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Un budget basé sur des prévisions réalistes

Le Burkina Faso totalisait, fin 2014, un montant de 26,6 milliards F.CFA de chèques impayés. Un quadruplement en cinq ans ! Que compte faire le gouvernement ? 

Ces difficultés dans le recouvrement des chèques sont de plusieurs ordres, parmi lesquelles les problèmes d’identification des émetteurs, le non-respect de la réglementation bancaire et la difficile coopération des banques, les insuffisances de la réglementation. 

Pour ce qui concerne les difficultés d’identification des émetteurs, l’Agence judiciaire du Trésor est limitée dans son action de recouvrement, compte tenu du changement constant d’adresses, de dénomination, voire de localité des auteurs de chèques impayés. Cette situation ne permet pas de localiser certains redevables afin de mettre en oeuvre les procédures de recouvrement. 

Du côté des banques, nous ne pouvons que constater que celles-ci ne procèdent pas au retrait systématique des chéquiers de leurs clients qui clôturent leurs comptes dans leurs livres. En conséquence, certains contribuables ou redevables qui détiennent leurs chéquiers émettent toujours des chèques souvent pour de gros montants sur les comptes clôturés, qui naturellement, reviennent impayés de la compensation. De plus, les banques n’exécutent pas leurs obligations en cas de chèque sans provision (l’avertissement, l’interdiction bancaire d’émettre des chèques, le retrait des formulaires de chèques, la délivrance du certificat de non-paiement, etc.). Il leur revient de même de déclarer tout incident à la Bceao pour lui permettre de l’enregistrer sur la Centrale des incidents de paiements. Enfin, les banques ne coopèrent pas souvent à l’occasion de la mise en oeuvre du recouvrement sur leurs clients par la voie d’avis à tiers détenteur. 

Le gouvernement ne reste pas inactif. Nous envisageons le renforcement des actions de recouvrement en impliquant tous les acteurs. Nous envisageons l’ouverture de comptes bancaires spécifiques au profit des Receveurs des administrations financières (RAF) sur lesquels les contribuables devront effectuer leur paiement par chèques. Cette mesure va concerner exclusivement les RAF et sa mise en oeuvre sera progressive, elle commencera par les receveurs des impôts de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Elle pourra être élargie, par la suite, aux receveurs des autres chefs-lieux de région, en fonction de ses résultats. 

Nous espérons que la mise en oeuvre de nouvelles procédures d’encaissement des chèques reçus des contribuables pourrait définitivement venir à bout de ce fléau.

Vos discussions en mars dernier avec le FMI n’incitent pas à l’optimisme. Il ressort que l’activité économique du pays a ralenti considérablement, à cause de la baisse des cours de certains produits exportés, notamment l’or. Conservez-vous des lueurs d’espoir, malgré tout ?

Les conclusions des revues avec le FMI font, eff ectivement, ressortir une décélération de 2,7 points de croissance du PIB qui se situerait à 4,0 % en 2014 contre une estimation initiale de 6,7 %. En 2015, le taux de croissance du PIB devrait s’inscrire à 5,0 %. Cette situation est due à des facteurs exogènes. En plus de la baisse des cours du coton et de l’or, nos principaux produits d’exportation, l’impact de la crise Ebola dans la région et la crise sociopolitique dans le pays ont eu des répercussions négatives sur l’économie.

Bien sûr, nous gardons espoir ! La performance attendue en 2015 se fonde sur une hypothèse de transition politique apaisée et d’une baisse en intensité de la crise Ebola dans la région. Au-delà, nous attendons une relance progressive de l’activité économique à partir de 2016, avec une croissance de l’ordre de 6,0 %. En tant que ministre en charge des Finances, nous avons le devoir, malgré une situation pas tout à fait reluisante, de donner espoir à la population. C’est d’ailleurs notre raison d’être dans ce gouvernement de combat. Sinon, il faudrait démissionner ! Dans cette contribution à la mobilisation des recettes du budget, il faut prendre en compte l’apport de ce secteur des mines, vital pour notre économie. Pour la période 2012-2014, le cumul des recettes recouvrées sur le secteur minier s’élève à 717,8 milliards de F.CFA. Pour l’année 2015, la baisse continue du cours de l’or n’augure pas de bonnes perspectives en termes de recettes dans le secteur minier.

Enfin, ce dernier connaît des remous sociaux qui auront également un impact sur les revenus attendus. La production d’or est estimée à 33,2 tonnes contre 36,5 t en 2014 (- 9 %).

Le Burkina Faso va bientôt s’engager dans l’élaboration d’un deuxième cycle (2016-2020) de sa Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (Scadd). Avec quels axes et attentes ?

Le gouvernement de transition a eff ectivement autorisé la poursuite du chantier de l’élaboration du deuxième cycle de la Scadd, dont les discussions avaient été entamées il y a près d’un an. Les directives appropriées ont été données pour que la démarche arrêtée soit largement participative et inclusive, dans l’optique que les travaux techniques aboutissent à des propositions consensuelles. En fait, les orientations du deuxième cycle de la Scadd seront conçues de sorte à laisser toute latitude au président du Faso, qui sera élu en octobre 2015, de mettre en oeuvre son programme de développement.

Néanmoins, on peut déjà dire que les orientations retenues permettront la réalisation de la vision Burkina 2025, le renforcement de la gouvernance, la résorption des déséquilibres structurels de l’économie, l’intensification de la création d’emplois, la consolidation du capital humain, la promotion et la protection sociales.

Bénéficiez-vous toujours de l’attention de vos principaux partenaires au développement ?

Oui, le Burkina Faso continue de bénéficier de l’attention de ses principaux partenaires, comme en témoignent les différentes missions de préparation de projets et des appuis budgétaires. Les conclusions positives de la revue avec le FMI au titre de la Facilité élargie de crédit confortent cette confiance des principaux partenaires du pays.

Un exemple, la Banque mondiale a approuvé, en avril dernier, un appui budgétaire de 100 millions $ et le financement du projet pour l’amélioration de l’accès et la qualité de l’éducation pour un montant de 50 millions $, sous forme de don IDA.

Depuis ces dernières années, le Burkina Faso diversifie les sources de financement à travers d’autres partenaires bilatéraux, dont les pays du Golfe, la République de Corée et le Japon. 

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