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Les ministres de la Zone CFA arrimés au CFA

La France aujourd’hui est-elle capable d’innover et de rénover sa politique africaine?

Je pense que oui. D’abord, nous sommes beaucoup d’acteurs en France qui connaissent le sujet. Nous avons une certaine compétence pour mener ce genre de réflexion. Et nous devons être mus par une volonté collective. Individuellement, chacun possède cette volonté. Mais cela doit devenir un vrai sujet national, je n’ose presque dire, une ambition nationale. Oui, l’Afrique est une destination clé pour la France, dans beaucoup de domaines, et au profit du continent. Et il faut croire dans la capacité de l’Afrique, donc, il faut y être. Nous ne devons pas être frileux.

Très souvent, les Africains exigent d’être des partenaires. C’est toute la question aujourd’hui : comment associer l’Afrique, comment faire de l’Afrique un partenaire?

Les nouvelles générations qui sont arrivées aux affaires depuis vingt ou trente ans ont déjà modifié cette relation, qui n’est plus du tout la même que celle du passé. Elles nouent une relation de partenariat. Les jeunes dirigeants africains sont comme des jeunes Américains, des jeunes Anglais, des jeunes Asiatiques.

Ils sont ouverts au monde. Et les relations qui prévalaient il y a trente ans n’existent plus, à mon sens. Deuxièmement, cette idée de partenariat correspond tout à fait à la philosophie du CIAN et des entre­prises françaises. Nous n’arrivons pas en conquérants.

Les entreprises françaises ne peuvent réussir en Afrique que si elles offrent un bon produit ou un bon service, à un bon prix. Il n’y a pas d’alternative : il faut être bon et professionnel. Je plaide très souvent en faveur des partenariats que la quasi-totalité des membres du CIAN pratiquent déjà avec des partenaires africains. Il ne faut pas y aller seul, mais avec des partenaires locaux, et en développant toutes les actions possibles en ce qui concerne la santé, la formation professionnelle, le sociétal, la protection de l’environnement, etc.

On constate aussi une guerre économique féroce pour conquérir des parts de marché. Comment votre discours s’insère-t-il dans cette réalité ?

Nous devons prendre davantage de risques sur l’Afrique, donc nous devons y croire. C’est en ce sens que je dis que nous devons en faire une ambition nationale. Le Maroc, sous l’impulsion des plus hautes autorités de l’État, a décidé – ça n’a pas été une annonce mais ça se voit – de s’intéresser à l’Afrique subsaharienne. Les Chinois aussi, pour d’autres raisons, de matières premières entre autres.

Nous avons une relation très ancienne qui repose sur d’autres bases. Depuis vingt ou trente ans, nous n’avons pas eu besoin d’accélérer notre position en Afrique pour un motif tenant aux matières premières. Les Chinois, oui ! Le Maroc a pris cette orientation de développer ses activités économiques au sud du Sahara pour d’autres raisons. À chaque fois, vous trouvez certaines raisons historiques qui expliquent ces mouvements.

Nous devons nous y adapter, en reconnaissant d’abord que ces nouveaux acteurs ont apporté à peu près un tiers de la croissance du continent africain depuis vingt ans. Donc, nous pouvons regretter les nouvelles positions qu’ils occupent, les désigner comme de nouveaux compéti­teurs, mais il n’empêche que s’ils n’avaient pas été là, il y aurait peut-être deux ou trois points de croissance en moins en Afrique. Simplement, c’est à nous de défendre nos positions parce que cela correspond à notre intérêt, et parce que c’est bon, aussi, pour l’Afrique que nous aimons. 

Avec la collaboration de Guillaume Weill-Raynal

LIRE LA SUITE DANS LA VERSION PAPIER DE AFRICAN BANKER N°33 | Novembre – Décembre – Janvier 2018

  • Zone CFA 5 000 F.CFA • France et zone Euro 8€ • Algérie 600 DA • Tunisie 7 000 TD • Maroc 60 Dh • États-Unis $9,95 • Maurice 300 MR • Royaume-Uni £5,50 • Suisse 15 F

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