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Diamniadio, une ville nouvelle

Confronté à une urbanisation anarchique, notamment à Dakar, le Sénégal relève le défi de désengorger sa capitale avec le pôle urbain de Diamniadio. Un projet ambitieux qui pourrait faire école.

Le taux d’urbanisation du Sénégal (46,8 %) est parmi les plus élevés d’Afrique. À elle seule, la capitale Dakar concentre un quart de la popu­lation (2,5 millions d’habitants) et 80 % des activités, pour moins de 0,3 % du territoire national… Depuis 2010, la ville accueille plus de 100 000 habitants supplémentaires par an dans des conditions de logement souvent précaires.

Si la position géographique de Dakar demeure un atout, la presqu’île du Cap-Vert est confrontée à de multiples maux : inonda­tions, insalubrité, embouteillages. Pour de nombreux urbanistes, la situation a atteint la cote d’alerte. Avec une population dakaroise qui devrait avoisiner les 5 millions d’habitants d’ici à 2025, les contraintes spatiales conju­guées à l’anarchie urbaine et à l’absence de maîtrise du foncier conduisent à une hyper­concentration et un étouffement urbain.

Pour absorber le surcroît de population et s’engager sur la voie d’un développement durable, le Sénégal a décidé de créer une ville nouvelle : Diamniadio.

Situé à environ 27 kilomètres de Dakar, le site fait partie du programme de développement dénommé « Pôles urbains». Fer de lance de cette nouvelle politique d’aménagement du terri­toire, l’émergence de Diamniadio devrait se doubler de la création d’une autre ville nouvelle, située près du lac Rose.

La pose de la première pierre par Macky Sall, le 24 mai 2014, a été l’occasion pour le chef de l’État de « marquer le début de la phase active du Plan Sénégal émergent », la nouvelle feuille de route économique du pays. Seydou Sy Sall, ancien ministre de l’Urbanisme et de l’aménagement du territoire, est depuis un an délégué général en charge des pôles urbains de Diamniadio et du lac Rose.

Il rappelle que construit sur un territoire de près de 3 000 hectares, le pôle urbain de Diamniadio sera aménagé « suivant des principes répondant à la mixité, jusque-là négligés dans la création des villes sénégalaises ». Il s’agit de dépasser la logique du zoning, principe d’aménagement qui consiste à attribuer à chaque espace une fonction, et de s’appuyer sur une logique de mixité sociale dans le logement, les activités économiques à toutes les échelles, la parcelle, le quartier, l’arrondissement.

Appel aux investisseurs privés

Le programme d’ensemble intègre deux phases dont la première, d’une durée de trois ans, vise à aménager 700 ha où seront construits 15 000 logements sociaux. À l’hori­zon d’une quinzaine d’années, ce sont 40 000 logements qui devraient voir le jour pour un projet global pouvant générer 75 000 emplois.

Une place importante est réservée à l’ini­tiative privée. Deux promoteurs privés sont déjà aux commandes. Spécialisé dans le loge­ment social et l’hôtellerie, le groupe marocain Alliances poursuit au Sénégal son développe­ment panafricain.

Après la construction de 10 000 logements sociaux et 4 000 logements moyens et haut de gamme à Abidjan (Côte d’Ivoire), le groupe immobilier a signé un protocole d’accord avec le gouvernement du Sénégal en juillet 2013 pour participer à l’aventure Diamniadio.

La holding Teyliom dirigée par Yerim Sow, qui a fait fortune dans le secteur des télé­communications, est également engagée dans le programme immobilier par la construction de 2 360 logements, de type villas et apparte­ments. Propriétaire de l’hôtel Radisson Blue et du centre commercial Sea plaza situés sur la corniche, le groupe déjà actif dans l’immo­bilier et l’hôtellerie entend ainsi poursuivre sa diversification.

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