x
Close
Uncategorized

Le Rwanda mise sur le financement des PME

  • Publiédécembre 28, 2017

Davantage de sociétés immatriculées qui échappent ainsi à l’informel, ce n’est pas seulement une future source de rentrées fiscales. C’est aussi, avant tout, la porte du crédit qui s’ouvre à ces entreprises qui, une fois enregistrées, apprennent progressive­ment à établir une comptabilité dans les règles de l’art. Car les banques ne prêtent pas sans informations financières fiables.

Telle est la règle simple de fonction­nement du RDB : faciliter d’abord l’enre­gistrement, puis faciliter le financement. Aujourd’hui, le Rwanda se classe à la 21e place mondiale – la 2e en Afrique – pour la facilité de l’investissement privé, et à la 6e place pour l’accès au crédit.

Et l’innovation technolo­gique ne concerne pas que les démarches administratives. Autour du RDB, différents laboratoires testent de nouvelles idées et de nouveaux process – la digitalisation des transports urbains, la livraison aux hôpitaux de sang par un système de drones, etc. Les différents services regroupés autour du RDB permettront de valider aussitôt le retour d’ex­périence s’il est positif.

Une charte des fondamentaux

« Dans un même bâtiment, en quelques heures, vous pouvez immatriculer votre société, ouvrir un compte à la banque, vérifier si la marque que vous voulez exploiter n’a pas été déjà déposée. C’est tout de même formi­dable ! », s’enthousiasme Didier Acouetey.

Il attend de cette quatrième édition du Forum que les bonnes pratiques puissent essaimer ailleurs en Afrique. « Quand les PME qui sont venues ici vont rentrer chez elles, il faut qu’elles puissent dire à leurs autorités de tutelle, “Eh les gars, quand même, c’est pas si compliqué que ça, faites-le, on est allé le voir au Rwanda, cela se fait, aidez-nous à le faire».

Une charte a été élaborée par les orga­nisateurs du Forum, African Small Business Growthing Initiative ;

ce texte récapitule les fondamentaux indispensables et les bonnes pratiques sur lesquels devrait être construite toute agence nationale de soutien au déve­loppement des PME, comme l’exonération des droits de douane pour l’importation de machines-outils destinées à produire loca­lement de la valeur ajoutée, ou tout simple­ment, la constitution de fichiers répertoriant et labellisant les vingt meilleures entreprises de BTP à destination des gros investisseurs étrangers, pour les aider à rentrer plus effica­cement dans les chaînes de valeurs.

À terme, cette charte pourrait devenir un outil de soutien à la politique de développement des PME, partout en Afrique.

Des résultats concrets

Effet du cercle vertueux et de la synergie entre les organisateurs du Forum et la poli­tique rwandaise en faveur des PME, une autre initiative a été lancée, sous le titre « La Finance s’engage». Neuf sociétés rwandaises (sept banques et deux fonds d’investissement) ont annoncé le déblocage d’un montant total de 233 millions $, en faveur de plusieurs dizaines de PME parmi les quelque 200 entreprises inscrites à l’événement.

Les lauréats ont été sélectionnés après avoir soumis leur candi­dature en ligne, sur la pertinence ou l’ori­ginalité de leur projet, et sur la rigueur de leur business model. Preuve de l’intérêt gran­dissant des gouvernements africains pour le Forum, le ministre gabonais des PME, présent à Kigali, a officiellement invité les organisateurs à Libreville pour la prochaine édition.

« L’accueil que nous recevons à chaque fois témoigne du souci de chaque pays pour les PME », se réjouit Didier Acouetey. « C’est pour cela que nous lançons African Small Business Growth Initiative que les pays vont essayer d’implémenter par la suite. C’est une charte qui a plusieurs composantes : accès au marché, soutien, etc. On ne se contente pas de dire qu’on fait des choses pour les PME. C’est une implémentation structurelle qui produit des résultats».

Écrit par
African Business french

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *