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« L’Afrique a beaucoup d’idées », dit Maurice Levy

Qu’est-ce qui vous fait bouger, aujourd’hui ? Vous semblez si jeune, et vous dépensez une telle énergie… Comment votre équation personnelle a-t-elle pesé sur votre parcours ?

J’ai la chance génétique d’avoir de l’énergie et un métabolisme bien équilibré. Je mets toute mon énergie, sur un plan privé au service de ma famille, et sur un plan professionnel au service de Publicis et de la communication. J’ai l’impression que rien ne doit nous arrêter… Rien ! Nous devons continuer en permanence. Et c’est cela qui est formidable ! C’est comme la bicyclette : vous pédalez, vous pédalez, et le jour où vous vous arrêtez de pédaler, la bicyclette tombe, et vous tombez avec !

Vous êtes un homme d’influence au coeur des médias et des grandes marques. Quel est votre tropisme ?

La meilleure façon de mener sa vie, c’est d’ignorer qu’on a de l’influence. Le jour où on commence à croire qu’on en a, on est perdu !

Mais vous fréquentez des hommes politiques, des grands chefs d’entreprise…

Vous pouvez avoir de l’influence, mais il ne faut pas surtout considérer que vous en avez. Moi, j’ignore que j’en ai. Parce qu’il ne faut pas croire qu’on agit à la place de ceux qui font. Il faut avoir la modestie de savoir où l’on est. Je n’ai jamais prétendu être un homme d’influence. Je suis parfois qualifié d’homme d’influence, mais je veux l’ignorer.

Publicis est un incubateur de nombreux talents. Vous avez « fabriqué » plein de gens qui ont essaimé ailleurs…

C’est effectivement le grand talent de Publicis, et pour commencer, de Marcel Bleustein-Blanchet. C’est juste extraordi­naire ! Cette maison a connu des collabora­teurs qui s’appelaient Pierre Dumayet, Pierre Desgraupes. Elle a travaillé avec Pierre Lazareff, avec les plus grands talents littéraires, artistiques, de grands metteurs en scène… Nous avons fonctionné un peu comme un aimant, en attirant les talents. Et cette magie qu’avait Marcel Bleustein-Blanchet, il l’a transmise à Publicis, et Publicis continue à être un aimant formidable pour attirer les talents, et pour exister sur la carte de ceux qui comptent. C’est une chose belle et rare, qui est assez unique dans notre métier. Il n’y a peut-être qu’une seule autre agence au monde qui présente les mêmes caractéristiques, c’est Dentsu au Japon. C’est une agence qui a exactement la même configuration que Publicis sur le plan de l’attrait. Nous exerçons sur tous les milieux

Nous vivons dans un monde en total bouleversement. Êtes-vous optimiste ? La croissance ne produit plus d’emplois, comme si les paradigmes n’étaient plus maîtrisables…

Vous avez raison. Quand on regarde ce monde, on peut avoir tout sauf de l’indifférence ; on peut soit s’en inquiéter, soit s’en réjouir. Et moi, je m’en réjouis. J’ai un optimisme formidable envers la science, l’innovation, la créativité… Toutes ces choses apportent énormément à l’humain. Je suis très heureux de toutes ces ruptures parce que je pense qu’elles nous enrichissent et qu’elles nous permettent d’être bien meilleurs pour l’avenir. Elles enrichissent aussi nos enfants. Elles leur permettent de voir les choses autrement et de faire des choses différentes. Alors bien sûr, ce qui se passe aussi dans ce monde nouveau – et c’est la chose la plus importante – c’est que toute innovation ouvre un monde d’opportunités. Et c’est ça qui est intéressant : nous sommes dans un monde d’opportunités.

Les défis sont grands…

Comment les choses se sont-elles passées à Publicis ? Il y a eu des défis colossaux. N’oubliez pas que Publicis était un groupe confronté à des géants mondiaux. Nous n’étions qu’un petit groupe français. Il y a deux phrases que j’aime bien. La première, c’est « Aux innocents les mains pleines. » Et la deuxième : « Nous ne savions pas que c’était impossible, donc, nous l’avons fait. » Je trouve que c’est un peu ça… J’avais l’impression que rien n’était impossible pour Publicis… Oui, il y a un degré d’optimisme et de positivisme très fort.

Vous avez envie d’écrire vos mémoires ?

Non, pas du tout ! (Rires) Absolument pas !

*Président du conseil de surveillance de Publicis Groupe

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