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« Empire du poulet » : Alou Naba Maïmouna imbattable

«Des poulets importés d’Asie, notam­ment de Chine, sont vendus entre 1 250 F.CFA et 1 500 F.CFA, alors que pour avoir un pous­sin, il nous faut investir cette somme », ajoute-t-il. Les productions de chair représentent 20 % à 25 % de l’effectif des fermes modernes, tandis que l’élevage pour la production des oeufs constitue 75 % à 85 % de l’exploitation avicole. Les oeufs sont importés de plusieurs pays, notamment le Nigeria, le Ghana, le Maroc, l’Algérie et la France.

Une demande croissante

Un défi majeur pour l’aviculture tradi­tionnelle nigérienne spécialisée dans la production de la chair, les oeufs étant consi­dérés comme un surplus qui n’est pas pris en considération. Forte d’une formation finan­cée par CTB-Niger (Coopération technique belge) à Dakar, la promotrice de Poulet du pays a instauré un système d’abattage pour permettre « une petite concurrence » aux poulets importés d’Europe, localement appe­lés « Ma tête en Europe ».

Il s’agit de permettre aux consommateurs de se procurer la partie de la volaille dont ils ont besoin. « Que ce soit le poulet de chair produit par les aviculteurs locaux ou le poulet local, je découpe pour vendre selon la bourse du consommateur », explique Naba Maïmouna.

Le secteur avicole nigérien en général bénéficie d’un regain d’intérêt de la part des décideurs politiques, des bailleurs de fonds et des producteurs. Au-delà de la croissance démographique, le Niger est appelé à four­nir des efforts pour produire de la protéine aux moindres coûts.

Or, la protéine la moins chère et la plus facile à produire est celle issue des animaux à cycle court, comme la volaille. Pourtant, les producteurs locaux n’arrivent pas à satisfaire les besoins en poulet et en oeufs. « Jusqu’à présent nous n’arrivons pas à couvrir 30 % des besoins. À nous seuls nous ne pouvons pas. Il faut mobiliser des ressources importantes », concède Adamou Aboubacar.

D’autant que le marché de Niamey présente deux types de consommateurs. D’une part, la population locale qui a un intérêt pour les oeufs importés et le poulet de brousse, d’autre part, la population expatriée dont l’intérêt porte sur les oeufs frais et les poulets de l’éle­vage moderne.

Pour faire face à la demande, les profes­sionnels analysent le potentiel maximal des poulets traditionnels afin de les mettre en exploitation industrielle. « Ces études vont prendre en compte la génétique du poulet tradi­tionnel qui ne bénéficie pas d’assez de soins, mais qui résiste, contrairement aux poulets de ferme qui doivent être entourés de tous les soins possibles », explique Adamou Aboubacar. « Nous sommes en train de voir comment prendre les pondeuses reformées pour les amener aux femmes rurales afin qu’elles aient des poulets qui ont plus de poids », renchérit Naba Maïmouna qui espère ainsi produire des poulets plus lourds et plus compétitifs.

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