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Pascal Lorot, président et fondateur de l’Institut Choiseul

Le fondateur de l’Institut Choiseul, qui publie un classement des 100 talents africains de demain, live ses analyses et sa vision à l’égard de la jeunesse entrepreneuriale africaine. Elle transforme des structures familiales en grands groupes compétitifs.

Entretien avec Hichem Ben Yaïche et Guillaume Weill-Raynal

Comment se porte Choiseul ?

Choiseul est une structure indépendante, non-profit, « ni gauche ni droite », qui est parvenue aujourd’hui à structurer une connaissance de l’Afrique, pour permettre à des leaders africains qui sont au coeur du pouvoir économique en Afrique d’émerger, d’être connus, reconnus, et d’élargir ainsi leur spectre relationnel à l’échelle du continent.

Comment s’est produite cette évolution ?

Choiseul est à l’origine une structure indépendante basée à Paris, tournée notamment vers l’excellence économique, l’international, et les problématiques de gouvernance. Les nombreux évènements que nous organisons sur Paris ont eu un rôle un peu précurseur et ont anticipé notre développement sur l’Afrique : des réunions sous forme de petit-déjeuner, de déjeuners et de dîners, qui permettent à des gens qui n’en ont pas forcément l’habitude de se rencontrer, de se découvrir, et d’échanger sur des problématiques économiques et stratégiques.

En tant que président de Choiseul, j’ai pu ainsi rencontrer à ma table tous les membres du gouvernement français, tous les patrons du CAC 40, la plupart des patrons des 120 premières entreprises cotées à Paris, avec une ouverture, aussi sur Bruxelles, sur un grand nombre de commissaires européens et de direc­teurs généraux de la Commission.

Nous sommes dans le « franco-bruxellois » à un très haut niveau. Nous animons aussi un des clubs sur les questions digitales, sur les questions énergétiques, sur les questions de santé, etc. Et nous avons aussi créé le Choiseul 100, il y a quelques années. C’est un classement qui consiste à identifier les cent jeunes talents économiques de demain qui sont au coeur du pouvoir économique français, et qui demain le seront encore plus, pour des questions de génération et d’âge. C’est un succès et l’indice faire référence : à cette occasion, nous organisons quatre fois par an des dîners, dans un lieu prestigieux, où nous réunissons les lauréats de ce classement avec tout ce qui fait le capitalisme français de 40 ans et moins.

Et comment s’est opéré ce basculement vers l’Afrique, en matière de complémentarité ?

À titre personnel, j’ai toujours aimé l’Afrique. J’y ai voyagé quand j’étais jeune, et j’ai été également amené à y travailler : comme conseiller du ministre de l’Économie et des finances, j’ai travaillé sur la dévaluation du CFA en 1994 ; quand j’étais chef économiste chez Total, j’ai travaillé sur la stratégie marketing du groupe à l’échelle du continent ainsi que sur l’exploration pétrolière dans le golfe de Guinée. Et puis, j’y ai rencontré des gens avec lesquels je me suis « associé en amitié », si l’on peut dire. C’est donc un continent que je connais très bien et dont on ne parle en France et en Europe – et pire encore aux États-Unis – que de manière très réductrice, à propos des problèmes de gouvernance, d’insé­curité, de pandémies, de santé publique, etc., qui ne reflètent qu’une partie de la réalité.

L’Afrique que je connais et que j’ai voulu mettre en avant est différente. Elle est faite de toute une nouvelle génération de garçons et de filles qui, pour certains, ont récupéré des entre­prises familiales et en ont fait des champions nationaux, soit se sont très bien formés à la tête de grands groupes africains nationaux, qui deviennent panafricains et s’étendent à l’échelle du continent, soit ont une intelligence propre et ont créé leur start-up, leur business model, et sont en train de constituer des groupes d’importance.

J’ai voulu montrer cet autre visage de l’Afrique, dans cette jeunesse dont la fourchette d’âge se situe entre 35 et 42 ans, dans ce capital humain, dans cette richesse faite d’hommes et de femmes qui sont en train de bouleverser complètement l’Afrique, qui sont en train de prendre le pouvoir économique et de montrer que l’Afrique a une capacité par elle-même à se développer et à essayer de conquérir le meilleur d’un point de vue économique à l’échelle du continent et à l’échelle du monde. C’est la démarche qui a inspiré le choix de ce classement Choiseul 100 Africa.

Quelle a été la méthodologie ?

Nous avons cherché à identifier les « 100 + 100 » – les 200 jeunes leaders économiques de demain – qui font l’économie africaine et qui la feront encore plus après-demain. Comme pour le classement français, nous avons suivi une méthodologie sérieuse. Nous ne choisissons pas en fonction de l’air du temps mais en fonction de critères objectifs tels que la réputation, l’influence, le poids économique, etc. qui ont été validés par un cabinet de chasseurs de têtes de la place de Paris.

Sur cette base, nous avons effectué une recherche pendant à peu près un an et demi. Deux de mes collaborateurs ont identifié quasiment 1 200 profils ! Nous les avons passés au tamis de notre méthodologie pour ressortir les 100 qui comptent et la deuxième centaine qui arrive juste après. Ce classement – il est aujourd’hui largement diffusé à l’échelle du continent –, constitue « le marqueur » des nouvelles élites économiques africaines, qui permet de porter un message très positif sur ce continent en plein développement.

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