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Michel Djombo, cofondateur de General Trading Company

Un nom bien connu au Congo, d’autant que son père, Henri Djombo, plusieurs fois ministre, est considéré comme l’un des piliers du système. Il doit se faire un prénom dans un contexte où le label « fils de… » peut se révéler handicapant : quels que soient les efforts que l’on fournit, on est toujours perçu comme un privilégié du système, un détenteur d’un sésame qui ouvre toutes les portes. En 2013, il crée, avec son frère Arnaud, une société qui installe des réseaux informatiques dans des ministères et des entreprises locales.

Le pari de l’agriculture bio

« Ce qu’on faisait était futile. Nous avions installé un réseau de vidéosurveillance dans un ministère, mais il éteignait l’électricité et toutes les lumières du vendredi au lundi. Le Congo avait-il de l’argent à gaspiller ? Je me suis posé la question avant de laisser tomber cette entre­prise », révèle-t-il. Michel Djombo se lance par la suite dans l’agriculture, avec sa société General Trading Company (GTC), sur un site acheté par son père à Maloukou, dans la périphérie nord de Brazzaville, en 2002. Il se documente sur la culture du palmier en savane, alors que cet arbre est habituellement cultivé en milieu forestier. Il comprend que le rendement est tentant. Cette activité le happe littéralement : ananas et maïs sont également cultivés sur ces terres.

« J’ai vite compris que si on augmentait la surface exploitée, le retour sur investissement serait rapide. Arnaud et moi avons ainsi gagné 500 000 euros, sans trop d’efforts, en un an. »

Après une longue discussion, les deux frères réinvestissent leurs gains dans l’agri­culture et d’après leurs projections, le chiffre d’affaires de GTC sera triplé dans 18 mois. L’agriculture bio ne le laisse pas indifférent.

« Je me suis lancé dans l’agriculture bio par pragmatisme, dans une démarche de recherche d’économies. Je tenais à diminuer la part des engrais dans notre activité. Cela fera sûrement des émules dans ce pays, car beaucoup de culti­vateurs n’ont pas facilement accès aux engrais. »

Tout marche comme prévu, au point que début 2018, l’huile de palme brute de GTC sera transformée en savons de lessive. Les machines commandées à cet effet arrivent au Congo sous peu. « Pour faire tourner une raffi­nerie, même semi-industrielle, il faut autour de 2000 ha. Aujourd’hui, nous en sommes à une surface de 460 ha plantée. Dans 18 mois, nous atteindrons cet objectif et nous passerons à un autre stade », explique-t-il.

Michel Djombo est en pourparlers avec le leader sénégalais de l’agriculture, Sedima, pour créer une filiale au Congo. Il s’agira, pour cette société, d’être présente dans toutes les étapes de la filière avicole, depuis la production d’aliments jusqu’à la production d’oeufs, de poussins et de poulets de chair. Le projet coûtera 15 milliards de F.CFA (22,9 millions d’euros). « Je veux reproduire ce schéma au Congo », assure-t-il.

Le jeune entrepreneur a également investi dans Pronet, une société de surveillance de bateaux en haute mer. Il réussit, grâce à son savoir-faire dans l’informatique et à son entregent, à mettre en route ce projet engagé par un ingénieur congolais. L’entreprise installe des balises GPS dans la centaine de bateaux qui constituent la flotte de pêche industrielle congolaise et à tout moment, Pronet est en mesure de localiser les chalu­tiers qui s’activent dans les zones où la pêche est interdite. En cas de violation, des alertes sont envoyées en temps réel et des sanctions peuvent tomber. Une petite révolution dans le secteur.

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