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Tchad : Le projet de Sédigui démarre enfin 

Une échéance proche 

Tous ces projets confondus pourront créer au minimum 500 emplois directs (dont des emplois bien rémunérés) et près de 1 000 emplois indirects. L’État tchadien recevra des royalties de 14,25 % sur le pétrole brut et 5 % sur le gaz. « Selon les accords que nous avons signés avec nos partenaires, dans moins d’un an, la raffinerie pourra être opérationnelle et nous pourrons consommer le premier litre d’essence et gasoil avant la fin de l’année 2018 », a précisé Tahir Nguillin. 

Le président-directeur général de Blue Ocean Clean Energy, Wu Xing Jun est encore plus optimiste : « Si toutes les conditions sont satisfaites, nous réaliserons le projet dans huit mois », déclarait-il fin octobre.

ENCADRE

De rebondissement en rebondissement 

Pour les autorités tchadiennes et les habitants de la région du Kanem, au nord du lac Tchad, jadis centre névralgique d’un vaste empire, ce 28 octobre 2017 restera à jamais inoubliable. « C’est un grand jour », s’est réjoui le président Idriss Déby Itno. « Le rêve est devenu aujourd’hui une réalité », s’est exclamé le ministre Béchir Madet. 

Le rêve a en effet débuté dans les années 1970. Dans un premier temps, le gouvernement tchadien décida l’exploitation du gisement de Sedigui, en vue d’alimenter une mini-raffinerie dont la construction à proximité de la capitale, soit à 320 kilomètres du gisement, pouvait permettre de couvrir la consommation locale en produits pétroliers : 123 000 tonnes en 1990 durant dix à quinze ans. Fut alors constituée la Seerat, Société d’études et d’exploitation de la raffinerie du Tchad, dont les parts étaient détenues à 51 % par l’État tchadien et pour 49 % par un consortium regroupant les compagnies Esso-Exxon, Shell et Chevron. 

Seule française à s’engager résolument au Tchad, la société d’ingénierie Technip fut désignée fin 1990, pour diriger les études sur l’exploitation du gisement nord, préparer les appels d’offres concernant les trois modules à réaliser (oléoduc, raffinerie, centrale thermique) et assurer la supervision des travaux.

Ceux-ci, d’une durée prévue de 26 mois, allaient en fait s’éterniser. Car si la première phase était financée par la Banque mondiale à hauteur de dix millions $, il avait été prévu que la réalisation de l’ensemble du projet, dont le coût était évalué à 100 millions $, devrait être couverte à 70 % par l’État tchadien (grâce à des prêts extérieurs) et à 30 % par la Seerat.

C’est alors que Concorp, une douteuse compagnie soudano-tchadienne montée de toutes pièces, apparut et gagna le marché pour la construction de la mini-raffinerie, sur fonds taïwanais d’environ 75 milliards F.CFA (114,3 millions d’euros), destiné au début à la construction de la route Sarh (sud)-N’Djamena-Abéché (est) que l’État a réorienté vers ce projet de mini-raffinerie. Après quelques mois de travaux, Concorp plia bagage sans finir l’exécution du projet et le pipeline entamé fut abandonné à la merci de l’ensablement. 

Courant 2003, une autre société tchado-soudanaise se positionna et obtint la reprise des travaux de la mini-raffinerie. Chad Petroleum Company (CPC) sous-traita avec le britannique Petrofac, promettant de mettre en service la mini-raffinerie en vingt-deux mois.

Mais quelques mois après avoir obtenu le marché, son président de conseil d’administration, un richissime homme d’affaires soudanais, Acheickh Ibn Oumar Youssouf, fut assassiné, le 25 septembre 2003 à N’Djamena. Le mois suivant, ses assassins présumés et leurs commanditaires furent publiquement exécutés. 

De rebondissement en rebondissement, la SHT finit par signer un accord de coopération globale avec les deux groupes chinois. Un accord approuvé en juin dernier par son conseil d’administration, présidé par Nagoum Yamassoum, alors secrétaire général de la Présidence de la République, qui louait un « important projet à fort impact économique et écologique positif ». 

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