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Quel rôle pour les banques centrales ?

Les Banques centrales africaines ont suivi trop longtemps la même logique de politique monétaire que leurs homologues européennes. N’est-il pas temps qu’elles prennent davantage leur rôle dans la recherche de la croissance économique ? 

Pour  les économistes, la Banque centrale est avant tout la garante de la politique monétaire de l’État, chargée de la surveillance de la monnaie. À ce titre, les Banques centrales ont longtemps concentré leur politique sur les moyens de lutter contre l’infl ation. Depuis la fi n de la Seconde Guerre mondiale, nos Banques centrales, quel que soit leur pays d’exercice, ont été obnubilées par la crainte de voir les prix dépasser le seuil de 2 %, ignorant qu’une infl ation mesurée était le signe positif du développement. Depuis deux ans, en période de stagnation économique, les banquiers centraux ont totalement inversé leur préoccupation. Leur hantise est aujourd’hui de voir les prix stagner, voire régresser.

En Afrique, les politiques des Banques centrales restent encore souvent calquées sur celles de leurs homologues des pays occidentaux. Ainsi dans le but de lutter contre la création monétaire, source d’infl ation, la politique monétaire était-elle essentiellement restrictive : limite au réescompte des banques commerciales, réserves obligatoires gelant une partie des ressources d’emprunt des banques et limitant de ce fait leurs crédits, et même encadrement du crédit enlevant aux banques une partie de leurs moyens en faveur notamment des investissements, donc de leur contribution au financement du développement.

Curieusement, alors que les prix stagnent dans les pays de la Zone franc, les réserves obligatoires sont toujours en vigueur, pénalisant par là même les banques les plus dynamiques en limitant le réemploi d’une partie de leurs dépôts. On aurait aimé que nos Banques centrales africaines de la Zone franc profitent de cette « pause monétaire » afin de susciter des recherches sur les moyens financiers permettant de promouvoir le développement en accompagnant, voire en devançant les initiatives en vue de dynamiser la reprise actuelle constatée dans la plupart des pays de la région : – Étude sur l’incidence de la baisse de l’euro (donc du franc CFA) par rapport au dollar et à la plupart des autres monnaies – Moyens permettant une politique incitative de transformation des matières premières.

Elles représentent encore 82 % des ressources d’exportation, ce qui maintient une forte dépendance vis-à-vis des pays industrialisés qui en fixent les cours.  Perspectives d’évolution dans le temps du franc CFA en vue de renforcer son rôle d’appui à l’intégration économique. Comment passer d’une monnaie totalement rattachée à l’euro à une monnaie dont les fl uctuations seraient fonction de la situation des économies ? Comment attirer d’autres monnaies ? On le voit : le projet de monnaie Cedeao n’avance pas après de longues années d’étude. Comment revenir au libre-échangisme entre les deux francs CFA ? Les Banques centrales ont vu renforcer leurs pouvoirs dans le domaine de la supervision et du contrôle des banques en recherchant la légitime protection des épargnants. Les commissions bancaires créées à cet eff et remplissent parfaitement bien leur rôle de « gendarmes » des banques.

La réglementation elle-même évolue : ainsi la Bceao vient-elle de doubler le capital minimum des banques de l’Uemoa en le portant à 10 milliards de F.CFA. Cette mesure pourrait entraîner la diminution du nombre de banques et ceci d’autant plus qu’elles devront satisfaire à cette exigence en deux années seulement alors que nombre d’entre elles ne satisfont pas encore au montant minimum de 5 milliards, lequel devait pourtant être atteint fi n 2010. Sont-elles indépendantes ou dépendantes des États ?

On pourrait longtemps débattre sur ce point en remarquant tout de même que, dans la Zone franc, le fait que les Banques centrales soient multinationales renforce leur indépendance. En Europe et aux États-Unis, les Banques centrales prennent des positions de plus en plus fortes vis-à-vis des marchés avec les incidences qui en découlent. 

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