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African Banker

Olivier Santi* : Notre ADN est particulier

Car nos clients attendent désormais un service de banque digitale, mais avant tout un service de banque, c’est-à-dire de la sécurité, une qualité de service, du conseil, de la rapidité et de la fiabilité dans l’exécution et une expertise à l’international.

Sur tous ces points, nous sommes en avance sur nos objectifs de service. Mais, si nous sommes en constante amélioration, nous avons des progrès à réaliser ; force est de constater que nos confrères de la place de Dakar ne nous ont pas attendus pour mettre la barre haut !

La Banque Outarde a démarré ses activités dans un contexte marqué par un renforcement du dispositif prudentiel. Est-ce un avantage ou un désavantage de faire face à ces chantiers dès le départ ?

En tant qu’ancien directeur de BNP-Paribas Suisse, connue pour son dispositif de risque, il ne m’a pas été trop difficile d’intégrer tous ces aspects. De plus, nous avons créé la banque sachant que ces évolutions étaient en cours.

La banque a donc tenu compte des dernières évolutions technologiques, mais aussi réglementaires, comptables, prudentielles. Nos fonds propres n’ont pas été trop impactés par l’incidence des nouveaux ajustements demandés.

Un rôle important doit être réservé à la place de Dakar. Il faut que les flux et les devises passent, dans la mesure du possible, par les banques locales et profitent au maximum à l’économie locale et la région.

La banque est très liquide, elle compte le rester. Mais le défi, pour nous, banque locale, qui n’est pas une filiale de groupe, est de faire grandir notre bilan de manière posée et équilibrée, de renforcer nos fonds propres, tout en préservant une marge bénéficiaire acceptable pour nos actionnaires de long terme.

Pour être crédible face aux grands clients et davantage accompagner le développement de l’économie ouest-africaine, il faut grandir, mais de manière totalement maîtrisée, sur des clients et des métiers que nous aurons finement choisis.

À ce titre, les règles bâloises, sur lesquelles se fondent les réglementations de la Bceao et de la Commission bancaire de l’UMOA, représentent une boussole pour bien orienter nos services dans le sens d’un suivi permanent du risque opérationnel et de marché, et d’une meilleure connaissance de la clientèle et un renforcement du dispositif de contrôle.

Quels sont les secteurs prioritaires ? Êtes-vous intéressé par le financement de l’industrie du pétrole qui sera bientôt en exploitation ?

Nous avons une appétence particulière pour tous les grands secteurs de l’économie sénégalaise : l’agriculture et l’agro-industrie, l’élevage et l’aviculture, le négoce international de matières agricoles et premières, mais aussi le secteur de la santé, le tourisme vert, le développement durable.

Les grandes et les petites sociétés nous intéressent. Tous les projets d’entrepreneurs qui concourent à donner à l’économie, essentiellement importatrice, une certaine autonomie, de la sécurité ou une forme de développement inclusif, dans le respect des populations et de la nature, tout cela nous intéresse.

Vu notre actionnariat, la composition de notre conseil d’administration et l’origine d’une partie de nos cadres, nous avons un ADN particulier à servir le monde de l’énergie : gaz, pétrole, mines, mais aussi les énergies renouvelables !

Nous avons créé un département Énergie, avec des analystes et des banquiers aguerris du secteur. Nous sommes donc positionnés sur le secteur et comptons progressivement apporter conseils et compétences sur ces métiers.

Car, il faut le reconnaître, ces financements sont très spécialisés et nécessitent des ressources humaines et financières importantes. Elles ne sont pas accessibles à des banques de notre taille sans partenaires importants, réseau que nous sommes en train de constituer.

De plus les marges sur ces opérations de prestige sont souvent faibles, il faut donc avoir une taille et une profondeur de bilan importante.

Le partenariat avec la BOAD et nos relations avec divers grands correspondants internationaux sont des atouts précieux pour avancer sur ces sujets complexes.

Le pétrole est, aujourd’hui, beaucoup discuté au Sénégal et c’est bien normal, les enjeux de ces découvertes ouvrent la voie à un projet de société structurant, tant pour le pays que pour l’Union ouest-africaine. Pour en tirer parti de manière durable, il faut que ses effets se diffusent dans l’économie et que tous ses pans puissent en être pleinement irrigués.

Le président Diao et son équipe d’experts travaillent sur le projet de créer une banque depuis au moins dix ans, mais je dois reconnaître qu’il est très stimulant d’avoir ouvert la banque à ce moment charnière de l’économie sénégalaise !

À mon sens, il ne faudrait pas risquer une situation ou tout serait fait à l’international, en offshore, par des compagnies et des banques étrangères.

Pour que les retombées nationales soient réelles, il faut, non seulement des transferts de compétence en matière d’ingénierie, de la formation pour travailler en plateforme pétrolière etc., mais aussi un plan de financement large et inclusif : c’est-à-dire que les banques locales doivent prendre leur part, sinon la tête, d’un pool bancaire international qui va certainement se constituer.

Un rôle important doit être réservé à la place de Dakar. Il faut que les flux et les devises passent, dans la mesure du possible, par les banques locales et profitent au maximum à l’économie locale et la région.

2 réponses à “Olivier Santi* : Notre ADN est particulier”

  1. Author Thumbnail Jeremie KONGUEP dit :

    Monsieur le Directeur Général

    Très heureux de vous retrouver à la tête d’une banque : l’accomplissement d’une passion: la finance et d’un amour: l’afrique.

    Je suis Jérémie KONGUEP Expert Comptable confrère d’un ami commun aujourd’hui décédé Gustave TCHOUGANG. BNP GENEVE a vu naitre et grandir notre amitié.

  2. Author Thumbnail J. KONGUEP dit :

    Monsieur le Directeur Général

    Très heureux de vous retrouver à la tête d’une banque : l’accomplissement d’une passion: la finance et d’un amour: l’afrique.

    Je suis Jérémie KONGUEP Expert Comptable confrère d’un ami commun aujourd’hui décédé Gustave TCHOUGANG. BNP GENEVE a vu naitre et grandir notre amitié.

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