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Miloud Chaâbi campe sur ses positions

Le gendarme de la Bourse marocaine, le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) avait décidé un temps de suspendre les cotations de la SNEP, avant d’autoriser leur reprise, avec les conséquences logiques que l’on redoutait : des petits porteurs paniqués, choisissent de se défaire de leurs actions au plus vite, et à bas prix. Inéluctablement, s’en est suivie une dégringolade du cours.

Pour autant, la chute de l’empire Chaâbi n’est pas pour demain. Diversifiée, la holding couvre presque tous les secteurs d’activité de l’économie marocaine, et s’est brillamment exportée au-delà de ses frontières : Ynna Holding brasse, via ses filiales, des affaires dans le tourisme et l’industrie, l’agroalimen- taire, les BTP, le ciment, le papier et le carton, la pétrochimie, etc.

Fondé en 1948 par un homme parti de rien, et dont l’opiniâtreté et le courage ont contribué à bâtir la légende, le groupe a été le premier, au Maroc, à s’implanter dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne : Mauritanie, Sénégal, Guinée équatoriale, Côte d’Ivoire, Gabon, ou encore Mali. L’incontournable capitaine d’industrie, au regard d’acier, a ensuite fait des émules parmi les hommes d’affaires marocains.

Miloud Chaâbi s’est lancé dans un bras de fer avec deux groupes européens d’importance. Si la stratégie du magnat ne paraît pas claire, on peut y voir la nostalgie d’un self made man à retrouver l’action qui a toujours caractérisé sa vie.

Ce qui se déroule en ce moment à Casablanca laisse dubitatif. Pourquoi ne pas avoir renfloué les liquidités de deux filiales, si tant est qu’elles aient été en difficulté ? Pourquoi courir ce risque de brouiller ainsi son image auprès de ses actionnaires et des milieux d’affaires ? En l’absence de réaction des concernés, et devant l’attentisme prudent des spécialistes, on ne peut que se perdre en conjectures. Miloud Chaâbi s’est lancé dans un bras de fer avec deux groupes européens d’importance. Si la stratégie du magnat ne paraît pas claire, on peut y voir la nostalgie d’un self made man à retrouver l’action qui a toujours caractérisé sa vie. Et aussi, sans doute, à renouer avec cette sensation agréable qu’apporte l’adrénaline.

Aujourd’hui, Miloud Chaâbi se trouve donc en Égypte, pour y surveiller tranquillement ses – gigantesques – intérêts. Ynna Holding est notamment partie prenante dans la construction de Madinat Nasr, une ville nouvelle construite près du Caire, de 2 millions d’habitants.

À Casablanca, un des avocats des parties plaignantes ose cette boutade à la question de comprendre pourquoi le milliardaire refuse de payer ses créanciers : « C’est parce qu’il est pauvre… » Pourtant, le temps où Miloud Chaâbi n’était qu’un simple berger dans les environs de la ville balnéaire d’Essaouira est bien révolu : il y possède désormais un hôtel 5 étoiles. 

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