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Niger : Une classe moyenne instable

  • Publiéjuillet 29, 2017

Des raisons d’espérer

En 2014, la proportion de ménages appar­tenant au « noyau dur » de la classe moyenne (intersection entre l’approche monétaire et l’approche non monétaire) est de 26,1 % contre 24,6 % en 2011 ; celle de la classe des défavorisés est de 23,4 % contre 31 % en 2011 et celle de la classe des aisés est de 4,1 % contre 2,9 % en 2011.

Ainsi, plus de 26 % de la population nigé­rienne répond en 2014 à la fois et de manière plus robuste, aux deux critères d’appartenance à la classe moyenne, contre 24,6 % en 2011.

«Nous avons procédé à l’intersection des deux approches et nous sommes parvenus à un noyau dur qui est considéré comme le noyau le plus stable», explique Maïmouna Ali Boulhassane Ousmane, une des auteurs de l’étude de l’INS “ L’émergence d’une classe moyenne et la réduction des inégalités au Niger ”.

En se basant sur les tendances obser­vées entre 2011 et 2014, la statisticienne fait part de son optimisme : « Si les mêmes tendances se confirment, on pourra observer d’ici à dix ans les 50 % recherchés par le gouvernement. »

Appréciant les résultats de l’étude de l’INS, le représentant résident du FMI au Niger avance un autre argument développé par l’Institution : « A priori, il s’agit de résultats vraisemblables, corroborés notamment par la baisse de l’indice de pauvreté, qui est passé de 48 % à 45 % sur la période.»

Une tendance à consolider

Si la tendance donne de véritables raisons d’espérer, il n’en demeure pas moins que cette classe moyenne reste instable. En réalité, il s’agit d’une classe moyenne dont la majorité des ménages – hors « noyau dur », donc – peuvent tomber à tout moment dans la pauvreté.

«Nous sommes arrivés à un résultat où les indépen­dants agricoles dominent», relève Maïmouna Ousmane. En effet, 80 % de la population vit en milieu rural, avec une prédominance des agriculteurs.

Sauf que l’agriculture elle-même est soumise aux aléas climatiques. C’est donc l’«effet population » qui a fait que les indépen­dants agricoles dominent la classe moyenne. «Normalement, dans une classe moyenne, ce qui est recherché, ce sont surtout les intellectuels. Par exemple, on peut parler des ingénieurs, des professeurs, des médecins. Toutes ces catégories de personnes devraient normalement être domi­nantes dans la classe moyenne », reconnaît-elle.

Parler de l’émergence d’une classe moyenne portée par les indépendants agri­coles n’est toutefois pas incongru. « Malgré les multiples contraintes auxquels l’agriculture est soumise, le secteur constitue un réel potentiel de développement. Rien de surprenant que des activités génératrices d’importants revenus se développent dans le secteur primaire, notam­ment au niveau de l’élevage, des cultures irri­guées et de produits agricoles commercialisés sur le marché régional comme le niébé », explique Joseph Ntamatungiro.

«Le défi consiste pour le pays de perfectionner son agriculture pour qu’elle soit une agriculture à même de favoriser l’autosuffisance alimentaire aux populations », renchérit Maïmouna Ousmane qui plaide pour une aide des partenaires du Niger afin d’aider le pays à consolider sa classe moyenne.

Pour accompagner cette consolidation, Joseph Ntamatungiro propose d’abord que le pays maintienne un cadre macroéconomique stable, de nature à promouvoir l’épargne et l’investissement. « Ensuite, le FMI assiste le gouvernement du Niger au niveau des réformes structurelles, en particulier en matière de gestion des finances publiques et d’amélioration du climat des affaires. Enfin, un accent particulier est mis sur la croissance inclusive, basée notamment sur une plus grande contribution de la femme », conclut le représentant-résident du FMI.

Écrit par
Sani

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