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Maroc: relancer la conquête des ide

Le Maroc poursuit sa réflexion pour optimiser les outils et les moyens de sa promotion, afin d’attirer de nouveaux investissements venus de l’étranger.

Six mois après la surprenante démission d’Ahmed Fassi Fihri, c’est Hamid Benlafdil, l’ancien directeur du Centre régional d’investissement de Casablanca, qui a été nommé directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI). Cette nomination est intervenue dans un contexte très par­ticulier pour l’Agence.

À ce stade, le ministre de tutelle et son ministre délégué chargé du Com­merce extérieur jouent la carte de la pru­dence, car ils savent pertinemment qu’ils avancent sur un terrain miné.

Depuis plusieurs mois déjà, la rumeur enflait quant à l’intention du ministre de tutelle, Mou­lay Hafid Elalamy, de fusionner cette structure avec Maroc Export pour n’en faire qu’une seule méga agence nationale chargée du développement des investissements et de la promotion des expor­tations. Certains observateurs avaient même vu en la personne de Benlafdil, le futur patron du nouvel ensemble. Mais dans une déclaration à la presse, le ministre du Commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies précisait que le projet est encore au stade de réflexion et que la fusion n’est pas à l’ordre du jour.

La solution envisagée dans l’immé­diat est la fusion des différentes repré­sentations de l’AMDI et de Maroc Export et la création d’un Groupement d’intérêt public (GIP) entre les deux ins­titutions, afin de « préparer le terrain » et d’être plus efficace. Le constat, déjà ancien, demeure. Le plan d’urgence pour l’export pré­senté voici quelques mois par le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Mohamed Abbou, soulignait que « la multiplication des intervenants dans la promotion de l’investissement et des exportations crée la confusion auprès des opérateurs et des investisseurs en général et ne sert pas du tout l’image du Maroc à l’international ».

Une situation aggravée par le fait que les différentes institutions agissent souvent de manière unilatérale, tandis que les informations qu’elles dif­fusent chacune de leur côté sont loin d’être harmonisées. Résultat : perte de temps, d’énergie, de budgets et d’effi­cacité. À ce stade, le ministre de tutelle et son ministre délégué chargé du Com­merce extérieur jouent la carte de la pru­dence, car ils savent pertinemment qu’ils avancent sur un terrain miné.

Le Maroc n’en est pas à sa première tentative de mettre de l’ordre dans ses structures de promotion. Déjà, dans les années 1990, le projet de création d’un Office national des importations et expor­tations (ONIX) avait été présenté comme révolutionnaire. Pourtant, malgré sa pertinence et les multiples velléités de le concrétiser, il n’a jamais pu voir le jour. Chaque tentative provoquait une levée de bouclier et le projet a fini par être enterré. Les choses ont-elles changé cette fois ? Quoi qu’il en soit, les avis sont unanimes autour du fait que le Maroc n’a pas le choix. La feuille de route présentée par Moulay Hafid Elalamy, en avril, met clai­rement la promotion du Royaume en tant que terre d’investissement et le soutien des exportations au coeur du dispositif. Il est donc plus qu’urgent d’aller à l’offensive et surtout de gagner en efficacité dans les actions qui seront menées à l’avenir.

Synchroniser les actions

Ce message constitue le mot d’ordre pour les plans d’action 2014-2015 aussi bien pour Maroc Export, dirigé par Zahra Maâfiri, une ancienne du minis­tère qui maîtrise bien les enjeux et les problématiques de l’offre exportable, que pour l’AMDI, désormais sous la direc­tion d’Hamid Benlafdil qui a longtemps milité pour le soutien de l’investissement dans la région du Grand Casablanca. C’est donc côte à côte qu’ils devront oeuvrer pour améliorer la compétitivité du Maroc et son image à l’international. La mise en place du GIP leur permettra de mieux synchroniser leurs actions et surtout de mutualiser leurs moyens finan­ciers.

Entre janvier et juil­let 2014, les flux d’IDE entrants n’ont totalisé que 14,24 milliards de dirhams (1,1 milliard d’euros) contre 16,76 mil­liards de dirhams (1,51 milliard d’euros) sur les sept premiers mois de 2013 (-15 %).

 

Mais avant d’en arriver là, Hamid Benlafdil a la lourde tâche de redynami­ser l’AMDI et de présenter une feuille de route qui intègre les nouveaux enjeux de l’investissement en général et des Inves­tissements directs étrangers (IDE) en par­ticulier. Certes, le Maroc a pu, tant bien que mal, maintenir la cadence des IDE ces deux dernières années et attirer d’impor­tants investissements dans l’automobile et l’aéronautique.

Pour autant, se présente un double défi : d’une part, élargir le cercle à d’autres secteurs, et d’autre part, aller à la conquête de nouveaux marchés et de nouveaux clients pour l’offre exportable. « Nous avons fait du bon travail sur l’aéro­nautique et l’automobile mais ce n’est pas suffisant », reconnaît un cadre de l’AMDI. « Nous avons perdu beaucoup de temps en 2014 et le résultat est visible dans le recul des flux d’IDE au 1er semestre. Le Maroc doit se positionner rapidement et valoriser au mieux ses atouts économiques et géopolitiques dans le contexte actuel », souligne un économiste.

L’ancien directeur général de l’AMDI avait déclaré que 2014 serait une bonne année pour les IDE au Maroc, mettant en avant tous les atouts que présente le pays et les efforts déployés pour en faire la meilleure destination en Afrique en termes d’inves­tissements. Plus de neuf mois plus tard, l’attrait est toujours là et il est même reconnu par les plus grandes institutions internatio­nales, mais le Maroc peine à transformer les essais en points. Entre janvier et juil­let 2014, les flux d’IDE entrants n’ont totalisé que 14,24 milliards de dirhams (1,1 milliard d’euros) contre 16,76 mil­liards de dirhams (1,51 milliard d’euros) sur les sept premiers mois de 2013 (-15 %). Il faut donc agir vite et effica­cement ; telle est la grande priorité du nouveau directeur général de l’AMDI.

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