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Mamadou Bocar Sy*: « À l’heure des nouvelles normes »

Chaque banque doit combler ses retards, qui sont de deux ordres : les aspects purement techniques et les aspects réglementaires liés à la conformité aux nouvelles dispositions. Sur les premiers, nous oeuvrons depuis le 1er janvier 2018, avec le basculement de nos systèmes d’information et de gestion dans le nouveau cadre. Sur les aspects réglementaires, le régulateur a aménagé une période transitoire au terme de laquelle seules les banques devront être conformes aux nouvelles exigences en matière de fonds propres, de liquidité, de gouvernance et de communication, avec toutefois des étapes charnières. Nous sommes donc dans le second processus, dit d’adaptation de nos organisations et dans nos relations avec nos clients. Nous allons faire face, comme à chaque réforme.

Quels seront l’impact et le coût de ces réformes pour le secteur bancaire ?

Il s’agit de coûts très importants, qui, s’ils ne sont pas étalés sur plusieurs années, vont peser lourdement sur l’activité, par conséquent sur le coût de nos prestations. À côté des charges induites dans la mise à jour, voire le changement de nos systèmes d’information, nous faisons face à des coûts de formation de nos équipes, à des honoraires liés au recours à des cabinets pour nous accompagner dans ces projets. Dans cette action, les aspects et conséquences sur nos hommes sont aussi importants sinon plus que les impacts des réformes sur nos produits et services. Nous pourrons, d’ici quelques mois, publier les coûts et surcoûts de ces réformes. Globalement, nous sommes optimistes car motivés par la finalité de cette réforme, rendre le système bancaire plus résilient au bénéfice exclusif des clients.

Mais n’y a-t-il pas un risque de rationnement du crédit, surtout avec les débuts poussifs du BIC ?

Il ne s’agit pas de rationaliser le crédit mais de mieux le distribuer. Il est normal que, quand les règles changent, les ajustements soient un peu douloureux. Nous pensons que le BIC vise à mieux partager l’information sur le crédit pour mieux servir le client. Et en cela, le bureau est un projet complémentaire à celui des réformes.

Ce que vous qualifiez de « poussif » dans la mise en oeuvre du BIC est une mauvaise compréhension du projet, car la notion de consentement peut prêter à confusion sur la destination des informations. Les clients croient toujours que nous sommes là pour le fisc, alors que nous-mêmes sommes assujettis ! Et ils oublient souvent que la règle de notre métier est le secret professionnel, voire la confidentialité de nos informations. Mais grâce à notre communication et à nos explications, avec un appui fort de la BCEAO, le projet prend forme et est de plus en plus accepté. Il faut mettre tout cela aussi sur le caractère informel des activités de certains de nos clients et surtout sur la nouveauté du projet et son acceptation. Y compris pour nous-mêmes, banquiers !

Votre banque, la BHS, est le principal partenaire de l’État du Sénégal dans le projet immobilier de Diamniadio. Comment se porte ce projet ?

Diamniadio est devenu une réalité qui va s’accélérer avec l’ouverture, de l’aéroport international Blaise-Diagne. À ce jour, nous avons injecté plus de 25 milliards de F.CFA (38,1 millions d’euros) au profit des développeurs pour leur permettre de délivrer, dès à présent, une première tranche de 2 300 logements. L’objectif étant d’en réaliser 50 000 sur les cinq prochaines années. 

*Président de l’Association des banques et établissements financiers du Sénégal

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