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Stanislas Zézé a confiance dans le pays

Pourtant, on reproche au système bancaire ivoirien une certaine rigidité qui entrave les financements. 

Les banques ne sont pas altruistes, mais des investisseurs qui évoluent dans un système réglementé, et qui ne veulent pas perdre de l’argent – qui n’est pas le leur, mais celui des épargnants. La majorité des banques fait valoir qu’elle a des ressources courtes, avec des épargnants qui retirent rapidement leurs fonds ; comment investir alors sur le long terme ? Les banques ont aussi un ratio prudentiel à respecter… Mais le plus gros problème, selon moi, est la visibilité, que nous venons d’évoquer. Et nous sommes sur la bonne voie. 

Dans quelle mesure le marché ivoirien et celui de l’Uemoa ont partie liée ? 

Le marché financier ivoirien est le marché de l’Uemoa : la Côte d’Ivoire représente 40 % du PIB de l’Uemoa ; 70 % de la liquidité. Sur les 39 sociétés cotées à la BRVM, 34 sont ivoiriennes. S’il ne se résume pas à la Côté d’Ivoire, le marché régional se concentre en grande partie ici. 

La Côte d’Ivoire peut jouer un rôle de locomotive du marché financier régional ? 

Bien sûr ! C’est ce qu’elle fait d’ailleurs. Au-delà de la BRVM, sur les sociétés d’intermédiation financière existantes dans la région, 13 sont ivoiriennes. Nous avons davantage de banques en Côte d’Ivoire, plus de fonds d’investissement aussi. La BRVM est la 6e sinon la 5e place boursière du continent. Et l’objectif est de se hisser à la 3e place d’ici trois à quatre ans. Mais il faut faire vite.

Beaucoup de réformes ont été menées pour le marché du crédit et le secteur bancaire ces dernières années. Quelles devraient être les priorités ?

Déjà, exiger d’élever le capital pour une consolidation du marché bancaire. Pour vraiment financer l’économie, les banques doivent avoir du poids en termes de fonds propres. Au lieu des 22 à 23 banques qui existent aujourd’hui, il en faudrait une dizaine, plus grosses, avec un capital de 100 milliards de F.CFA au lieu des 10 milliards actuellement exigés. On pourrait prendre exemple sur le Nigeria. Quant au marché du crédit, il faut continuer de promouvoir des outils comme la notation financière et les bureaux de crédit pour assainir l’environne-ment. Ce qui signifie éduquer les consommateurs et les emprun-teurs, et permettre aux pourvoyeurs de capitaux d’avoir en face des interlocuteurs avisés.

D’autres innovations en financement à apporter ?

Je citerai l’intervention de fonds souverains ou de fonds d’investissement, ce qui commence à se réaliser. Ils prennent plus de risques, entrent dans la gestion des entreprises en acquérant des participations. Ce procédé permet de renforcer la gouvernance. Je citerai aussi la création de nouveaux compartiments financiers, qui aident à faire entrer les PME sur les marchés, et leur permettent de se financer, tout en les obligeant à respecter certains standards de gouvernance. On entre dans une logique de bonne gouvernance qui favorise la circulation des capitaux dans un environnement de confiance et de transactions fluides.

À moins d’un an de l’échéance électorale en Côte d’Ivoire, que dire du risque ivoirien ?

La présidentielle n’est pas un enjeu. Dans le contexte actuel des choses, vous avez trois grands partis politiques sur la scène ivoirienne, qui représentent chacun 33 % des intentions de vote. Et deux s’unissent pour l’occasion. La probabilité que le troisième passe est nulle. Il y a donc zéro enjeu, en vérité. Mais nous sommes dans une situation de post-conflit. Il s’agit juste de passer cette étape. Malgré cette perception des choses, aucun des investissements en cours n’est suspendu. Je vous garantis qu’après cette étape d’octobre 2015, on assistera dès janvier à une forme de boom économique ! 

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