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Renforcer la décentralisation

L’économiste Samura Kamara, du Sierra Leone, plaide en faveur d’une poursuite de la politique de décentralisation de la BAD, afin de la rendre plus efficace. Il considère en outre que la Banque doit renforcer ses fonds propres.                                                                                                                                                

Samura Kamara Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale (Sierra Leone)

Quelle serait la première mesure que vous prendriez, si vous étiez nommé président de la BAD ?

L’Afrique évolue très vite et le temps presse ! Le plus urgent est d’impliquer les membres du Conseil d’administration, qui représentent les actionnaires, de leur demander, dès la première réunion, de partager leur expérience au sein de la Banque. Nous devons entamer une discussion franche. Elle nous permettra d’établir de bonnes bases pour avancer.

La BAD a une stratégie décennale qui constitue un atout. Malheureusement, elle a été conçue en 2013 et, juste au moment où nous la mettons en oeuvre, le président s’en va ! Le contexte international a changé ; il faut en tenir compte. Le conseil d’administration devrait pouvoir aider le nouveau dirigeant à s’ajuster aux nouvelles réalités. Nous avons besoin de davantage de fonds : là encore, le conseil d’administration devrait pouvoir aider le nouveau président. Si j’étais nommé à la tête de l’institution, tout en poursuivant le programme fixé, je m’intéresserais à d’autres projets qui s’attaquent aux problèmes de l’insécurité, de l’exclusion, des femmes et de la jeunesse. 

L’institution a la responsabilité de mobiliser des moyens régionaux et non-régionaux. Ces derniers apportent une dimension supplémentaire à la Banque.

Quelle est la meilleure raison de voter pour vous ?

Je possède des compétences et une expérience très diverses en gestion économique ; j’ai choisi de ne pas me spécialiser dans un domaine trop pointu. J’ai dirigé les aspects généraux de l’élaboration de politiques en Sierra Leone. J’ai beaucoup appris en travaillant avec la communauté internationale. Je suis en mesure de négocier avec le FMI ; j’ai travaillé avec cette institution, ainsi qu’avec la Banque mondiale et des agences de financement arabes. La BAD fait partie du programme d’allégement de dette ; j’ai l’habitude d’étudier les principaux éléments liés au développement et le rôle que doit jouer une institution de développement internationale. Je suis convaincu que cela est un avantage !

Qu’est-ce qu’il faut changer dans le « logiciel » de la BAD pour que l’Afrique décolle durablement ?

La stratégie décennale est une bonne chose, mais nous devons la mettre en perspective. Il ne suffit pas d’avoir un programme général ; il faut être spécifique et s’adapter aux différents contextes. C’est pourquoi nous devrions mettre l’accent sur les bureaux nationaux et régionaux et leur donner davantage de pouvoir. Donnons-leur les moyens de proposer des programmes adaptés à leur pays.

 Avez-vous un exemple concret où la BAD a fait ce que les autres banques n’ont pas fait et répondu ainsi aux besoins spécifiques de l’Afrique ?

Dans le cas de la Sierra Leone, tout récemment, la BAD s’est montrée efficace en termes de développement des infrastructures. À une certaine époque, le pays bénéficiait de ressources provenant de la Banque mondiale et d’autres organismes bilatéraux mais, dans les années 1990, beaucoup d’entre eux se sont retiré des infrastructures. La BAD a persévéré, fort heureusement ! Le seul inconvénient, c’est qu’elle ne dispose pas de suffisamment de ressources.

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