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Maroc : Changement dans la continuité

Le nouveau gouvernement installé en avril après six mois de retard a dévoilé sa feuille de route pour les cinq prochaines années. Elle marque la poursuite des objectifs de la précédente équipe.

Rabat, Aboubacar Yacouba Barma

C’est un constat qui a fait large­ment consensus, au Maroc, lors de la présentation, le 26 avril, du programme gouvernemental pour les cinq prochaines années : les objectifs que s’est assigné le cabinet de Saâd Eddine El Othmani, le chef du gouvernement, sont le « prolongement des programmes du gouvernement précédent, celui d’Abdelilah Benkirane », comme l’a résumé Abdelilah El Attar, professeur d’Économie à l’univer­sité Mohammed-Ier d’Oujda.

Même programme, mais ambitions en baisse, si on se réfère aux objectifs macro­économiques : une croissance moyenne comprise entre 4,5 % et 5,5 % l’an sur la durée du mandat, un déficit budgétaire ramené à 3 %, l’endettement du Trésor ramené à 60 % du PIB (contre 64 % actuel­lement), l’inflation sous la barre des 2 % et un taux de chômage en dessous de 9 %.

Des objectifs, plus que des engagements, qui étaient déjà largement connus, puisqu’ils ont été pour l’essentiel convenus par l’ancien gouvernement avec ses principaux parte­naires financiers notamment le FMI. Le Royaume est en effet lié depuis 2012 par une Ligne de liquidité et de précaution (LPL), qui fait office d’assurance contre les chocs exogènes auxquels pourrait être confron­tée son économie.

Après renouvellement, le dispositif a permis à l’ancien gouvernement de Benkirane le rétablissement des équi­libres macroéconomiques et le lancement de subventions publiques et de quelques réformes de la fiscalité et des retraites.

Sous le regard du FMI qui fixe les grandes lignes, au point où certains économistes marocains n’ont pas manqué d’alerter régulièrement sur « un programme du FMI » plus que celui d’une majorité gouvernementale. C’est dans les mêmes conditions que l’actuel gouvernement a pris ses fonctions.

Évaluer l’existant

Le chef du gouvernement a tenu à défendre lui-même l’option de la continuité adoptée par la nouvelle coalition. Son arrivée à la Primature n’a pas également été de nature à permettre un véritable changement de cap.

Il aura fallu en effet plus de six mois après les législatives du 7 octobre 2016 et la nomination d’un nouveau chef de gouvernement après l’échec d’Abdelilah Benkirane, initialement reconduit à son poste mais remplacé par son numéro 2 au sein du PJD (le parti islamiste arrivé premier à l’issue de scrutin), pour que le nouveau cabinet voie le jour.

La nouvelle coalition, composée de six formations politiques, n’a eu besoin que de six jours pour décliner son programme de mandat pour les cinq prochaines années. La présence de quatre formations politiques déjà présentes au sein de la précédente majorité ainsi que la reconduction de presque la moitié des ministres du dernier gouvernement de Benkirane, pourraient aussi expliquer la décision de la nouvelle équipe de se contenter de la poursuite des programmes déjà lancés.

C’est du reste le mot qui revient largement dans les explications données par le chef du gouvernement pour justifier son choix : la poursuite des différents programmes. « Nous allons évaluer les programmes déjà lancés afin de les améliorer et ainsi renforcer l’existant tout en veillant à corriger les défaillances relevées et à introduire de nouvelles mesures dans les cas où cela s’avère nécessaire».

Le maintien du projet de loi de Finances pour l’exercice 2017, un des premiers chan- tiers ouverts par le nouveau gouvernement, confirme la volonté de continuité (lire encadré). Des voix se sont pourtant élevées pour revendiquer sa révision ou, à défaut, la promesse d’une loi de Finances rectificative dans les prochains mois.

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