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Crouse: Alliance Ecobank-Nedbank

Crouse: Alliance Ecobank-Nedbank
  • Publiénovembre 18, 2014

Vous êtes ensuite passés à la deuxième phase ?

Elle est intervenue au moment où Ecobank cherchait à acquérir Oceanic Bank au Nigeria. Arnold Ekpe nous a demandé des conseils et de l’aide pour réaliser cette transaction. Nous avons accordé à notre futur partenaire un prêt de 25 millions$. C’est depuis ce jour que nous avons établi une relation de confiance.

Était-ce l’un de vos objectifs ?

Tout à fait. Nous avions besoin de passer  au stade suivant. Nous avons octroyé un prêt convertible qui nous donnerait la possibilité de prendre une participation de 20 % dans le capital de l’entreprise, à un moment donné.

 Et vice-versa ?

Oui, notre alliance étant fondée sur la réciprocité, si Ecobank souhaitait acquérir sa démarche.

 Diriez-vous que vous êtes passés à la phase trois ?

Oui ! Les capitaux sont en cours de transfert. L’investissement total se chiffre à 493 millions $ ; il permet à Nedbank d’acquérir 20 % du capital d’ETI. Cette somme comprend le prêt consenti de 285 millions $.

 Étiez-vous inquiets à la suite des problèmes de succession à la tête d’Ecobank, lors du départ à la retraite d’Arnold Ekpe ?

Comme nous connaissions très bien la banque, nous savions que la transition serait difficile. Compte tenu de la personnalité d’Arnold Ekpe, il allait nécessairement être délicat de choisir quelqu’un capable de faire évoluer la banque dans le bon sens. Nous avons conservé nos distances tout en soutenant la direction. Nous étions confiants mais nous suivions la situation de près.

Pensez-vous que la structure des deux banques va être modifiée ? Ou que chaque banque va continuer à évoluer à sa manière ?

Les deux banques demeurent indépendantes l’une de l’autre. Il est très important pour nous de faire progresser le concept de « banque unique » auprès de nos clients. Nous avons beaucoup de projets pour améliorer l’expérience du client et proposer des produits très novateurs. Nous allons réaliser des investissements importants pour renforcer l’intégration. Ecobank, par exemple, a déployé sa plateforme Flexcube partout où elle est présente. C’est également la plateforme que nous avons choisie hors d’Afrique du Sud. Elle est en cours de déploiement. Nous nous sommes rendu compte que la banque de détail et l’innovation présentaient les opportunités les plus intéressantes. Nous devons adopter les technologies qui permettront d’exploiter au mieux l’opportunité que représente le secteur du détail en Afrique.

 Le client ordinaire remarquera-t-il que les deux banques ont formé une alliance ?

Comme nous avons mis l’accent initialement sur la banque d’entreprise, je ne pense pas que l’on ait besoin de sensibiliser ces clients. Ils savent bien que les deux banques forment un réseau. Nous avons une opportunité à saisir auprès des particuliers. Mais nous ne voulons pas compliquer les choses et proposer deux marques au client. Le produit est plus important que l’enseigne qui le propose. 

Nous nous sommes rendu compte que la banque de détail et l’innovation présentaient les opportunités les plus intéressantes. Nous devons adopter les technologies qui permettront d’exploiter au mieux l’opportunité que représente le secteur du détail en Afrique.

Nedbank aura-t-elle des agences dans les pays où Ecobank est présente ?

Ecobank possède les banques les plus solides en Afrique de l’Ouest et centrale. Nedbank ne souhaite pas s’implanter dans ces régions. Nous voulons poursuivre notre expansion dans les pays de la SADC et d’Afrique de l’Est.

Dans ces régions, les deux banques auront des agences mais il s’agit de pays plus petits où nous aurons des banques moins importantes. Rien à voir avec les grandes écono­mies du Nigeria ou du Ghana. Les deux banques seront présentes au Mozambique, au Malawi et au Zimbabwe. Nous le savons depuis le début et nous allons définir des règles qui nous permettent de collaborer.

Les clients de Nedbank pourront-ils utiliser leur carte dans les guichets d’Ecobank ?

Bien sûr ! La carte Ecobank, qui n’est ni une carte Visa ni une MasterCard, pourra être utilisée dans les guichets (GAB) Nedbank en Afrique du Sud. Nous avons pu introduire ce service juste avant la Coupe du monde de football en 2010 et nous avons été surpris de constater que ces cartes sont très utilisées. Même si ce service ne représente pas pour nous une importante source de revenus, les clients l’apprécient. Nous avons adapté tous nos GAB, des milliers à travers le pays.

 Avez-vous pour stratégie d’encourager davantage le commerce intra-africain ?

Bien entendu. Nous connaissions les préoccupations des entreprises sud-africaines qui voulaient s’étendre dans le reste de l’Afrique, en particulier en Afrique de l’Ouest et centrale. Le contexte est très intimidant pour elles : elles doivent faire face à la barrière de la langue, à des systèmes juridiques et réglementaires différents, etc. De nombreuses entreprises ont échoué parce qu’elles ne sont pas parvenues à s’associer à de bons partenaires locaux et ne s’étaient pas bien préparées.

Il est fondamental de bien connaître le terrain local. On peut facilement obtenir des rapports sur tel pays ou telle entreprise mais ce n’est guère utile si l’on n’a pas l’expérience du terrain. C’est là qu’Ecobank possède un grand avantage. Ses banquiers ne se contentent pas d’analyser les chiffres : ils connaissent les peuples, les cultures, les coutumes, les langues, les traditions, les points de vue, etc.

Ecobank compte aujourd’hui plusieurs investisseurs importants : Nedbank, Qatar National Bank (QNB), PIC (Public Investment Corporation) et la SFI (Société financière internationale). Êtes-vous satisfait de vos partenaires ?

Il est important pour nous d’accroître le nombre d’actionnaires. Cela augmente également le nombre de clients d’Ecobank. La parti­cipation de QNB présente des avantages d’un point de vue géogra­phique. Nous gagnons des clients du Moyen-Orient et vice-versa.

Disposez-vous d’un accord qui empêche Ecobank de diluer votre participation dans la société ?

Nous aimerions conserver 20 % du capital ; selon les statuts d’ETI, les actionnaires ont un droit préférentiel de souscription en cas d’émission de nouvelles actions.

*Directeur exécutif de Nedbank 

Écrit par
ade

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