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Pétrole : pénuries récurrentes

D’où viennent ces pénuries à répétition ? Le Congo a produit en moyenne 91,5 millions de barils de pétrole en 2014, soit 250 745 barils/jour, selon le ministre des Hydrocarbures, Raphaël Loemba, qui reconnaît les difficultés du secteur pétrolier. Et pourtant, après la privatisation de l’ancienne société étatique Hydro-Congo qui avait l’exclusivité de la distribution, du stockage et de la vente des produits pétroliers finis au Congo, les choses semblaient entrées dans l’ordre, avec la Sclog (société mixte) et les marketeurs, affiliés aux grandes compagnies internationales. « Jusque-là, la dernière pénurie que nous avons connue remontait à 2008 », confie une source proche de la Sclog. Mais ici, comme au ministère des Hydrocarbures et à l’Agence de régulation de l’aval pétrolier (ARAP), personne ne semble vouloir parler officiellement du sujet des pénuries récurrentes. 

Souvent, le curieux ou le journaliste est orienté vers la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). « Le circuit est simple, la Sclog reçoit de la SNPC les quantités qu’elle met à la disposition des marqueteurs. Chaque jour, elle nous communique le niveau des stocks. Il paraît évidemment que ces derniers temps les stocks ne sont pas souvent à la hauteur des besoins du marché national », se borne à commenter le directeur général de l’ARAP, Jean Félix Akouala. Selon une source proche de la SNPC, la capacité de production de la Congolaise de raffinage (Coraf) ne cadre plus avec l’augmentation de la demande nationale : « Il faut augmenter les capacités de la Coraf ou construire une nouvelle raffinerie. La solution intermédiaire d’importer les produits de Kinshasa est très coûteuse. » 

Néanmoins, le monopole entretenu par la SNPC sur l’importation des produits pétroliers finis semble constituer le principal écueil. Jusqu’ici, pour pallier les faiblesses de sa filiale chargée du raffinage, elle recourait à l’importation, via la RD Congo voisine, pour approvisionner le marché. Au sein des milieux pétroliers, on fait état de factures impayées qui auront terni cette relation commerciale avec Kinshasa. Alors que du côté de Pointe-Noire, la seule raffinerie du pays connaît des problèmes techniques. 

En temps normal, la Coraf (filiale à 100 % de la SNPC) n’a jamais dépassé 600 000 tonnes de production par an, pour une capacité nominale d’un million de tonnes. De son côté, la demande nationale hier évaluée à environ 450 000 tonnes métriques de produits raffinés, semble avoir beaucoup augmenté. 

Aussi, les pénuries récurrentes de produits pétroliers posent-elles désormais le problème de la libéralisation de leur importation. Selon certains responsables du secteur des hydrocarbures, le monopole détenu actuellement par la SNPC n’est justifié par aucun texte réglementaire. « L’avenant n° 2 connu dans ce domaine demande depuis 2009 à la SNPC de se dessaisir du monopole des importations », rappelle un cadre du ministère. Mais, la revendication est surtout sentie du côté des distributeurs et vendeurs à la pompe. Face aux signes d’essoufflement donnés par la SNPC, les marqueteurs, même s’ils ne le crient pas haut, ont de vraies raisons de souhaiter une réelle libéralisation du marché. 

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