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African Business

Mieux aider les petits agriculteurs face aux changements climatiques

Face aux changements climatiques, l’agriculture bénéficie d’appuis importants, notamment en Afrique subsaharienne. Toutefois, souligne un rapport, cette aide ne cible pas assez les petits agriculteurs, pourtant les premières victimes.

Par Aude Darc

Malgré leur vulnérabilité disproportionnée face aux effets des changements climatiques, les petits exploitants agricoles des pays en développement ne reçoivent que 1,7% des financements climatiques. Cette part est minime au regard de leurs besoins, considèrent le Climat Policy Initiative (CPI) et le Fonds des Nations unies pour le développement agricole (FIDA).

En 2021, le FIDA lancera le Programme élargi d’adaptation de l’agriculture paysanne, un mécanisme de financement climatique conçu comme le plus grand fonds destiné à acheminer ces financements vers les petits producteurs, afin de les aider à s’adapter aux changements climatiques.

Ces deux organismes publient rapport, « Analyse du déficit de financement climatique pour la petite agriculture », qui détaille des flux de financements climatiques en direction des petits exploitants agricoles, ou agriculture dite « à petite échelle ».

Il a été publié à l’occasion du Sommet Finance en commun, qui a réuni pour la première fois, 450 banques publiques de développement, les 11 et 12 novembre 2020.

D’après le rapport, le financement à l’appui des mesures de lutte contre les changements climatiques a certes dépassé, pour la première fois, les 500 milliards de dollars, en 2017 et 2018, mais seuls 10 milliards $, chaque année, sont arrivés aux petits exploitants agricoles.

Les infrastructures à faibles émissions de GES (gaz à effet de serre) et résilientes au changement climatique ont reçu la plus grande part des fonds (36%). Suivies des investissements pour améliorer la production agricole au niveau des exploitations (14%) et l’amélioration des moyens de subsistance des communautés rurales en général (14%).

Environ 41% des fonds ciblaient les communautés rurales en général. « Cela semble concorder avec le fait que de nombreux projets pourraient adopter une approche holistique du développement rural dans laquelle ils visent le bien-être général des communautés rurales. »

Des petits exploitants en première ligne

Les financements bénéficiant aux petits producteurs individuels et aux coopératives représentent 31% du total de la petite agriculture. Ainsi, le financement climatique est-il fortement axé sur la production agricole au niveau des exploitations.

Une bonne chose, estiment les auteurs, car cette proximité élimine les obstacles liés au manque de connaissance par les agriculteurs de pratiques agricoles intelligentes face au climat.

Il faut poursuivre l’effort en direction des plus petites exploitations. Enfin, seuls 10% des fonds ciblaient les acteurs de la chaîne de valeur et les institutions financières formelles.

L’Afrique subsaharienne (36%), l’Asie de l’Est et Pacifique (20%) et l’Asie du Sud (16%) ont été les principaux bénéficiaires du financement climatique pour l’agriculture « à petite échelle ».

« Il est inacceptable que les personnes qui produisent la majeure partie des aliments consommés dans le monde et qui sont les plus exposées face à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, soient aussi celles qui bénéficient du plus faible appui », commente Gilbert Houngbo, président du FIDA.

« Les petits exploitants agricoles vivant sur des terres de faibles rendements sont en première ligne face aux changements climatiques. Ils devraient donc avoir accès aux financements climatiques qui leur sont indispensables pour adapter leur production. »

Barbara Buchner, directrice mondiale de CPI, confirme le diagnostic : « D’après nos observations, seul un faible pourcentage des fonds investis dans l’action climat à l’échelle mondiale parvient effectivement aux petits exploitants agricoles. » Ce manque de financement « pourrait avoir des effets désastreux, car les petits exploitants ont de toute urgence besoin d’un appui accru pour sauvegarder leurs moyens d’existence face aux changements climatiques », juge-t-elle.

Bien sûr, l’agriculture est souvent aidée, à grands coups de subventions, mais la dimension spécifique du changement climatique n’est pas assez prise en compte. En Afrique subsaharienne, neuf projets de financement sur dix ont des objectifs multiples.

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