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Nacer Aberhouche, PDG de Tala Assurances

Tala Assurances détient le plus grand réseau de distribution d’Algérie et pèse 16 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sa cible : un marché potentiel de 15 millions de personnes, soit 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Alger, Samia Lokmane-Khelil

L’assurance de prévoyance, de santé et d’épargne reste encore un marché peu exploré en Algérie. Un peu moins d’une dizaine d’années après le lancement de ce produit spécifique, la plupart des compagnies ont encore du mal à capter la clientèle. À ce jour, une seule a été capable de se hisser au sommet, en se rendant visible et attractive. Cette société fondée en 2011 est Tala (abréviation de Taamine Life) Assurances, une filiale de la CAAT (Compagnie algérienne des assurances), du Fonds national d’investissement et de la Banque extérieure d’Algérie qui détiennent respectivement 55%, 30 % et 15 % du capital.

À la tête de Tala Assurances, Nacer Aberhouche est nommé PDG au moment de la création de la société. Pour expliquer sa longévité, il suffit de jeter un oeil à son bilan très positif. En sept ans, ce transfuge de la CAAT (où il a occupé des responsabilités de chef d’agences), a réussi à tisser un réseau dense de distribution (quatorze agences propres et de nombreux agents généraux) à travers toute l’Algérie. « Nous sommes la seule compagnie à ouvrir une agence dans le grand Sud algérien, en l’occurrence à Ouargla », fait-il remarquer avec fierté. En mai, Nacer Aberhouche inau­gurait sa quatrième agence à Alger.

Un souci permanent d’innovations

L’occasion lui a été donnée de s’attarder sur les succès de sa compagnie, la seule d’après lui qui a réussi à dépasser la barre des 2 milliards de dinars (16,5 millions d’euros) de chiffre d’affaires. « Nous avons atteint nos objectifs, en matière de chiffre d’affaires et de réseau de distribution, grâce aux efforts fournis par la société et la stratégie déployée. » Il compte aller plus loin, d’autant que le marché offre de belles perspectives d’affaires. « Le poten­tiel est énorme. Il est évalué à 15 millions de personnes », s’enthousiasme le patron de Tala Assurances qui estime le potentiel des primes à 4,5 milliards d’euros en Algérie.

« Le niveau de vie des Algériens s’est amélioré d’une manière remarquable ces dernières années. Les besoins ont évolué en matière d’assurance et on peut y répondre. Il suffit qu’un quart de la population, soit dix millions de personnes, soit déclaré aux dispositifs d’assurances pour que le chiffre d’affaires global atteigne plusieurs milliards d’euros ! » Tala Assurances exploite un quart du marché des assurances des personnes. Environ une dizaine de compagnies se partagent ce secteur qui a contribué, avec un taux de 18 %, à l’évolution de l’activité globale des assurances dans le pays.

Comme ses concurrentes, la filiale de la CAAT mise sur l’information et la sensibili­sation pour attirer de nouveaux clients. « Tala Assurances table, dans ce cadre, sur l’innova­tion et le ciblage de catégories spécifiques de clients. La compagnie compte par exemple sur un produit “ triangulaire ” qui combine assurance et assistance pour la catégorie des sportifs (amateurs, professionnels et de haut niveau). Il englobe trois types de contrats : un contrat de base pour la couverture du risque, en cas d’accidents liés à l’activité du sportif, une couverture d’assistance locale et une assistance à l’étranger », explique le PDG.

Relais de croissance

Sa compagnie commercialise actuelle­ment une gamme de six produits classiques, dont l’assurance de retraite complémentaire. Cette dernière offre est spécifique à Tala. Qui entend la généraliser en expliquant son utilité au public. « Il faut faire comprendre aux gens qu’il s’agit de leur argent et qu’ils peuvent en disposer et le retirer quand ils veulent », insiste Nacer Aberhouche.

Toujours à l’affût de segments porteurs, le jeune patron songe déjà aux nouveaux produits. « Nous avons de nombreuses pistes, notamment l’émergence des garanties d’assis­tance qui peuvent tirer le marché vers le haut. De son côté, le développement de l’assurance santé qui passera, de plus en plus, par le tiers payant, avec la contribution de plus en plus grandissante du secteur de santé privé et la mise à contribution des assurances économiques dans le financement du système national de santé, prévue dans le projet de nouvelle loi sur la santé », précise-t-il au site Maghrebemergent. Pour mieux diffuser ses produits, il entend s’appuyer sur le réseau bancaire, un autre chantier qu’il a entamé à travers la signature de partenariats avec des établissements financiers importants comme la BDL (Banque de déve­loppement local), la BEA (Banque extérieure d’Algérie) et la CNEP (Compagnie nationale d’épargne et de prévoyance). Tala Assurances a pris l’initiative d’organiser une formation au profit de 120 agents bancaires afin de les familiariser avec la commercialisation des produits d’assurances.

Autres relais, sa stratégie de vente auprès des collectivités locales pour lesquelles la compagnie a organisé plusieurs séminaires d’information. Tala s’est engagée, avec les autres sociétés du secteur, au sein de l’Union algérienne des socié­tés d’assurance et de réassurance, dans une campagne d’informa­tion globale. « Pour faire émerger ce marché relativement nouveau en Algérie et rattraper le retard, tous les acteurs du marché doivent améliorer, dans un effort commun, la communication en direction des assurés et aller vers de nouveaux mécanismes de développement et de commercialisation des assurances », préconise Nacer Aberhouche.  

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