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Niger : Des fonds à convertir en projets

Lors d’une réunion tenue mi-décembre à Paris, le Niger a obtenu 23 milliards de dollars de promesses de financement pour son Plan de développement économique et social, une somme bien plus élevée qu’attendu. Pour quelles utilisations ?

 Par Marie-France Réveillard

 A son tour, le Niger a organisé, mi-décembre 2017 à Paris, des rencontres avec quelques centaines d’invités triés sur le volet, afin de diver­sifier ses sources de financement, sous le label « Conférence de la Renaissance ». Tandis qu’il espérait 17 milliards de dollars, le pays a récolté 23 milliards $ de promesses d’investissement.

Pour convaincre les investisseurs, l’accent a été porté sur « la transformation du monde rural » et le renforcement du « secteur privé », l’explique Kane Aichatou Boulama, ministre du Plan et cheville ouvrière de ces journées nigériennes.

Pour le banquier : « Nous regardons le business plan et sa durée : quelle sera la continuité des projets ? Pour combler les déficits structurels, l’État doit s’engager à tenir ses engagements sur la durée».

Là où il ambitionnait de recueillir direc­tement 7 milliards $ des bailleurs de fonds, le Niger est finalement reparti avec des promesses de 12 milliards. La deuxième jour­née, consacrée aux secteurs de l’énergie, des télécommunications ou de l’agro-industrie, a permis de lever plus de 10,3 milliards $, l’ob­jectif initial étant de 10 milliards $. Malgré des annonces impressionnantes, le Niger est-il en mesure d’absorber les fonds promis pour transformer ces promesses en réalité ?

Les « clés » pour rassurer les investisseurs

L’attractivité du Niger pour les investis­seurs repose sur divers prérequis, comme l’ont rappelé les participants à la Conférence de la Renaissance. Primo, la sécurité, qui reste un défi permanent. « Nous avons invité le monde à voir le potentiel du Niger pour que les investisseurs changent leur point de vue sur notre pays qui est “sûr”. Nous subissons des attaques sporadiques, mais nous dépensons 10 % de notre budget dans la sécurité, ce qui est un engagement fort du gouvernement », rassure Boubacar Zakari Wargo, le secré­taire permanent du Haut Conseil pour l’investissement qui souligne qu’au­jourd’hui : « le risque zéro n’existe nulle part ».

Secundo, le développement des infras­tructures de transports et du réseau routier, et aussi la généralisation de l’énergie, restent indispensables pour soutenir la croissance. Dans un « pays électrifié à 11 % et seulement 0,7 % en zone rurale, le défi est de taille », recon­naît Amina Moumouni, ministre de l’Énergie.

Tertio, l’allégement des procédures régle­mentaires et juridiques qui soutiennent le PDES : « Nous avançons pour créer un guichet unique. Le fonds de troisième génération va se renforcer et un nouveau cadre pour faciliter l’ac­cès au financement sera effectif d’ici à quelques mois », annonce Boubacar Zakari Wargo.

L’environnement des affaires s’améliore

Les partenariats public-privé font désor­mais l’objet d’une nouvelle législation et le ministre conseiller en charge du Doing Business du Niger considère qu’avec les résultats encourageants du pays, les feux sont désormais au vert pour les investis­seurs : « Il y a cinq ans, le Niger occupait le 176e rang du Doing Business. En 2017, le pays affiche 32 places de mieux au niveau mondial ; les réformes couvrent tous les indicateurs».

Les résultats seraient la conséquence d’une nouvelle stratégie : « Nous avons mis l’accent sur la création des entreprises, l’exécution des contrats, le transfert de propriété, le raccorde­ment de l’électricité mais aussi l’amélioration de la réglementation juridique».

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