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NYFA , une passerelle entre les décideurs

  • Publiéjuin 9, 2015

Puisque vous aimez, justement, la notion de partage : vous avez ce savoir-faire et cette volonté de faire savoir à travers cette grande manifestation. De quelle manière les Africains bénéficient de ce retour d’expérience ? 

Ils en bénéficient à plusieurs niveaux. D’abord, depuis quatre ans, nous avons formé de jeunes Gabonais à nos métiers. Entre la première édition en 2012 et l’édition 2015, de nombreux Gabonais ont rejoint nos équipes. Nous facilitons ainsi le transfert de connaissances et de technologies. Nous travaillons avec des techniciens que nous avons formés, dans le son, dans les lumières, dans les décors, dans les métiers de l’événementiel. Nous travaillons main dans la main, en transférant nos modestes compétences, avec les experts en communication. Nous travaillons également sur les contenus. Voilà le premier apport local. 

Ensuite, nous avons contribué, de par nos réseaux, de par les personnalités qui nous font confiance ; certaines ne seraient pas venues au Gabon sans le Forum. Nous avons réussi à établir des passerelles entre de jeunes entrepreneurs et des investisseurs potentiels ou des personnalités qui les inspirent. Voilà du concret ! 

Quand je viens à Libreville, et que je demande à des jeunes ce qu’ils veulent, ils nous disent ce que devrait être le programme, sur la base de ce qu’ils ont vécu lors des éditions précédentes, où ils ont pu non seulement rencontrer des gens mais transformer leurs projets. C’est pour cela que nous avons créé cet African Citizen Summit, ce sommet du citoyen africain qui se tient en marge du NYFA, dont la deuxième édition aura lieu cette année. Enfin, nous avons également créé le début d’une industrie qui, à mon avis, ne va aller qu’en croissant, comme nous l’avions fait à Marrakech, voici près de 20 ans. Rien n’existait et aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine sans que le Maroc, et Marrakech en particulier, n’accueille de grandes conférences. Au Sénégal, le sommet de la Francophonie a inspiré un certain nombre de personnes et nous avons transféré nos technologies. Des équipes de mon groupe sont en train de former des collègues et amis sénégalais, pour être totalement autonomes, à l’avenir, sur la gestion même des systèmes d’accréditation, de badges, etc., pour les conférences à venir. Nous les avons formés sur nos systèmes, et nous leur avons ensuite cédé nos logiciels de gestion. Nous l’avons fait au Rwanda, au moment des assemblées annuelles de la BAD. Nous avons aidé des collègues rwandais à se former à ces métiers très sophistiqués, qui consistent à organiser des grandes conférences internationales. Et je pourrais continuer… 

Êtes-vous angoissé par l’avenir concernant la poursuite de cette expérience ? 

Au contraire ! Je suis passionné par ce que je fais. Je suis extrêmement optimiste sur le fait que ce continent progresse à la vitesse de la lumière. Ce qu’il faut – et je n’ai pas la solution, mais j’espère y contribuer modestement – c’est mettre en place un cercle vertueux de diversification économique des pays africains. Il faut expliquer dans ces pays qu’il n’y a pas de sots métiers, pour préparer les jeunes à changer de mentalité et à accepter d’aller vers des secteurs d’avenir. L’Afrique ne va pas échapper à la robotique. L’Afrique ne va pas échapper à l’intelligence artificielle. L’Afrique ne va pas échapper à la transformation des médias. Il faut former les jeunes pour qu’ils soient en adéquation avec l’économie d’aujourd’hui et de demain. Et ne pas les laisser sur le bord de la route. À vrai dire, ce qui « m’angoisse », moi, qui suis très impatient, c’est cette interrogation : « Que peut-on faire encore et encore pour que les politiques nationales, régionales, continentales, les partenariats entre l’Europe et le Sud, entre l’Est et l’Ouest, permettent à ces jeunes d’aller plus vite ? » Il nous faut les accompagner dans leur acquisition de connaissances, par la formation professionnelle, la formation continue, etc. C’est ma seule motivation : créer des plateformes comme le NYFA, pour faire venir des gens qui n’auraient jamais mis les pieds en Afrique, afin de découvrir notre continent. On ne peut pas en parler depuis Paris, Londres, Genève… Il faut vraiment y aller pour découvrir cette Afrique et comprendre les Africains, connaître les cultures, pénétrer les problématiques et saisir les opportunités. Et ensuite, mettre en place des programmes, des projets, pour que la diversification économique crée des emplois. 

Quels sont vos défis de ces prochains mois ? 

Tous les pays représentent des défis ! Au même titre que nous avons beaucoup parlé de l’Afrique francophone, à l’exception du Rwanda… Nous pourrions aborder des problématiques au Nigeria, en Afrique du Sud : ces grands colosses ne doivent pas s’effondrer. Parce que ce sont des locomotives. Quand vous voyez que l’économie nigériane repose encore – à plus de 80 % si ce n’est davantage – sur le pétrole…, vous ne pouvez que conclure qu’à l’évidence, ce pays doit accélérer la diversification de son économie ! C’est un impératif pour ce pilier de l’économie africaine. Idem concernant l’Afrique du Sud, qui mérite plus que jamais sa place au sein des BRICS. 

Partout dans le continent, on trouve des compétences, des expertises, et la volonté. La Tunisie se stabilise. En Égypte, qui était dans le chaos pendant un long moment, nous avons eu l’immense honneur d’organiser la conférence économique de Charm-el-Cheikh It is the Future il y a quelques mois. Qui aurait dit que l’Égypte, en trois jours, aurait pu mobiliser plus de 30 milliards $ ! Qui ne sont pas que des dons : General Electric, Siemens, le groupe pétrolier Eni… ont investi. 

Quand les participants viennent à une telle plateforme, ils attendent des initiatives, du concret, des résultats, loin de toute vocation commerciale. 

À propos de l’Afrique, peut-on raisonner sur le plan de sa communication, en termes de branding ? 

Bien sûr ! Dès la première édition du NYFA, nous avons introduit le concept de Branding Africa. Mais comme toute marque, elle a ses diversités. Pour prendre une analogie, le groupe L’Oréal a été mon client pendant 20 ans ; quand on travaillait à Branding L’Oréal, on a d’abord mis en avant la diversité du groupe : ses différents métiers, ses différentes cultures, etc. Eh bien, l’Afrique, quand elle va se « brander », elle doit montrer ses diversités, ses paradoxes, ses points forts et ses points faibles. Nous ne vivons pas dans un monde parfait. Par conséquent, il faut au contraire s’enrichir de nos différences, de nos tolérances, de nos contradictions, de nos complexités et de nos difficultés. 

Écrit par
African Business french

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