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African Banker

Tchad : une croissance nulle avant rebond

La Banque mondiale presse le Tchad à consacrer davantage de dépenses à la santé et à l’éducation. Si elle salue les efforts entrepris, l’institution encourage l’accélération des réformes, pour que le pays dépende moins des ressources pétrolières.

Par Kimberly Adams  

« Comme dans le reste du monde, depuis mars 2020, la pandémie de Covid-19 a radicalement changé les perspectives macroéconomiques. » Ainsi s’inquiète la Banque mondiale (BM), dans une note de conjoncture qu’elle vient de publier au sujet du Tchad. Les effets négatifs de la pandémie ne concernent pas tant la contagion directe que la récession économique mondiale et l’effondrement des prix internationaux du pétrole qu’elle a déclenchés.

En effet, la manne pétrolière du Tchad, qui représente près de 80 % des exportations et 40 % des recettes publiques, a été sévèrement touchée. La baisse de la demande des exportations, la réduction des apports des investissements étrangers, la fermeture des frontières, et les mesures de distanciation physique… Autant d’éléments qui « risquent de replonger le pays dans une récession en 2020 ».

Pour le moment, la BM retient une contraction du PIB de 0,2 %, à comparer avec la croissance de 4,8% prévue avant la pandémie. Le déficit du compte courant risque de se creuser, les recettes budgétaires et les dépenses publiques diminueront, alors que l’accumulation accrue des arriérés devrait se poursuivre.

La croissance du PIB du Tchad est de plus en plus soutenue par le secteur non lié aux hydrocarbures. La Banque mondiale, qui considère que l’effort doit se poursuivre, salue « la réussite des programmes d’assainissement des finances publiques ».

Si l’impact de la crise de la Covid-19 s’atténuait dans les mois à venir et si les mesures de fin de confinement étaient assouplies, la croissance pourrait rebondir en 2021 avec l’accélération de la production dans les nouveaux champs pétrolifères, et le rétablissement des prix du pétrole.

Toutefois, à court terme, recommande la Banque mondiale, « il est urgent de soutenir la population la plus pauvre et vulnérable ». Laquelle pourrait être touchée « de manière disproportionnée » par les conséquences de la pandémie.

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