Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Uncategorized

Pascal Lorot, président et fondateur de l’Institut Choiseul

Quelle est votre valeur ajoutée ou votre singularité par rapport à ce qui existe ? Beaucoup de gens travaillent sur l’Afrique…

Oui, il y a beaucoup de choses mais qui ont pour ambition de servir les intérêts de certains pays, de certains groupes, etc. Notre activité est indépendante, neutre, sans ambitions mercantiles ou autre. Nous n’avons pas d’autre objectif que de porter un message plus positif sur ce qu’est l’Afrique aujourd’hui. De là nous tirons notre force, dans la mesure où personne ne peut nous influencer, nous manipuler ou nous amener à faire évoluer les choses dans un sens qui serait contraire à notre vision personnelle.

Nous sommes complètement panafricains : nous couvrons 46 pays, aussi bien en Afrique du Nord, en Afrique francophone, anglophone ou lusophone. Cette logique pan continentale dans laquelle nous sommes est très appréciée par nos lauréats, car elle leur permet d’élargir leurs horizons africains qui, le plus souvent, sont tout de même cantonnés à leur pays ou à la zone régionale qui les entoure.

Pour casser le côté « parisien » de l’institution, comment avez-vous pu approcher du terrain africain ?

Nous avons beaucoup de réseaux en Afrique en raison de notre parcours africain, sur lesquels nous nous sommes appuyés. Moi-même, j’ai un parcours africain ancien sur lequel je me suis appuyé. Nous avons aussi des relais au niveau local. Et puis nous avons interrogé un grand nombre d’Africains et d’Occidentaux qui sont en Afrique. Nous n’avons pas fait ce classement comme s’il était fait par des Français avec un tropisme français.

Ce classe­ment aurait pu être fait par des gens d’une autre nationalité, dans une autre langue de travail, etc. Nous nous sommes également intéressés, bien sûr, à ce qui prévaut sur le Net et sur les réseaux sociaux où il se passe beaucoup de choses. Et nous avons intégré tout cela à travers les 1 200 profils que nous avons identifiés, ce qui nous a aussi un demandé un souci d’équilibrage géographique relativement important, parce qu’un tel exercice à l’échelle du continent ne permet pas de retrouver la même unicité que quand vous le faites, par exemple, à l’échelle de la France.

L’Afrique compte 54 pays avec leurs spécificités, leurs critères discriminants, différenciants, etc., et nous avons donc dû tenir compte d’un nécessaire équilibre en fonction des grandes régions continentales. In fine, je pense que nous sommes parvenus à bâtir quelque chose qui est aujourd’hui très équilibré, sans répondre à des soucis ou des intérêts particuliers.

Vous avez réussi à délocaliser certaines opérations : en Égypte, en Algérie, au Maroc… comment cette combinaison s’est-elle opérée ?

Le classement Choiseul, c’est plus qu’un classement, c’est un réseau. Concrètement, cela veut dire que nous donnons l’opportunité et la possibilité à ceux qui ont été identifiés dans notre classement d’entrer en contact avec autrui, de s’approprier un relationnel et finalement, à travers ce réseau, d’élargir leur spectre relationnel et développer leur business à l’échelle du continent africain.

Vous êtes au confluent du lobbying, de l’influence…

Nous ne sommes pas dans le lobbying mais dans une logique d’influence ! Nous visons à permettre à la jeune génération africaine de s’approprier une dimension panafricaine. Les Européens parlent toujours de l’« Afrique», mais en Afrique, on est avant tout Marocain, Ivoirien, Camerounais, Kényan… On n’est pas vraiment « Africain ». Les réseaux sont souvent limités à l’échelle du pays. Et même lorsque, pour des raisons professionnelles, ils débordent sur différents pays, très rares sont les leaders africains à avoir cette capacité à se projeter à l’échelle d’un continent, d’avoir des points d’appui dans 20 ou 30 ou 40 pays africains.

La relation France-Afrique entre-t-elle dans une nouvelle ère, avec un nouveau Président ?

Je connais très bien Emmanuel Macron à titre personnel. Il a été un leader du classement français, les deux premières années. Il était un fidèle de nos réunions. Certes, maintenant qu’il est élu, il va avoir d’autres responsabilités, mais j’ai eu auparavant l’occasion de l’associer à mon réseau africain, notamment en juin 2016, lorsqu’il a reçu 80 leaders africains pour échanger et parler business. Parce qu’il incarne une nouvelle génération et une nouvelle façon de faire de la politique, je pense qu’Emmanuel Macron comprend mieux l’Afrique.

Il m’a toujours dit qu’il souhaitait que la France change sa politique africaine, et qu’elle s’intéresse davantage aux nouvelles élites, aux nouveaux entrepreneurs africains – comme étant des interlocuteurs naturels de la politique étrangère de la France – plutôt que de rester simplement dans une relation en tête-à-tête avec les poids lourds institutionnels classiques. Ces derniers ne sont pas à occulter, mais la politique africaine de la France doit être repensée de manière ambitieuse, en s’appuyant sur les nouvelles élites économiques. Je crois que le nouveau Président y est très sensible, et j’espère que cela sera un des axes de sa prochaine politique africaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts