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Salaheddine Mezouar* en appelle aux partenariats grandes entreprises – PME

  • Publiéjuillet 4, 2018

Alors oui, nous avons besoin que l’État, qui contrôle les leviers de l’action législative et réglementaire, soit stratège, tout comme nous demandons – et cela figure en bonne place dans notre programme – à ce que l’entreprise ne perde pas ses énergies dans les démarches administratives et obère sa compétitivité dans les millefeuilles de taxes.

Votre colistier, Faïçal Mekouar, fait partie du bureau sortant de la CGEM, celui dirigé par Meriem Bensalah Chaqroun durant ces six dernières années, quels sont les éléments de continuité sur lesquels votre mandat s’appuiera ?

Je peux vous en citer plusieurs comme la question des délais de paiement, la réglemen­tation de la grève et du travail, la formation professionnelle, la question de l’informel, la nouvelle économie et la digitalisation…

La nouvelle équipe apporte à la fois de nouvelles idées et une autre manière d’agir. Nous souhaitons repositionner la région comme élément clé du développement du secteur privé et de l’entrepreneuriat au Maroc. Nous allons mettre en musique toutes les initiatives et mobiliser nos forces vives pour aboutir à des résultats concrets. Notre programme comporte 7 axes et 96 mesures. Nous sommes là pour qu’elles deviennent concrètes.

 

Le crédit bancaire au secteur privé s’est contracté de 8 points depuis 2012, la consommation des ménages est en berne, quels sont les leviers à activer aujourd’hui pour relancer le moteur marocain ?

Cette relance suppose des entreprises actives et qui investissent et un marché de consommation dynamique. Est-ce que les conditions existent aujourd’hui ? Certes, nous sommes dans une perspective de croissance toujours positive avec 3 % prévus cette année et la consommation des ménages devrait également s’inscrire dans une tendance haussière de 3,6 %.

Mais l’ampleur de la hausse, dans les deux cas, est insuffisante pour opérer un saut qualitatif. Pour cela, il faut, d’une part, assainir le climat des affaires pour relancer l’investissement et créer des emplois et, d’autre part, agir sur les leviers de l’amélioration des revenus.

Nous devons créer la rupture à travers un choc de compétitivité au profit des entreprises et faire en sorte que les charges des ménages soient allégées. Aujourd’hui, même un ménage à faible revenu se saigne pour scolariser ses enfants dans le privé, car le système public est défaillant !

L’État, qui a la responsabilité de l’éducation, doit répondre à cette probléma­tique, par exemple en défiscalisant une partie du revenu dédiée à cette dépense. Il en va ainsi des dépenses de santé également et bien d’autres charges que subissent les familles.

La priorité économique et sociale affichée est la création d’emplois durables notamment pour les jeunes et les femmes – dont le taux d’activité recule au Maroc. Quels sont les freins à l’entrée sur le marché du travail de ces catégories ?

Comme je viens de le dire, créer des emplois suppose de relancer l’investissement et débarrasser l’entreprise de pesanteurs qui constituent un frein, comme la lourdeur administrative ou la fragilité des trésoreries inhérente à des délais de paiement trop longS.

Cela dit, il faut bien comprendre que dans une économie ouverte, digitalisée et reposant de plus en plus sur l’intelligence artificielle, tout le monde ne pourra pas être salarié, et encore moins fonctionnaire. Il faut encourager aujourd’hui l’entrepreneuriat porté par les partenariats entre grandes entreprises et PME, où ces femmes et jeunes s’insèrent dans les chaînes de valeur de la production locale.

De même, nous devons exploiter le gisement d’auto-emplois dans les métiers de l’économie circulaire et sociale. Désormais, il faut proposer des outils incitatifs pour permettre l’émergence de ces petites et microentreprises.

Le Code du travail voté en 2004 est au centre des interrogations depuis trois ans, est-il trop rigide ? Dans quel esprit aborderez-vous le dialogue social ?

En avril 2003, lorsque la CGEM a signé les accords sociaux entérinant le nouveau Code du travail, notre confédération avait mis l’accent sur la non-applicabilité de certaines de ses mesures et le manque de souplesse des contrats de travail prévus par ledit Code.

Écrit par
Olivier

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