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Managem, l’exploitation minière 2.0

Compétitivité, innovation, réduction des coûts… Dans les mines aussi, les bienfaits de la recherche & développement ne sont plus à démontrer. L’expérience du marocain Managem en témoigne.

En 2015, le groupe Managem entend bien consolider ses acquis en matière de recherche et développement et continuera à y consacrer davantage de moyens financiers. Le budget R&D est passé de 15 millions de dirhams en 2011 à 25 millions en 2014 (1,38 à 2,30 millions d’euros).

Les nouveaux produits et services de Managem lui ont ouvert de nouveaux marchés et lui tracent la voie d’un rayonnement régional, voire parfois international. Le groupe en veut pour preuve le succès de sa batterie qui ne chauffe pas, de type lithium-ion, utilisée dans les téléphones portables et les micro-ordinateurs.

Le groupe marocain n’a pas vraiment le choix, dans un secteur qui ne peut plus se reposer sur ses acquis. Les exigences des clients, les contraintes réglementaires et environnementales font que la R&D se retrouve au cœur de la stratégie de développement du groupe industriel à vocation minière. Elle constitue « une activité fondamentale » pour les prochaines années, « car elle nous procure une certaine indépendance », affirme Ismail Akalay, directeur général des activités métaux de base et cobalt, et du Centre de recherche.

Grâce au développement de nouveaux procédés et processus d’exploitation minière, la production de Managem s’est améliorée de manière significative ces dix dernières années, avec une diversification de l’offre et une valorisation des produits et projets. « En développant des produits plus élaborés, Managem a éprouvé le besoin de les marketer, ce qui était nouveau par rapport à l’activité traditionnelle de l’entreprise minière », explique Ismail Akalay.

Dans une conjoncture aussi difficile que celle du 1er semestre 2014, marqué par la forte baisse des cours des métaux et du dollar, les ventes ont légèrement augmenté, à 1,88 milliard de dirhams (172 millions d’euros). La hausse de la production a compensé la baisse des prix de vente, notamment à travers le démarrage de nouveaux projets et la valorisation de l’offre. Les productions se sont ainsi appréciées de 71 % pour le cuivre, 14 % pour l’argent et le zinc, et de 13 % pour l’or. Avec ses 120 chercheurs, pour la plupart des Marocains, le centre de recherche de Managem, baptisé « Reminex », mène des projets d’envergure, permettant au groupe de réaliser ses procédés par ses propres moyens. Le centre est organisé en trois activités : R&D, appuis industriels, et analyses chimiques et minéralogiques.

Outre la mise en application de procédés innovants, la R&D a une fonction environnementale importante, et ce à travers le développement de process à faible consommation d’eau ou d’énergie, ou encore l’optimisation des intrants.

Levier de croissance

Assistons-nous à une transformation du visage du métier d’exploitant minier ? Pour Ismaïl Akalay, cela ne fait aucun doute. Les nouveaux produits et services de Managem lui ont ouvert de nouveaux marchés et lui tracent la voie d’un rayonnement régional, voire parfois international. Le groupe en veut pour preuve le succès de sa batterie qui ne chauffe pas, de type lithium-ion, utilisée dans les téléphones portables et les micro-ordinateurs. Aujourd’hui, plus de 12 % du cobalt des batteries de mobiles dans le monde est fourni par Managem. Après ce marché des portables, le groupe vise celui des voitures électriques. Et les exemples se multiplient. Managem est à ce titre le deuxième producteur mondial de trioxyde d’arsenic et cinquième fournisseur d’oxyde de zinc pour l’Europe. Et Akalay d’ajouter : « Nous sommes la seule entreprise minière au monde à traiter l’or sans réactifs chimiques ; cela se passe au Gabon. »

Ce savoir-faire marocain est aujourd’hui proposé à des tiers nationaux et internationaux, faisant évoluer l’offre commerciale du groupe vers des packs « produits et services ».

Bien sûr, les succès de la R&D permettent de répondre au délicat problème du traitement des déchets miniers. C’est le cas pour la valorisation des rejets solides de cobalt, qui étaient stockés en digue depuis 1928. À partir d’un rejet minier pauvre en cobalt, Managem produit une cathode de très haute pureté avec un procédé breveté et développé par son centre de recherche. Du côté de la mine de CMG, la digue qui accumule des rejets, depuis 1992, fait l’objet d’un important projet de recherche. Managem envisage de transformer le rejet solide à base de soufre et de fer en acide sulfurique et oxyde de fer, deux produits à forte valeur ajoutée. Ce projet aura un impact direct sur la réduction des coûts du complexe hydro-métallurgique de Guemassa, couvrant au moins 20 % du besoin énergétique de l’usine.

ENCADRÉ

TROIS QUESTIONS A…

Ismaïl Akalay, directeur général des activités métaux de base et cobalt et du centre de recherche

Pourquoi Managem accorde-t-il tant d’importance à la R&D ?

Elle est pour nous un outil important pour développer les gisements et projets miniers. En plus de la valorisation des gisements, la Recherche & Développement a une fonction environnementale. Les procédés développés ont pour fonction de baisser la consommation des intrants, celle de l’énergie, de l’eau… Nous continuons à améliorer les process et les produits ; la R&D nous a également permis d’introduire la dimension marketing de nos produits.

Dans quelle mesure la création de valeur, et l’exportation d’une production à forte valeur ajoutée, ont permis au groupe de mieux approcher « les nouveaux marchés »?

En plus de nos marchés classiques, nous nous positionnons aujourd’hui sur des marchés de niche. Je citerai à titre d’exemple l’oxyde de zinc. Il se trouve qu’un de nos produits fait partie de la composition des engrais développés par l’Office chérifien des phosphates. Avec OCP, nous produisons aujourd’hui des oligo-éléments pour permettre aux sols pauvres en zinc d’afficher un meilleur rendement. À ce titre, la R&D est un outil efficace de veille qui nous permet de réaliser des benchmarks. L’autre notion nouvelle, c’est le développement des services avec nos produits. Par exemple, nous avons aujourd’hui un laboratoire du caoutchouc ; nous ne produisons pas de caoutchouc et nous n’allons pas en produire à l’avenir, mais nos équipes ont développé un savoir-faire en la matière que nous mettons au service de nos clients et partenaires. Nous pouvons, grâce à la R&D, proposer ensemble produits et services. Nous avions une dizaine de clients dans le monde avec nos produits uniquement, nous en comptons une soixantaine sur les quatre continents aujourd’hui, grâce à notre nouvelle offre. La R&D permet aussi de résoudre les problèmes de logistique et de réduire les coûts de l’exportation des produits.

Quelles sont vos ambitions pour ce pôle d’activité ?

Nous multiplions nos efforts pour trouver des produits et des procédés de traitement propres (moins d’eau, moins d’énergie…) et de valorisation des gisements et des produits. Nos budgets ont fortement progressé. Et nous ne comptons pas en rester là ! Outre le fait de tirer vers le haut la croissance de Managem, la R&D procure au groupe un rayonnement à l’échelle internationale. Managem fait partie de l’association des producteurs de cobalt dans le monde, le Cobalt Development Institute. Nos innovations et nos procédés sont reconnus tels que la batterie qui ne chauffe pas, le traitement de l’or sans cyanure…

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