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« L’Afrique a beaucoup d’idées », dit Maurice Levy

Vous avez réussi ce tournant avant les autres. Mais l’économie dans laquelle nous sommes aujourd’hui ne révèle-t-elle pas un processus surdimensionné ? Il n’y a pas encore véritablement de modèle économique établi.

Elle a trouvé un business model un peu curieux, auquel on n’est pas habitué, qui valorise les idées. Jusqu’à présent, les idées n’étaient pas valorisées. L’idée devait prouver son efficacité pour être valorisée. Mais si vous prenez le cas d’Uber, ce n’est qu’une idée d’application. Les résultats financiers ne sont pas encore là, et pourtant, la valeur d’Uber est aujourd’hui de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Et même si sa valeur se réduit demain, cela restera plusieurs dizaines de milliards. Uber vaut aujourd’hui 65 milliards, cette valeur tombera peut-être à 55 ou 45 milliards, mais cela demeurera une valorisation. Et d’autres, si l’on appliquait les multiples normaux, seraient peut-être valorisés à hauteur de 100 ou 200 milliards, mais sont d’ores et déjà valorisés à hauteur de 800 milliards ! Je pense notamment à Amazon, Google ou Facebook… Car c’est l’idée avant tout qui est valorisée. Certaines start-up n’ont encore rien réalisé mais obtiennent des crédits de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de millions pour développer leur idée. C’est le nouveau business model. Certes, c’est un modèle financier. À côté, le modèle industriel subsiste toujours. C’est-à-dire que les financiers privilégient le modèle de demain, ce qui est nouveau, et ce qui est encourageant d’une certaine façon. Dans le même temps, les financiers considèrent que les modèles d’hier ne sont plus tout à fait ce qu’ils devraient être. On constate une forme de désaffection. Ce qui est très intéressant dans les modèles qui existent, c’est l’accélération du délai dans lequel les entreprises échouent. Et quand elles échouent, c’est assez douloureux ! Mais il y a une différence notable avec le passé : un startupper qui échoue n’a plus du tout l’image d’un « failli » comme c’était le cas avant, mais d’un entrepreneur qui a tenté.

Tout cela a un coût…

Oui mais c’est le coût qui est pris en considération du profit généré par les affaires qui marchent. Et la deuxième chose très intéressante dans ce qui est en train de se passer, c’est que quand l’affaire marche – et c’est la raison pour laquelle les investisseurs sont prêts à s’engager – la réussite est disproportionnée ! Prenons un exemple récent : Snapchat, qui représente environ 25 milliards ! Mais Snapchat ne génère pas aujourd’hui un profit qui corresponde à cette valorisation. Dans une formule mathématique simple et financière d’hier, Snapchat vaudrait très peu d’argent, parce que la preuve de sa profitabilité n’est pas encore au rendez-vous. En revanche, des entreprises qui ont très bien réussi, mais sur un modèle ancien, sont beaucoup moins bien valorisées.

Vous avez choisi de faire de VivaTech un rendez-vous avec le futur : qu’est-ce qui explique cette volonté ?

C’est une idée que j’ai en tête depuis très longtemps et j’avais envie de réaliser ce rendez-vous parce que la France manquait d’un événement de cette nature. Pendant des années, je n’avais pas trouvé – ce qui prouve que les gens les plus aguerris ne sont pas nécessairement prophètes dans leur pays – de support, y compris au sein de Publicis. On me disait que ce n’était pas une bonne idée. Et finalement, comme je voulais célébrer le 90e anniversaire de Publicis, il se trouve que Les Échos avait une idée à peu près semblable. Nous nous sommes réunis et nous avons fabriqué un concept tout à fait innovant, qui a été dès la première année un succès considérable – ce succès s’est confirmé l’année suivante –, qu’il faut à présent consolider, et dont nous devons faire – à Paris – le rendez-vous mondial incontournable pour l’innovation, pour les start-up, permettant la rencontre entre les grandes entreprises et les start-up, et pour les investisseurs. Je crois, même si je suis prudent, que nous sommes en train de réussir cet événement de manière très spectaculaire, et je suis très content de la manière dont les choses évoluent.

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