleymane Diarrassouba, président de l’APBEF-CI. Dans ce contexte, la nouvelle convention-cadre sur le financement de la commande publique par les banques et établissements financiers, constitue une avancée. Les banquiers jugent possible une meilleure fluidité banques-PME-État, comme ils jugent possible un meilleur environnement institutionnel pour financer les PME.

Cette convention annonce « un jour nouveau pour les PME et PMI bénéficiaires de marchés publics », commente un banquier pour qui le CPC « permettra de relever le niveau de financement accordé ». À condition, bien sûr, que les PME continuent de bénéficier, directement ou indirectement, des importants investissements publics. Sur ce point, le gouvernement a décidé d’accroître la part des investissements globaux, qui passeraient de 13,7 % du PIB en 2012 à 23,5 % en 2015, portant ainsi la part du secteur privé à 70 % de la richesse produite.

Membre de la Fédération ivoirienne des PME, qui regroupe 6 000 entreprises, Pesquet Kouakou ne cache pas sa satisfaction : « Je suis heureux ! Cette convention pourrait me permettre de satisfaire les commandes alors que sans financement, il était impossible de livrer mes clients en Europe. »

Cette amélioration du climat des affaires ne peut qu’alimenter la croissance économique de la Côte d’Ivoire, déjà soutenue ces dernières années par les réformes structurelles et sectorielles décidées par l’État.

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