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Maroc conquiert le ciel africain

La concurrence s’intensifie dans le ciel africain et Royal Air Maroc compte bien s’imposer. Pour y arriver, la direction agira aussi bien sur le pôle transport de voyageurs que sur le fret. Un enjeu de taille dans un contexte difficile.

Cap au Sud. Afin de maintenir son rang en Afrique, Royal Air Maroc (RAM) entend renforcer les lignes existantes et ouvrir de nouvelles liaisons, tant dans le trafic voyageurs que dans le fret. La compagnie aérienne marocaine occupe la deuxième place du continent en termes de chiffre d’affaires, derrière le sud-africain South African Airways, et met les bouchées doubles depuis le début de l’année pour atteindre ses objectifs stratégiques.

Les résultats commencent à se faire sentir, malgré un contexte conjoncturel et financier difficile qui a nécessité une restructuration accélérée. Le commandant de bord, Driss Benhima, n’a pas caché sa satisfaction lors de la présentation des résultats devant les parlementaires fin octobre : « Nous avons renforcé notre action de développement dans le continent africain par l’ouverture de nouvelles lignes, Abuja et N’Djamena notamment, mais aussi par le réaménagement et le renforcement du programme des vols pour les destinations africaines Conakry, Libreville, Bamako, Accra… »

En augmentant son offre sur plusieurs pays africains, en restructurant son réseau sur ces pays et en renforçant les lignes précédemment desservies, RAM se donne toutes les chances de capter un maximum de clients.

Le PDG de la compagnie ne manque pas d’arguments lorsqu’il s’agit d’appuyer cette vision par des faits et des chiffres. En effet, Casablanca s’est imposée rapidement comme un hub africain incontournable ; après Paris, il est le deuxième aéroport par lequel les passagers africains transitent. Son potentiel de développement est « particulièrement intéressant», selon la direction de la RAM qui rappelle que le continent abrite 14 % de la population mondiale mais ne représente que 2 % à 3 % du trafic aérien global. En augmentant son offre sur plusieurs pays africains, en restructurant son réseau sur ces pays et en renforçant les lignes précédemment desservies, RAM se donne toutes les chances de capter un maximum de clients. Mais la compagnie ne se contente pas d’afficher sa politique commerciale, elle accompagne cette stratégie par une présence plus prononcée sur d’autres fronts générateurs de trafic aérien, tels que l’art et la culture. Revendiquant sa « place naturelle » et son africanité, la compagnie s’est associée à plusieurs événements culturels et associatifs majeurs sur le continent. Citons la Biennale d’art contemporain de Dakar (Dak’Art) au Sénégal, le Marché africain des arts du spectacle (Masa) en Côte d’Ivoire, le Festival de cinéma de Ougadougou (Fespaco) au Burkina Faso, l’Association nationale des journalistes d’origine africaine aux États- Unis (NABJ), les adeptes des Tariqas Tijanias (confrérie) dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest. « Ces partenariats ont permis d’accélé­rer la croissance du trafic et du chiffre d’affaires en Afrique. À fin août 2014, le trafic en Afrique subsaharienne affiche une hausse de 17 % depuis le début de l’année », indique la compagnie marocaine.

La RAM déploie ses ailes dans le fret 

Une croissance très prometteuse, car elle permettra non seulement le renforcement des finances de l’entreprise, mais aussi et surtout réduira sa dépendance par rapport au réseau européen sur lequel la RAM est de plus en plus concurrencée par les compagnies low cost. Royal Air Maroc ne néglige pas ses posi­tions dans le transport de marchandises, qui recèle, selon sa direction, un fort potentiel de développement. Les événements s’accé­lèrent, depuis septembre, dans le fret : la filiale RAM Cargo propose quatre nouvelles lignes tout cargo à partir de Casablanca vers Dakar, Bamako, Ouagadougou et Niamey. Ces nouvelles lignes offrent une capacité hebdomadaire stable de 15 tonnes sur chaque vol. « Jusque-là, l’activité de l’avion tout cargo de RAM était concentrée sur le réseau Nord du Maroc reliant le royaume à la France, la Belgique et à l’Algérie. L’ouverture de ces quatre nouvelles lignes élargit le réseau de RAM Cargo vers l’Afrique subsaharienne, et ce, conformé­ment à la politique de la compagnie qui vise à renforcer son ancrage sur le continent dans la droite ligne des orientations de l’État maro­cain », explique la compagnie. À ce titre, le transporteur aérien réalise une activité fret de 23 000 tonnes par an, soit une hausse de 15 %, et compte porter à 8 000 tonnes par an le volume traité par l’avion tout cargo, en progression de 60 %. La compagnie dispose d’un appareil dédié exclusivement au fret. Ce Boeing 737-300 réalise un trafic de quelque 5 000 tonnes par an. Royal Air Maroc exploite également pour le fret sa flotte desti­née au transport des passagers (47 appareils). À travers les vols mixtes, elle assure le trans­port de 15 000 tonnes par an. Avec l’extension récente du réseau, le volume devrait passer à de 20 000 à 23 000 tonnes. « En transportant les marchandises via ses avions, la compagnie met au service des opérateurs économiques un outil important pour la promotion des échanges commerciaux entre le Maroc et les autres pays du monde », précise la RAM. Pour accompagner cette stratégie fret, Driss Benhima a conclu une convention de partenariat avec l’Association marocaine des exportateurs (Asmex), représentée par son président Hassan Sentissi. L’accord a pour objectif de promouvoir les opérations commerciales des intervenants du commerce extérieur marocain en leur accordant des facilités aussi bien tarifaires que de logistique pour leurs transactions d’import et d’export. Un autre pari audacieux que la RAM compte bien réussir. Le transporteur aérien estime, là encore, que Casablanca a toutes les chances de s’imposer. « Certains hubs africains ont conso­lidé leur position sur le marché du fret. La plateforme de Casablanca, à travers sa position géographique, présente des atouts non négligeables de dévelop­pement, notamment à travers les opérations de distribution du fret régional », considère Driss Benhima. Qui n’a pas lésiné sur les moyens : restructuration du produit, plan de déve­loppement du réseau et de la flotte, offensive commerciale, changement opérationnel et une filiale autonome chargée de la commer­cialisation de la capacité fret (vols mixtes et tout cargo) avec la possibilité d’ouvrir son capital à de nouveaux partenaires industriels.

ENCADRE

Royal Air Maroc emploie aujourd’hui plus de 20 nationalités à travers l’ensemble de son réseau et poursuit ce processus par le recrutement d’Africains, l’objectif étant de porter à 20 % la part des nationalités subsahariennes dans le personnel navigant et commercial.

« Dans ce modèle de gestion, Atlas Cargo Lines se chargera de la commercialisation de la capa­cité fret sur les vols mixtes et les vols tout cargo. La responsabilité de l’opération aérienne ainsi que les aspects réglementaires resteront sous la responsabilité de la RAM », explique la compa­gnie. Pour Royal Air Maroc, l’accélération de cette stratégie Afrique s’explique essentielle­ment par l’effet de la tournée effectuée par le Roi en mars 2014, qui a favorisé les déplace­ments aériens entre le continent et en parti­culier les pays visités et le Maroc. Les voies de coopération et d’investissement ouvertes sur ces axes laissent augurer, qu’aussi bien au niveau des flux de voyageurs que des flux de marchandises, le potentiel de développe­ment est significatif. La RAM en veut pour preuve les indicateurs de l’activité au lende­main de la visite royale, comparés à la même période en 2013 : la progression du nombre de passagers transportés en Afrique subsaha­rienne est passée de +8 % sur la période entre novembre 2013 et février 2014 à +34 % sur la période mars-mai 2014.

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