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Maroc : Un train d’avance

La ligne grande vitesse ferroviaire marocaine, qui reliera Tanger à Casablanca en deux heures, devrait être opérationnelle courant 2018. Retour sur un projet emblématique fortement appuyé par la France, qui aura coûté environ 2,3 milliards d’euros.

Rabat, Olivier Deau

Pas moins de 320 km/heure. En ce jour d’octobre 2017, sur un tronçon qualifié de la future ligne grande vitesse Tanger-Kénitra, le record d’Afrique de vitesse sur rails est pulvérisé sous les yeux de Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, qui assiste à la démonstration depuis un hélicoptère.

Le projet décidé en 2008 et lancé en 2010 par Nicolas Sarkozy et Mohammed VI par financement conjoint, avec une contribu­tion non négligeable des fonds de finance­ment du Golfe, a mis quelque temps avant de trouver son rythme de croisière. « Pour la France, il s’agit d’un projet emblématique de notre coopération avec le Maroc. Le choix du Maroc de se doter d’infrastructures de très haut niveau dynamise les investissements étrangers. En outre, ce projet industriel marque un saut technologique et démontre notre volonté de partenariat dans la durée», explique Marie- Cécile Tardieu, chef du service économique de l’ambassade de France à Rabat.

Côté marocain, les officiels affichent certes la qualité de la coopération avec la France mais tiennent à mettre en avant le caractère national du projet ainsi que son coût maîtrisé pour parer les critiques émanant de la société civile ou de certains milieux politiques. « Nous construisons la Ligne Grande Vitesse la moins chère au monde », explique Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer marocain, l’ONCF, qui sera l’exploitant de la ligne.

Le Maroc est déjà doté d’un réseau ferroviaire opérationnel entre les principales villes du pays, à l’exception de celles du Sud. Plutôt que de se contenter de refaire ou entretenir l’existant, le choix stra­tégique s’est porté sur la grande vitesse « dont les surcoûts par rapport à la rénovation de la ligne existante représentent seulement 20 % », assure Mohamed Rabie Khlie.

« La ligne de Tanger à Kénitra, en grande vitesse, et jusqu’à Casablanca en vitesse normale, sera le premier tronçon d’un développement du ferroviaire grande vitesse qui pourra s’étendre à d’autres segments du réseau », explique un cadre du ministère des Transports. Côté ONCF, on se garde encore d’évoquer le long terme. Le plus important réside dans le lancement commer­cial de ce premier tronçon de 190 kilomètres, qui mobilise toutes les énergies.

Un choix de long terme

« Le passage à la grande vitesse représente un autre monde dans le ferroviaire », explique un haut cadre de la SNCF qui a travaillé sur de nombreux projets internationaux. « Que ce soit Eurotunnel, Taïwan ou la Corée du Sud, tous les exploitants ont dû passer par une longue courbe d’apprentissage dans les métiers du ferroviaire pour maîtriser plei­nement leur sujet sur la grande vitesse. » Le PDG Guillaume Pépy ne dit pas autre chose : « La grande vitesse c’est nécessairement un choix stratégique de long terme».

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