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Niger: Mieux répondre aux besoins

Niger: Mieux répondre aux besoins
  • Publiénovembre 13, 2014

Faibles rendements

On le sait, l’agriculture nigérienne est fortement dépendante de la pluviométrie. La zone agricole couvre environ 20 % du terri­toire national et là aussi, la pluviométrie est devenue irrégulière dans l’espace et dans le temps. Aussi, la production agricole est soit affectée par la sécheresse, soit par l’invasion acridienne ou par les deux phénomènes à la fois.

Ce qui a des effets désastreux sur la situa­tion vivrière globale et l’économie d’un pays où 80 % de la population vit essentiellement de l’agriculture.

L’insécurité alimentaire s’explique aussi par un faible rendement. « Les performances actuelles de l’agriculture nigérienne sont faibles avec des rendements extrêmement modestes, stagnants ou en baisse, une production augmen­tant parfois de 2,5 % par an ou évoluant en dents de scie, mais toujours avec un taux de croissance inférieur à celui de la population (3,9 % en 2014) et des superficies en forte augmentation », explique Adam Toudou, doyen de la faculté d’agronomie de Niamey.

Pour atteindre les objectifs de l’i3N, quatre axes majeurs ont été identifiés, notamment celui de l’accroissement et de la diversifica­tion des productions agro-sylvo-pastorales et halieutique. Ainsi, pour l’amélioration des niveaux de rendement des cultures pluviales diversifiées, la priorité porte sur l’accès des producteurs aux facteurs de production, aux technologies et à l’information.

Ce programme inscrit dans le PDES 2012-2015 vise à augmenter de 35 %, les rendements sur un quart des superficies cultivées. Pour les autorités nigériennes, le pays doit nécessairement tendre vers une mécanisation de son agriculture s’il espère nourrir l’ensemble de sa population. Nous avons lancé « le processus d’acquisition de 1 500 tracteurs à usages agricoles multiples», fait observer le ministre de l’Agriculture.

Un nombre jugé « insuffisant » par FUGPN-Mooriben « eu égard au nombre de communes à fortes potentialités agricoles ». Subventionné à 50 % par l’État du Niger « à travers ses ressources internes », cet équipe- ment permettra la mise en œuvre « efficace et efficiente » de l’i3N. « En décidant de couvrir le territoire national par ces 1 500 unités de tracteurs en une année, le gouvernement concrétise l’engagement d’épargner le Niger de la malnutrition », soutient le ministre de l’Agriculture.

 Des tendances lourdes

Certes, « mais la mécanisation suppose des sols qui s’y prêtent physiquement. Or, la majorité des sols agricoles du Niger sont dits sableux et donc fragilisés », indique le professeur Toudou, pour qui « généraliser la mécanisation au Niger sera un atout de taille si, en même temps sont créées les conditions de sa pérennisation ». Il faudra avant tout « passer à des techniques intermédiaires », recommande Seydou Traoré, agro-météorologue au centre régional Agrhymet.

Les problèmes actuels de l’agriculture nigérienne peuvent se résumer par des tendances lourdes, mais sur lesquels il est difficile d’agir. Tout d’abord, le défi démographique. Le Niger compte, selon le dernier récemment de la population, plus de 17 millions d’habitants. Environ 87 % de cette population sont des producteurs ruraux. Parmi eux, 17 % seule- ment sont alphabétisés. En outre, 50 % des Nigériens ont moins de 15 ans.

Autrement dit, une frange de la population non astreinte à la production, mais très grande consommatrice de produits agricoles. Aux défis démographiques, s’ajoute la dégradation de l’environnement qui résulte, selon Adam Toudou, du défrichement accéléré des terres, de l’appauvrissement des sols, de l’ensablement des cours d’eau et vallées fertiles et de la prolifération des plantes envahissantes. Enfin, les Nigériens pauvres ont une très faible capacité d’investissement. Plus que la pauvreté, c’est la vulnérabilité qui guette les agriculteurs du Niger, « une situation d’exposition quasi-permanente à des risques et incertitudes de toutes sortes ». D’autre part, les politiques agricoles, parfois mal définies, n’ont pas été couronnées de succès, ces 20 dernières années. Néanmoins, le potentiel est là : sur les 15 millions d’ha cultivables, seuls 8 millions environ sont exploités. Plus de 270 000 ha de terres sont irrigables, mais moins de 20 000 ha le sont actuellement. « Pour s’affranchir des effets pervers et récurrents des sécheresses, le salut viendra de la maîtrise de l’eau pour les cultures », estime Seydou Traoré. « En maîtrisant toutes ces ressources, le Niger parviendra à mieux organiser le combat contre les effets des changements climatiques, à accroître les rendements des cultures pluviales, et à promouvoir l’agriculture irriguée », pour faire de l’agriculture un moteur du développement. À partir d’une économie à structure primaire, le Niger doit, grâce à une extension progressive des productions agricoles, parvenir à une économie complexe répondant aux exigences du développement économique. 

Écrit par
African Business french

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