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Rémy Rioux (AFD) : « A l’heure du tout Afrique »

Plus largement, il est utile de se regrouper entre partenaires, pour être plus forts et pour innover. C’est la logique de l’Alliance Sahel, cette coalition d’acteurs résolus lancée en juillet 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Elle réunit la France, l’Allemagne, l’Union européenne – au sein de laquelle l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni s’impliquent fortement –, avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et le Programme des Nations unies pour le développement, en lien étroit avec les membres africains du G5 Sahel.

Nous avons identifié plus de 500 nouveaux projets que nous allons mettre en oeuvre pour plus de 7 milliards d’euros lors des cinq prochaines années. L’objectif est clair : atteindre directement les populations, pour qu’elles aient accès aux services de base (éducation, santé), à des emplois, à des ressources durables (eau, agriculture). L’AFD est fière d’accueillir l’unité de coordination de l’Alliance et s’est dotée d’une direction régionale Sahel pour coordonner nos efforts collectifs sur le terrain.

C’est la mission de la politique de développement d’aller dans les zones les plus difficiles, là où personne ne va plus, à la racine des vulnérabilités. D’agir « en 3D » avec les acteurs de la défense et de la diplomatie, pour faire prendre en compte le moyen et le long terme dans le temps de la crise. Et d’avoir le réflexe d’aider les acteurs dits « non souverains », c’est-à-dire de diversifier les canaux de financement au-delà des États pour renforcer aussi les collectivités locales, les entreprises publiques et privées, les ONG et les fondations, au plus près du terrain. Ces acteurs non souverains représentent déjà plus de la moitié des engagements financiers de l’AFD pour 5 milliards d’euros, en hausse de 30 % en 2017, une signature qui nous distingue parmi nos homologues.

Quelle est la réalisation qui vous tient le plus à coeur ?

Il y en a tant ! J’en citerais deux. La première, c’est l’accélération de notre mobilisation pour le climat. Avec les migrations, c’est le défi de notre génération. Il faut inciter chaque pays, par le dialogue et la mise à disposition de financement et de technologies adaptés, à se placer sur une trajectoire soutenable, qui concilie préservation de l’environnement et progrès social. Lors du One Planet Summit, le 12 décembre 2017, nous avons réuni plus de trente banques de développement, nationales et multilatérales, et nous nous sommes engagés, dans une déclaration commune, à aligner nos actions climatiques sur l’accord de Paris et à favoriser par nos financements le développement d’alternatives durables aux investissements liés aux énergies fossiles. L’AFD veut être à la pointe de ce combat. C’est le sens de notre nouvelle stratégie : être la première agence « 100 % accord de Paris ».

La deuxième chose qui me tient à coeur, c’est l’image de la politique de développement et de notre agence qui la sert. Je veux surprendre ! Je veux la changer en explorant de nouveaux domaines pour montrer que nous nous transformons et multiplier les liens entre notre pays et le Sud, dans les deux sens.

L’AFD développe ses activités dans les domaines des industries culturelles et créatives, de l’enseignement supérieur, de l’innovation et du numérique, du social business, de l’éducation au développement et à la solidarité internationale. Elle a même été chargée par le président de la République de bâtir une plateforme de transformation par le sport, pour rapprocher le monde du sport et celui du financement du développement, avec les Jeux olympiques de Paris en 2024, en ligne de mire.

ENCADRE

Les Français favorables à l’aide au développement

Selon les conclusions de l’enquête annuelle réalisée pour le compte de l’AFD par Ipsos, l’aide au développement est plutôt bien comprise mais les réalités de terrain sont parfois méconnues. L’institut a interrogé un panel représentatif d’un millier de Français.

Ainsi, 70 % des personnes interrogées sont “favorables” à un soutien aux pays en voie de développement (PVD), bien que 26 % seulement se déclarent “bien informés” sur le sujet – un chiffre faible mais en augmentation. Les Français estiment, pour 70 % d’entre eux, que la situation des PVD peut avoir un impact sur leur vie quotidienne, en France ; ils étaient 82 % à répondre ainsi en 2015.

La moitié du panel ne sait pas ce qu’est l’AFD et 43 % “en ont entendu parler”. À noter que 75 % des personnes qu’Ipsos qualifie de “bien informées” sur l’aide considèrent que celle-ci est efficace. Les Français estiment que l’aide au développement constitue “un devoir” et améliore concrètement le bien-être des populations. Sans surprise, ils placent l’éducation comme prioritaire (93 %), suivie de l’accès à l’eau et de la stabilité politique.

En matière de développement, les idées reçues persistent, constate Ipsos. Si une large majorité (68 %) sait que l’Afrique enregistre une forte croissance depuis quinze ans, près de 70 % considèrent – à tort – que la scolarisation stagne en Afrique, que la migration subsaharienne va principalement vers les pays du Nord, ou bien que l’Afrique est le continent le plus en proie aux conflits.

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