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Stratégie des banques marocaines

Le Maroc poursuit sa politique de libéralisation et d’ouverture économique, tandis que ses banques se tournent vers le reste de l’Afrique, sous le regard vigilant et indépendant de la Banque centrale, dirigée par Abdellatif Jouahri. 

ABDELLATIF JOUAHRI Gouverneur de Bank Al-Maghrib 

Au regard des règles prudentielles de Bâle et de la libéralisation des capitaux, comment se situe le système bancaire marocain ?

Résolue à maintenir la régulation du secteur bancaire en convergence avec les standards internationaux, Bank Al-Maghrib s’est attachée à renforcer davantage la réglementation prudentielle au cours des dernières années. Six ans après la mise en place du cadre de Bâle II, elle a transposé en août 2013 les nouvelles normes de Bâle III, relatives aux fonds propres et à la liquidité à court terme. Elle a également relevé, de nouveau, les exigences en matière de gouvernance et de contrôle bancaire interne à la lumière des récentes recommandations du Comité de Bâle. À travers ces réformes, elle oeuvre à accroître la résilience du secteur bancaire, asseoir son développement sur des bases saines et solides et favoriser la stabilité financière. Elle vise également à consolider sa position en tant que benchmark régional.

Dans ce contexte, le système bancaire national est parvenu, en dépit d’une conjoncture économique difficile, à dégager de bons indicateurs d’activité, de rentabilité et de solvabilité. Au terme de 2014, la rentabilité des actifs des banques s’est établie à 1 % et la rentabilité de leurs fonds propres, à 10,2 %. Le ratio de solvabilité moyen des banques ressort à 13,7 %, avec un Tier One de 11,9 % substantiellement au-dessus des minimums fixés au Maroc, respectivement de 12 % et 9 %. Ces niveaux de capitalisation permettent aux banques de disposer de matelas de sécurité de nature à préserver leur résilience et à absorber les impacts de la volatilité accrue des conditions de marché, qui serait induite par une éventuelle libéralisation des capitaux.

Le déploiement de certaines banques marocaines en Afrique s’est inscrit dans une stratégie visant à assurer des relais de croissance externe et un accompagnement de proximité des opérateurs économiques marocains dans le continent. 

Les banques marocaines sont de plus en plus nombreuses à investir en Afrique. Que pensez de cette nouvelle dimension stratégique ?

Le déploiement de certaines banques marocaines en Afrique s’est inscrit, d’une part, dans une stratégie visant à assurer des relais de croissance externe et un accompagnement de proximité des opérateurs économiques marocains à travers le continent. Cette stratégie constitue également un vecteur favorisant le rayonnement de la place financière de Casablanca, qui vise à se positionner en tant que hub financier régional tourné vers l’Afrique. D’autre part, cette expansion, inscrite sous le signe de partenariats Sud-Sud renforcés, vient contribuer utilement aux besoins de diversification de l’offre bancaire en Afrique et de développement de l’inclusion financière et du financement des économies dans les pays hôtes.

Les banques marocaines sont présentes en Afrique à travers plus de 40 filiales bancaires participant au développement de l’activité financière et économique de 22 pays, essentiellement en Afrique de l’Ouest et centrale. Elles sont également implantées au Maghreb arabe ainsi que dans quelques pays d’Afrique anglophone. Le poids que représentent ces filiales au niveau de l’activité et des résultats consolidés s’établit respectivement à près de 18 % en termes de total de bilan et 16 % en termes de résultat net (part du groupe) des trois groupes bancaires marocains les plus actifs à l’étranger.

Tout en appuyant cette stratégie, Bank Al-Maghrib veille à ce que sa mise en oeuvre s’effectue sur des bases saines, à travers des normes réglementaires et de supervision contribuant durablement à la stabilité financière et à travers le renforcement de la coopération avec la communauté des superviseurs des pays d’accueil. Plusieurs conventions de coopération en matière de contrôle prudentiel ont ainsi été signées avec les autorités de supervision homologues. Cette coordination s’est davantage renforcée avec l’institution de collèges de superviseurs pour chaque banque marocaine transfrontalière et la conduite de missions conjointes de contrôles sur place.

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