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RD Congo : Pétrole contre environnement ?

Dans le Nord-Kivu, la province où se trouve le parc des Virunga, une trentaine d’organisations de la société civile ont haussé le ton. Elles ont joint leur voix au concert de protestations contre les « manoeuvres » du gouvernement, et ont estimé que l’exploitation pétrolière sur ce site aurait des « conséquences irréversibles non seulement sur les écosystèmes naturels du paysage des Virunga et leurs ressources, mais aussi sur les moyens de subsistance des communautés locales ». Ces groupes militants craignent qu’une exploitation pétrolière dans le secteur n’affecte également les cours d’eau environnants, notamment les rivières Rutshuru et Semliki et exhortent les autorités congolaises à abandonner toute initiative d’exploration pétrolière dans les parcs.

« La pollution due aux activités pétrolières mettrait en péril la biodiversité du parc des Virunga et compromettrait l’intégrité de sa valeur universelle exceptionnelle. Cette pollution peut provoquer la contamination du lac Édouard, qui sert de ressource primaire pour l’alimentation des populations autour et à l’intérieur des Virunga, notamment les pêcheurs, ceux qui vendent les poissons, ceux qui en mangent, donc des millions de personnes verront ainsi leur vulnérabilité et leur pauvreté s’aggraver par la destruction du lac Édouard », ont écrit ces organisations dans un communiqué commun.

De fâcheux précédents

Un rapport du cabinet international Dalberg Global Advisors a évalué à plus d’un milliard de dollars les recettes que la RD Congo pourrait réaliser par an, si des projets cohérents et intégrés étaient entrepris dans les domaines de l’environnement et du tourisme. Le rapport fait état de la création de quelque 45 000 emplois dans ce cadre et conclut que la préservation des ressources naturelles pour les générations futures serait une meilleure opération que la mise en oeuvre de projets pétroliers qui détruiraient l’écosystème.

Ce n’est pas la première fois que la RDC est tentée de livrer le parc des Virunga à des exploitants pétroliers. En 2009, le géant pétrolier français Total et une société britannique avaient obtenu un permis d’exploitation de ce site. Mais cette décision avait suscité une levée de boucliers d’organisations locales et internationales, à telle enseigne que la société britannique s’est désengagée de ce projet en 2014, après le renoncement de Total.

Les questions qui touchent au secteur minier et à celui des hydrocarbures sont sensibles en RD Congo où l’opacité est entretenue à dessein autour de certains dossiers. La publication des grands contrats au journal officiel n’est pas systématique : l’État, fidèle à son mode opératoire, cache certaines informations de l’oeil dubitatif du public.

Entre-temps, cette joute à fleurets mouchetés et à l’issue incertaine se poursuit entre les autorités et les organisations écologiques appuyées par l’Unesco. 

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