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Mohamed Kagnassy, conseiller du président Condé

L’objectif final, c’est d’arriver à l’autosuffisance alimentaire et à l’augmentation des revenus du plus grand nombre de Guinéens par rapport aux années précédentes. Pour le président Alpha Condé, la croissance réelle est l’augmentation des revenus du plus grand nombre des populations à la base. Que tous ces millions de Guinéens dans le milieu rural voient leur revenu augmenter à travers l’agriculture et l’élevage. Dans cette vision de développement de l’agropastoral, le Président accorde également une grande importance à la production de la viande et du lait. C’est pourquoi, il a entrepris depuis quelques années le croisement des races locales et étrangères.

Certes, mais si la main-d’oeuvre est abondante, elle reste sous-qualifiée. N’est-ce pas un handicap ?

Plusieurs facteurs entrent dans la réussite agricole. Parmi ceux-ci, figure effectivement la main-d’oeuvre. Avec l’accompagnement des partenaires comme OCP du Maroc, nous avons de quoi espérer. Je dirai plutôt que la main-d’oeuvre est longtemps restée non équipée. Que ce soit les ingénieurs agronomes tout comme les paysans, personne n’avait accès facilement aux équipements nécessaires.

Aujourd’hui, les choses changent. À la place des produits génériques qu’on prenait sur le marché, les partenaires vont créer une usine de fabrication de produits phytosanitaires. Quant aux engrais, nous n’avons plus de problèmes pour les avoir. En plus, la cartographie des sols est devenue une réalité tout comme l’utilisation des drones agricoles. Voilà des actions concrètes qui visent à sécuriser nos cultures et à maximiser la production. Sur le terrain, l’adaptation technique ne peut pas se faire sans le paysan. On doit la faire avec lui. Et en le faisant avec lui, il acquiert forcément des connaissances.

Le pays manque d’ingénieurs agronomes, souvent partis vers d’autres secteurs d’activité. Faudrait-il davantage motiver les jeunes à s’intéresser à l’agronomie ?

L’éternel recommencement est un handicap qui n’est pas le propre de la Guinée ! Un peu partout sur le continent, et dans tous les domaines, ce problème existe. On ne peut pas accumuler en recommençant. Pour développer les filières agricoles, on a besoin aujourd’hui de la technologie, mais aussi de l’expérience.

Or, la plupart des anciens qui connaissent la réalité agricole guinéenne sont aujourd’hui à la retraite tandis que d’autres se sont réorientés, comme vous le mentionnez. Mais, les contextes n’étant plus les mêmes, la technologie peut compenser beaucoup de défaillance pour nous adapter aux réalités. Aujourd’hui, on parle moins d’agriculture que d’agrobusiness. Et l’agrobusiness demande de la semence améliorée, des drones, des fertilisants, du phytosanitaire, de la mécanisation…

Avec les nouvelles techniques, produire toujours plus et toujours vite est devenu plus facile qu’avant. Alors, l’agriculture devient de plus en plus attractive dans notre continent. Dans certains pays d’Afrique, il y a plus de candidats à l’agriculture que de terres agricoles. En Guinée, ce problème de terre agricole ne se pose pas. D’ailleurs, nous avons essayé d’anticiper les choses en introduisant en Guinée différentes variétés adaptables aux différentes régions.

L’exception guinéenne, c’est que nous avons à la fois la forêt, la savane, les plateaux et le littoral dans un seul pays. Les cultures sahéliennes comme le coton peuvent prospérer en Guinée. Même les cultures d’Afrique orientale. Par exemple, avec l’introduction du café arabica en Guinée, la région de Moyenne- Guinée peut, à son tour, produire du café. Auparavant, avec la variété robusta, on ne pouvait produire le café qu’en Guinée-Forestière, au sud du pays.

L’autre handicap ne serait-il pas le manque de structures de financement de l’activité agricole ?

Vous avez raison, il manque encore de structures de financement des activités rurales. Je préfère parler d’activité rurale. Parce que dans ce milieu, il n’y a pas que l’agriculture. Mais l’organisation est en train de se faire dans ce sens. Nous misons, entre autres, sur le Mobile Banking. Il faut en même temps aider les acteurs ruraux à pouvoir monter des projets bancables. Ce qui reste clair, un plan de développement rural doit prendre en compte des structures de financement dédiées à ce secteur.

Les Guinéens, notamment les paysans, arrivent-ils à comprendre votre vision ?

Le domaine de l’agriculture a été à un moment délaissé, parce qu’il ne rapportait pas à beaucoup de ceux qui y investissaient. Les gens, y compris même des paysans, ont donc cherché à investir ailleurs. Et les conséquences, nous les avons senties. Avec toutes ses potentialités, la Guinée continue d’importer du riz !

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