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African Business

Maroc : OCP augmente ses marges

Malgré un tassement de son activité au troisième trimestre, marqué par la baisse des cours des produits et des matières premières, l’Office chérifien des phosphates améliore ses principaux postes de gestion. OCP se montre rassurant pour 2020.

Par Kimberly Adams

Le champion marocain des phosphates considère que ses conditions d’activité demeurent « favorables », en dépit d’une crise sanitaire qui perdure. Au cours du troisième trimestre, Groupe OCP a enregistré un chiffre d’affaires de 41,7 milliards de dirhams (3,85 milliards d’euros), contre 42,5 milliards un an plus tôt.

Simple tassement de l’activité (-2%), donc, en dépit d’une chute de 15% des cours du phosphate diammonique sur les marchés internationaux. Cette situation de prix défavorables a été compensée par une hausse des importations à travers le monde, notamment soutenue par une forte demande en Inde grâce à des niveaux de consommation exceptionnels et un pouvoir d’achat favorable des fermiers, au Brésil.

« Il est très probable que OCP reçoive un soutien gouvernemental extraordinaire en cas de tensions financières, étant donné l’effet potentiel qu’un tel scénario pourrait avoir sur l’économie locale, la réputation du gouvernement et la solvabilité de la dette souveraine », considère l’agence S&P.

En revanche, les exportations chinoises ont diminué significativement, la crise pandémique ayant incité les consommateurs à privilégier la production locale d’engrais. 

« Cette réalisation s’explique principalement par la baisse, d’une année sur l’autre, des prix tous produits confondus, compensée toutefois par une hausse des volumes exportés d’engrais et dans une moindre mesure de roche », résume le groupe.

OCP rappelle une nouvelle fois combien il a bénéficié de sa présence à travers les cinq continents et de sa flexibilité industrielle « pour adapter son portefeuille de produits à la demande de chaque région, et profiter au mieux des opportunités du marché ».

OCP a ainsi augmenté ses exportations d’engrais de près de 1,8 million de tonnes par rapport à la même période de l’année passée, principalement dirigés vers l’Amérique Latine, l’Europe et l’Inde. Le chiffre d’affaires de la roche a diminué de 5% par rapport à la même période de l’année précédente, impacté par une baisse des prix qui a été partiellement atténuée par une hausse des volumes exportés, en particulier vers les continents européen et américain.

Le producteur a répondu à la demande sur ses marchés, en maintenant ses opérations de production minière et chimique sur tous ses sites, « à cadence usuelle, tout en garantissant la sécurité et la santé des collaborateurs ».

Des coûts maîtrisés

La marge brute est quasi stable (-0,58%) à 26,82 milliards de dirhams (2,48 milliards d’euros) contre 26,98 milliards un an plus tôt. La baisse des prix d’achat des matières premières, principalement le soufre, a atténué la baisse des prix de vente.

Pour sa part, le résultat d’exploitation avant taxes et amortissements (Ebitda) affiche une progression de 4% à fin septembre 2020 pour atteindre 13,68 milliards de dirhams (1,26 milliard d’euros) contre 13,07 milliards pour la même période de 2019. Soit une confortable marge de 33%, contre 31% un an plus tôt. « Cette performance s’explique notamment par les initiatives d’excellence opérationnelle et les efforts de maîtrise des coûts. »

Tenant compte de ces éléments, et de la charge non récurrente de 3 milliards de dirhams relative à la contribution de OCP au Fonds spécial national dédié à la pandémie Covid-19, au second trimestre 2020, le résultat d’exploitation ressort en baisse 40%, à 4 milliards de dirhams contre 6,62 milliards l’an dernier.

Du fait du contexte pandémique, l’environnement économique actuel demeure incertain, prévient la direction du groupe, qui affirme rester « vigilante », en s’appuyant sur son dispositif de pilotage de performance, lui permettant de préserver sa santé financière.

Toutefois, sous réserve d’absence d’impacts significatifs à venir de la pandémie Covid-19, l’année 2020 augure-t-elle de projections positives pour la fin de l’exercice, veut rassurer la direction. 

En octobre, Standard & Poor’s avait confirmé la notation « BBB- » attribuée à la dette à long terme de l’Office. L’agence américaine avait néanmoins assorti cette confirmation d’un avis « perspectives négatives » sur cette note, suggérant qu’une possible baisse était possible.

 « Il est très probable que OCP reçoive un soutien gouvernemental extraordinaire en cas de tensions financières, étant donné l’effet potentiel qu’un tel scénario pourrait avoir sur l’économie locale, la réputation du gouvernement et la solvabilité de la dette souveraine », explique S&P dans sa note.

L’agence prévoit que la qualité de crédit de OCP sera soutenue par des économies de coûts planifiées et la reprise progressive des prix du phosphate en 2021. Aussi, les plans d’urgence mis en œuvre cette année, la baisse des coûts des matières premières, la croissance des volumes d’engrais et la reprise progressive des prix des phosphates conduire à des marges d’exploitation plus élevées pour OCP au second semestre 2020 et jusqu’en 2021.

KA

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