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Mamounata Velegda, président de Groupe Velegda

Avec un chiffre d’affaires d’environ 30 millions d’euros, Mamounata Velegda est une actrice économique incontournable au Burkina Faso dans l’agrobusiness. Discrète, elle se présente comme une self-made-woman.

Ouagadougou, Rodrigue Arnaud Tagnan

Une  chef d’entreprise constamment sollicitée et toujours entre deux avions. Il est très difficile de rencon­trer Mamounata Velegda. Cette sexagénaire aux cheveux gris est la patronne de Groupe Velegda, leader burkinabé de l’agrobusiness. « Mon credo, c’est la foi en ce que j’entreprends », confie-t-elle volontiers.

Pourtant rien ne la prédestinait à cette prometteuse carrière de chef d’entreprise lorsqu’elle débute son commerce, en 1980, comme vendeuse de galette dans la rue. « J’ai commencé par un capital de 300 F.CFA, avant d’élargir mon commerce aux tubercules et aux fruits. Après, lorsque j’ai eu plus d’argent, je revendais de la farine de maïs que j’achetais au Ghana voisin. » Puis c’était les graines de maïs, de sorgho et enfin les noix de karité, produit qui constitue l’essentiel de son acti­vité commerciale.

Mamounata Velegda forge sa person­nalité dans l’adversité. Née dans une famille paysanne dans le Centre-Est du Burkina Faso, elle est victime dès son plus jeune âge d’une injustice liée à sa condition de femme. « J’avais neuf ans lorsque la première école de mon village a ouvert ses portes. Nous étions en 1967. Alors que je désirais tant aller à l’école, mon père a préféré inscrire mon frère et me lais­ser. Je devais rester à la maison pour les travaux domestiques », rumine-t-elle.

Loin de se laisser abattre, la jeune fille trouve la force et le courage nécessaires pour aller de l’avant. Cinquante ans plus tard, elle est devenue l’une des opératrices écono­miques les plus importantes de son pays. Elle dirige une trentaine d’employés permanents et entre 400 et 500 temporaires. « Tout cela, elle le doit à elle-même. C’est extrêmement difficile de s’imposer dans le monde des affaires en tant que femme, de surcroît illettrée », analyse un observateur.

Un modèle de réussite féminine

Mère de quatre enfants, celle qu’on appelle communément « Hadja » a longtemps travaillé dans sa région natale. Avant que la croissance de ses activités ne la pousse à s’ins­taller à Ouagadougou dans les années 1990, sur conseil de son défunt époux polygame. « Il m’a beaucoup épaulée. Mon commerce s’est développé en partie grâce à la complicité qui existait entre nous. » Réticente au début pour préserver sa vie conjugale, elle est convaincue par son mari de résider définitivement dans la capitale du Burkina Faso.

À Ouagadougou donc, elle tisse un solide réseau et se spécialise dans la production, la collecte et la commercialisation des produits locaux, amandes de karité, sésame, arachide, et de céréales, mil, sorgho, mais, niébé. Elle s’entoure de collaborateurs rompus aux enjeux et aux défis du monde des affaires. Ce qui lui permet de développer des relations commerciales avec des partenaires danois, britanniques, indiens et suisses.

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