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African Banker

Olivier Santi* : Notre ADN est particulier

Concrètement, comment comptez-vous tirer votre épingle du jeu?

Permettez-moi d’abord de saluer le régulateur ouest-africain et mes confrères banquiers de la place de Dakar, qui ont construit au fil des ans, avec patience et conviction, un hub bancaire de premier plan avec des banques crédibles, performantes et ouvertes sur l’international.

La place financière de Dakar est diversifiée et offre une gamme complète d’opérations avec un niveau de sécurité inégalé en Afrique. Le système bancaire sénégalais assure toutes les opérations bancaires classiques.

Le panel des produits et services offerts est large et diversifié, intégrant également les outils modernes comme la monétique, le Swift, le e-banking, le Mobile banking, plus globalement le Digital banking, la monnaie électronique, etc.

Les banques et les établissements financiers assurent le financement de l’économie par des crédits à court, moyen et long terme en faveur de tous les secteurs d’activité, principalement le commerce, les services divers, l’industrie, le BTP, le transport, l’agriculture, l’État…

À côté des banques universelles, certains établissements sont spécialisés dans l’immobilier, l’agriculture ou encore le crédit-bail. Les engagements par signature ne sont pas en reste, notamment les cautions, les avals et les crédits documentaires.

Les banques ont une expertise reconnue à l’international et une technicité reconnue dans le traitement des devises et des conseils avisés sur les règles et les réglementations locales et internationales.

À la Banque Outarde, nous espérons progressivement tirer notre épingle du jeu en plaçant le client au centre de toutes nos préoccupations et en installant une banque commerciale, à taille humaine, avec une offre structurée et bien identifiable, qui puisse offrir un service fiable et rapide, des conseils et une expertise en local et à l’international, une plateforme digitale de dernière génération, etc.

Nos actionnaires ont donné trois atouts rares à la banque : le temps, les moyens et surtout une culture entrepreneuriale qui met le client et la qualité de service au centre de tout.

Vu notre taille, même si nous en avons l’agrément, l’universalité est hors d’atteinte et nous préférons nous spécialiser pour le moment et nous cantonner à ce que nous faisons le mieux, aux secteurs que nous connaissons bien et ainsi axer notre travail sur un petit nombre de clients à qui nous donnerons également en retour un service personnalisé et innovant, des moyens bancaires importants et de dernière génération, et finalement construire la banque avec et autour d’eux.

Nous espérons progressivement tirer notre épingle du jeu en plaçant le client au centre de toutes nos préoccupations et en installant une banque commerciale, à taille humaine, avec une offre structurée et bien identifiable, qui puisse offrir un service fiable et rapide, des conseils et une expertise en local et à l’international, une plateforme digitale de dernière génération, etc

L’objectif est avant tout d’offrir des produits et services innovants aux entreprises et entrepreneurs du Sénégal et d’Afrique de l’Ouest, tout comme aux entreprises étrangères désireuses de s’installer dans la zone;

des offres spécialisées pour nos clients de l’agro-industrie, de l’énergie, du Trade Finance, les privés et les institutionnels, à la recherche d’une qualité de service, d’un conseil personnalisé, d’une rapidité dans la décision et dans l’exécution et de services digitaux.

En résumé, l’ambition de la Banque Outarde est de devenir une banque commerciale de référence, d’abord sur l’agro-industrie, l’énergie et le Trade Finance.

Malgré cette forte concurrence, le taux de bancarisation reste très faible. Est-ce à dire qu’il y a encore de la marge pour des acteurs comme votre établissement ?

C’est un sujet fondamental et qui touche au coeur des dynamiques de développement. Je n’ai pas la prétention de pouvoir le traiter à un niveau macroéconomique, même si je crois que les succès de certains pays, comme le Kenya ou le Maroc, montrent qu’il faut rester optimiste et faire preuve d’un volontarisme à tous les niveaux.

À un niveau microéco­nomique, si l’on prend l’exemple d’un chef d’entreprise ou d’un chef de famille, s’il n’ouvre pas de compte à la banque, il prend un choix rationnel, souvent subi et il faut le regretter, car cela génère nombre d’externalités négatives (de risques pour les déposants de valeurs hors banques, de fortes inégalités dans l’accès au crédit etc.).

Ceci nous amène à plusieurs interrogations. Est-ce que les produits bancaires sont bien tarifés par rapport aux services qu’ils procurent ? Les paiements et le porte-monnaie électroniques offerts par les banques sont-ils compétitifs par rapport aux produits développés par les entreprises de télécommunications ?

Les crédits des banques sont-ils suffisamment accessibles et faits à des niveaux compétitifs ? Si la réponse est trois fois non, alors l’offre bancaire n’est pas parfaitement adaptée à la demande : de ce fait, il y a de la place pour des nouveaux acteurs locaux, qui partiront des besoins réels des entreprises et des populations pour bâtir une offre bancaire personnalisée et à valeur ajoutée, accessible, ouverte et interopérable, le tout à un prix abordable.

Ce n’est pas chose aisée, pour nous banques, car n’est pas agréé comme banque qui veut et les exigences de la profession sont lourdes d’engagements et de demandes. Un équilibre doit cependant être trouvé, car le défi en matière de développement est de taille. Le slogan de la banque n’est-il pas « Ensemble, prenons notre envol » : il faut (r)amener les clients à la banque.

Le prix n’est pas tout. Il faut bien sûr avoir une tarification adaptée et évolutive, mais il faut surtout créer de la valeur (au sens premier, pas seulement au sens économique) et mettre le client au centre de tout : le rassurer, lui trouver des solutions rapides et adaptées, lui prodiguer des conseils personnalisés, lui offrir des placements intéressants, des financements innovants, donner des crédits aux entrepreneurs locaux engagés dans le développement économique, social et durable.

C’est, selon moi, un peu de tout cela qui fait la différence aujourd’hui. Pour ne pas être une banque de plus, nous pensons d’abord que « Small is beautiful » et travaillons pour que demain nos clients puissent dire de nous « Small is powerful » !

*Administrateur et directeur général de la Banque Outarde

ENCADRE

La Banque Outarde en bref

« Celui qui voit l’outarde s’envoler deviendra riche », raconte la légende. Dernière-née des banques sénégalaises, la Banque Outarde a ouvert ses portes à la clientèle en janvier 2018. Elle est dotée d’un capital de 14 milliards de F.CFA (21,3 millions d’euros) et compte une quarantaine d’employés. L’actionnariat est constitué de privés et entreprises sénégalaises, dont le président, Abdoulaye Diao, dit « Baba », qui est le promoteur de la banque et l’actionnaire principal. Mais aussi des institutionnels comme la BOAD et la Banque européenne pour le Moyen-Orient (BEMO).

2 réponses à “Olivier Santi* : Notre ADN est particulier”

  1. Author Thumbnail Jeremie KONGUEP dit :

    Monsieur le Directeur Général

    Très heureux de vous retrouver à la tête d’une banque : l’accomplissement d’une passion: la finance et d’un amour: l’afrique.

    Je suis Jérémie KONGUEP Expert Comptable confrère d’un ami commun aujourd’hui décédé Gustave TCHOUGANG. BNP GENEVE a vu naitre et grandir notre amitié.

  2. Author Thumbnail J. KONGUEP dit :

    Monsieur le Directeur Général

    Très heureux de vous retrouver à la tête d’une banque : l’accomplissement d’une passion: la finance et d’un amour: l’afrique.

    Je suis Jérémie KONGUEP Expert Comptable confrère d’un ami commun aujourd’hui décédé Gustave TCHOUGANG. BNP GENEVE a vu naitre et grandir notre amitié.

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