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Tournant économique en Casamance

Le fonctionnement du port de Ziguinchor bénéficie également de l’appui de la coopération néerlandaise dans le cadre d’un programme maritime global, sur la base d’un financement paritaire avec l’État sénégalais, de 30 millions d’euros, qui intègre le dragage du fleuve, la réhabilitation du port, le stockage des hydrocarbures et l’aménagement de la jetée du port de pêche. Compte tenu du dragage du fleuve Casamance sur 120 km de long, 400 m de large et 7 m de tirant d’eau, l’Anam estime que le trafic pourrait être porté à 1 million de tonnes dans les prochaines années. Les travaux devraient démarrer d’ici à la fin du printemps 2015 et le dragage principal pourrait être réalisé en six mois. 

Le pôle de développement de la Casamance regroupe plus de 30 000 hectares de terres agricoles dans le domaine de la riziculture, le maraîchage et l’ostréiculture.

Pour l’ambassadeur des Pays-Bas, Pieter Jan Kleiweg De Zwaan, l’enjeu est de désenclaver cette région qui a un fort potentiel, mais qui pour de multiples raisons n’a jamais été développée. L’idée de ce projet remonte à 2012. « Si pour certains économistes, la rentabilité du projet ne semblait jusque-là pas avérée, je suis certain aujourd’hui que des facilités portuaires meilleures attirent le commerce de la sous-région. Beaucoup de producteurs amènent leurs produits à Banjul alors que Ziguinchor pourrait très bien servir de débouché. Une fois que le chenal sera dragué, l’Aline Sitoe Diatta rencontrera moins de risque d’enlisement et de plus grands conteneurs pourront naviguer. La grande question reste celle du volume. Mais si le port est concurrentiel, on peut parcourir la distance Ziguinchor-Rotterdam en neuf jours avec des bateaux rapides ! Et si l’organisation est bonne, les mangues casamançaises pourront être exportées et elles pourront faire face à la concurrence des mangues du Brésil. » 

Le désenclavement de la Casamance se traduit également par le développement d’axes routiers et la construction du pont transgambien. Avec l’appui de la coopération américaine, la RN6 reliant Ziguichor au nord vers Kolda et Sedhiou est en cours de reconstruction. Sur l’ensemble de la région, plus de 800 km de routes seront réalisées, ainsi que 83 ponts ! 

La première pierre du pont Transgambien de Farafegné a été posée par le président gambien Yaya Jammeh, le 20 février 2015. Elle constitue la première phase d’un corridor stratégique financé par la BAD qui permettra de relier le Sud du Sénégal à la Gambie et de favoriser les échanges commerciaux dans la sous-région. 

Reste l’enjeu du désenclavement aérien où les obstacles restent nombreux : un billet encore trop cher en raison de fortes taxes aériennes, des aéroports secondaires en perte de vitesse. Des pourparlers sont en cours avec des partenaires chinois pour développer six aéroports au Sénégal ; Ziguinchor notamment, pourrait accueillir des gros-porteurs. 

Le développement de la région passe également par l’électrification rurale. L’extension de la centrale électrique de Boutoute, dont les travaux ont été réalisés en neuf mois par Wärtsilä, a permis d’augmenter l’électrification des villages ruraux. Pour Marie-Andrée Truchi, en charge du développement de cette entreprise finlandaise, la construction de cette centrale clé en main est un exemple de l’expérience du Sénégal. Le chantier a permis d’employer une main-d’oeuvre locale, souvent qualifiée dans les domaines du génie civil et de la logistique. 

Le pôle de développement de la Casamance regroupe plus de 30 000 hectares de terres agricoles dans le domaine de la riziculture, le maraîchage et l’ostréiculture. Parmi les dix programmes de développement agricoles, celui de Séfa près de Sédhiou est déjà en activité. Des pôles hydro-agricoles seront constitués de plusieurs fermes autonomes d’une superficie de 5 à 25 ha. Trois fermes ostréicoles et 300 fermes maraîchères devraient voir le jour d’ici à 2016. Pour certains propriétaires de plantations certifiées bio qui n’ont pas pu relancer leurs activités économiques à cause de l’insécurité, cette question est prioritaire pour le développement de la région.

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